I. Vers .33-4o
strophe de neuf vers abCabCcclD. Le romance ne se laissa pas morceler ; une tradition nationale l'avait, dès les âges héroïques, réservé pour les récits; il continuait à vivre dans la mémoire du peuple ; celui-ci ne protesterait-il pas si on lui changeait brusquement ses habitudes P On y vint doucement, quoique dans le recueil valencien de 1608 les romances nous soient encore offerts tout d'une pièce. Dans El gran patriarra, qui est postérieur à lOii, ils sont coupés d'interruptions, de répliques et de reprises. Il reètera entendu que le romance convient surtout pour les récits, mais il ne se distinguera plus guère, dans la pratique, du reste du dialogue.
Dans cette série de lents progrès qui ont mis au pouvoir de la comedia un instrument extraordinaircment souj^le, il n'est guère possible de discerner quelle paît de responsabilité incombe à chacun de nos dramaturges. Tous ils ont travaillé à cette entreprise commune, et ils y ont travaillé avec d autant moins de réserve que sur l'art de s'exprimer en vers ils ne prétendaient à aucune autre originalité. Ni le choix de leurs rimes, ni l'harmonie de leur orchestration ne montrent en eux la moindre velléité d'indépendance. A peine peut-on retenir, parce qu'elles sont des témoignages sur la prononciation locale, quelques-unes de leurs rimes : Târrega fait rimer deshaze avec pase, cesa a.\cc flaqaeza^ , creo avec fîero et parlero^^, Aguilar associe à la fin du vers hacello avec allero et llgero, caudal awec Jidelidad et amislad, mnda avec vida'^ : ce sont peut-être des fautes de castillan, ce ne sont pas des réformes poétiques. Une vérité se dégage de leurs vacillations : à \ alencia, la versification de la comedia, cette versification que l'on a coutume d'étudier en dehors du temps et de l'espace, a lentement évolué. D'une complexité qui lui venait de la tragédie, elle a passé, aux environs de l'année 1600, à l'uniformité de l'octosyllabe rimé, à peine entremêlé de quelques autres rythmes, puis par une autre réaction elle s'est annexé des strophes variées,
1 . Ces deux groupes de rimes au premier acte de Las suertes trocadas.