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Sànchez Arjona, Anales def teatro en Sevilla, 26 et loo

2. Manuel Canete, \l\o et 224. La tra^■édie du Père Alvarez se confond probablement avec celle publiée par Rouanet, 1, 282.

LA COMEDI.V. 567

Xahiicoclonosor, Calderon dans « Le festin du roi Baltazar », Ln cena del rey Balfasar, Matos Fi'agoso, Cancer et jMoreto dans (( Le barbare de Babylone », El bruto de Dabilonia, ont coudjiné, selon le cas, l'histoire de la fournaise et celle de la statue avec les aventures de Daniel et celles de Suzanne, et c'est aussi ce que Castro a tenté dans « Les prodiges de Babylone », Las maravillas de Dahilonia. Il nous montre d'abord, conformément au chapitre 11 du prophète, Daniel interprétant un songe dont Nabuchodonosor reste encore tout effrayé. Puis, passant par-dessus la plus grande partie du livre prophétique, il entame, d'après le chapitre xin, l'histoire de la chaste Suzanne ; il la complique d'un prologue romanesque, ori l'on voit deux rivaux, qui s'appellent l'un et l'autre Joachim, se disputer la main de la jeune fille; après un quiproquo, dont la vulgarité vaudevillesque fait tache dans cette pièce d'une inspiration élevée, l'un des Joachim épouse Suzanne, et l'autre Joachim, dépité d'avoir été évincé, ourdit contre elle le guetapens du jardin, suivi bientôt, grâce à Daniel, d une éclatante réparation. Parallèlement à cette intrigue, qui occupe le centre de la pièce, Castro place plusieurs épisodes : le dragon que Daniel se refuse à adorer (xiv, 22), la fournaise (ni), la fosse aux lions (xiv, 3o), qui sont plus sommairement traités. Enfin, il termine en représentant, non sans grandeur, le terrible châtiment infligé à l'orgueil de Nabuchodonosor (iv, 7-3/|) : le Roi, qu'une prophétie avait averti de sa déchéance prochaine, arrive sous l'apparence d'une béte; il gambade lourdement sur ses pattes, 11 broute de l'herbe fraîche, il s'accroupit aux pieds de Daniel. Cependant une lueur de repentir brille dans cette intelligence abêtie. Nabuchodonosor reprend aussitôt la forme humaine, et il use de son autorité retrouvée pour rendre aux Hébreux la liberté. La pièce se conclut sur cette idée si chère à la théologie catholique et si souvent mise en action sur le théâtre espagnol, qu'un seul acte de contrition sincère efface tous les péchés. Pour dégager cette conclusion, il n'a point coûté à Castro de bouleverser la suite des événements telle qu'il la trouvait dans son modèle. Ses scrupules d'exactitude

l'obligeaient à respecter la lettre du texte, mais non à en respecter l'ordre.

Avec la vie des Saints, les auteurs peuvent prendre plus de liberté qu'avec l'Ecriture Sacrée, et la liberté n'a plus aucune limite quand il s'agit d'une sainte aussi mal connue que sainte Barbe l'a toujours été. Sur elle, les auteurs catholiques ont rapporté les traditions les plus contradictoires. Comment un profane choisira-t-il entre elles? En écrivant « Sainte Barbe, prodige de la montagne et martyre du ciel », El prodlgio de los montes y martir del cielo, Santa Barbara, Castro s'en est tenu à la version enregistrée par Surius dans ses Vitae Sanctorum, qui ont été publiées à Cologne de 1670 à 1675 en cinq volumes in-folio. Sainte Barbe nous y est donnée pour la fdle de Dioscore, qui était un puissant personnage dans la ville de Nicomédie. Par ordre de son père, elle resta longtemps enfermée dans une tour; elle fut initiée cependant à la religion chrétienne qu'elle embrassa avec ferveur, mais augmentant par là contre elle les rigueurs paternelles, elle fut dénoncée devant Marcien, gouverneur de la Bithynie; condamnée à mort, après mille supplices, par Dioscore lui-même, elle endura cette torture suprême de voir son père exécuter en personne la sentence capitale. Ce rafïinement d'horreur n'était point pour déplaire à Castro, mais il s'attacha de préférence dans sa pièce à une intrigue d'amour. Federico aime Barbara au point qu'il vend son âme au diable en échange de la jeune fille. Sacrifice inutile : la sainte sort triomphante des assauts du malin. Elle meurt sous les coups de son père, qui s'est bandé les yeux, comme si son esprit pouvait ainsi ignorer l'homicide perpétré par ses mains. Le diable, exact à l'échéance, veut précipiter Federico dans l'enfer dont l'entrée s'ouvre sur le théâtre parmi les flammes ardentes; la sainte alors, miséricordieuse à cette âme qui s'est damnée pour elle, descend du ciel et l'arrache au démon. Marguerite n'a point permis que Faust subît jusqu'au bout les conséquences de son aveuglement. Castro, par une rencontre imprévue, annonce ici le drame de Goethe et la forme définitive que le poète allemand a donnée à la légende.

LA COMEDIV.

L'Ancien Testament, le Nouveau Testament, les Vies des Saints ont été tour à tour exploités par D. Guillén. Cependant, l'histoire profane lui plaisait davantage que l'histoire religieuse. L'exactitude et la précision, qui sont les qualités maîtresses de l'historien, n'étaient pas chez lui des habitudes d'esprit. Mais il savait parfois discipliner son imagination, et comme cette docilité lui coûtait, il ne se gênait pas pour en tirer vanité. Les deux derniers vers de « L'Orgueilleuse humilité », La humildad soberhia, ont précisément pour objet de nous informer que, cette fois, l'auteur s'est effacé devant les faits et qu'il offre à notre curiosité « une histoire véritable* )). Il a choisi pour héros le fameux condottiere, Rodrigo de Villandrando, qui combattit au quinzième siècle, tout Espagnol qu'il était, pour l'indépendance française, et il s'en est remis du soin de le documenter à Hernando del Pulgar. Celui-ci, dans son livre des Claros varones, avait écrit une sorte de De viris illastrihiis espagnol, et si son dénombrement des grands hommes ne dépasse guère les limites du règne de Henri IV de Castille, il n'en avait pas moins fait une place parmi eux au routier qui avait porté hors d'Espagne le renom de la vaillance espagnole. Castro avait pu lire cette biographie au titre VII de l'ouvrage, tel qu'il avait été imprimé à Alcalâ de Ilenares en i52/i, et sa lecture avait été attentive, à en juger par la docilité avec laquelle il suivit son modèle. La tâche la plus difficile qui lui incombait, c'était de relier par une intrigue le récit un peu incohérent de Pulgar : il a trouvé chez Pulgar lui-même des indications qu'il lui a suffi de développer pour obtenir cette soudure. L'historien raconte que Rodrigo de Villandrando contracta deux mariages, l'un en France avec la fille du Duc de Bourbon, qui était de sang royal, l'autre en Espagne sur la fin de sa vie avec une Ziiniga. Supposez maintenant qu'avant d'aller courir les aventures en France, Rodrigo, tout jeune encore, se soit fiancé avec l'héritière des Zûniga et qu'il ait emporté à son départ la promesse

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