‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 171 sur 343 · B. A. E., XLIII, i65 b · texte numérisé non relu

B. A. E., XLIII, i65 b

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le lierre de l'espérance* ». Tant pis si le mouvement de la pièce est quelquefois ralenti par ces répétitions! Aguilar ne pensait pas que le style pût sembler trop orné. Le messager qui vient annoncer à Bélisaire qu il est ruiné , se gardait de communiquer la nouvelle en toute simplicité. Il fignole son récit, le sème d antithèses, le saupoudre de traits d'esprit. Les ondes y sont argentées et les rivages y sont dorés. Les vagues y sont qualifiées d'envieuses, parce qu'elles ne cessent de murmurer, et le reste à l'avenant^. Toujours l'écrivain chez Aguilar sent un peu la boutique, non plus la boutique du passementier, celle de son père, mais la boutique où l'on débite les épithalames, façonne les poèmes, lime les sonnets et ajuste les comedias.

Il serait injuste de s'en tenir à ce jugement sur un poète dont le principal défaut fut de trop aimer le travail bien fait. Dans le groupe valencien, il a représenté excellemment ces qualités moyennes et tempérées, dont le mexicain Jean Ruîz de Alarcon devait offrir une autre incarnation. Ennemie des nuances trop criardes, son originalité a été contrariée par les misères de son existence, asservie par le métier. Cela seul suffît à le distinguer de son contemporain Tàrrega, avec lequel on s'est habitué à le confondre. Leur gloire commune, c'est d'avoir acclimaté à Valencia la comedia partout triomphante, c'est d'avoir répondu des premiers à l'appel que Lope de Vega avait lancé; mais, sous l'uniformité apparente de leurs œuvres dramatiques, celui que sa profession condamnait à un discret elTacement s'est affirmé avec une violence parfois farouche, tandis que son compagnon, sans autre contrainte que celle de sa nature et de sa pauvreté, a discipliné jusqu'à l'excès un talent aimable et délicat.

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