‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 25 sur 343 · Cf. Genèse, III, 6 et i · texte numérisé non relu

Cf. Genèse, III, 6 et i

42 L ART DRAMATKJLE A VALENCIA.

del teu pecat i de suor niolt plena, por llanos, montes, y sierra.

y perque del teu pecat ne pagues peita, Yo porne continua cfuerra .

sera el teu cos llansat de esta devesa. y mal queier

, . I , ,, . , entre ti y la musrer,

(Alcaliah, p. i lo.) , , • ^

tal quai nunca se vera.

Ella te quebranlara

lu cabcça y gran poder.

Y tu, tal havias de hazer,

Eva, di '? (57-72.) pariras cou £>ran dolor lodo hijo concebido ; seras subjecta al marido y el sera de li seûor (io3-io6).

Por lo quai seras privado

de oy mas de mi, Adam, y moriras; suffiiendo continua guerra, mientras bivas en la tierra, de tu sudor corneras ^89-94*).

Si frappants que soient ces rapprochements, il serait aventureux d affirmer que Palau a connu et mis à profit le mystère valencien, encore moins qu'il a contribué à lui donner sa forme actuelle. Il y a une source commune : la Genèse, et il n'est pas impossible que pour 1 interprétation du texte sacré le ^ alencien et 1 Aragonais-aient suivi un guide commun, qui les avait devancés dans l'utilisation de cette source. Peu de sujets ont été si souvent traités dans le théâtre médiéval que l'épisode du Paradis terrestre. Ce qui est siir, c'est que les deux œuvres qui nous occupent appartiennent toutes deux à 1 époque de l'interprétation littérale de la légende. A peine voiton paraître dans l'une et l'autre un personnage symbolique, la Mort chez le Valencien, Culpa chez Palau (et c est une ressemblance de plus à noter) ; mais nous ne sommes pas encore envahis par ces figures allégoriques, telle que Gula et Avaricia, sans parler de Lucifer, qui dans l'aucto del Pecado

I. 11 est à remarquer que ces malédictions divines, lancées contre l'homme et la femme après la faute, ont été très fidèlement imitées ou même traduites de l'Ecriture par la plupart des auteurs qui ont traité ce sujet. Cf., par exemple, VAticto de la prevaricacion de naestro padre Adan (Rouanet, II), vers 286 sq.

de Adani^ compliquent, sans les renforcer, les traits de l'esquisse dramatique.

(( Mystère de saint Christophe », « Mystère du roi Hérode », (( Mystère d'Adam et Eve » : ces trois reliques du théâtre religieux à Valencia découvrent à l'analyse des variations, des incertitudes, des imitations, dont la bigarrure jamais criarde s'est fondue sous l'action du temps et des hommes. C'est que les gens de goût et de métier ne manquaient point sur les rives du Turia pour mettre au point ou élaborer des œuvres harmonieuses.

Entre toutes les cités relevant de la couronne d'Aragon ■Valencia s'est distinguée à toutes les époques par le culte fervent qu'elle rendait à la poésie ; mais jamais peut-être elle ne mérita le surnom d'Athènes espagnole, mieux qu'à la fin du quinzième siècle. Barcelone avait laissé s'éteindre dans les troubles civils du règne de Jean II (1408-1479) la flamme poétique qui n'avait jamais brillé d'un vif éclat dans la littérature proprement catalane, toute préoccupée de recherches historiques (Desclot, Muntaner) et d'informations encyclopédiques (Ramon Lull, Eximenis). Sur la côte orientale — celle qui regardait vers Rome et vers Athènes, initiatrices de la beauté classique — ^ alencia restait seule à entretenir le feu sacré. Quelle riche et active assemblée de poètes se groupa alors autour de Bernard Fenollar, de Pierre Martînez, de Jaime Gazull, du commandeur Escrivâ, qui étaient les maîtres de chœur! S'ils payèrent tribut à la suprématie castillane en collaborant, en i5ii, au nombre d'une vingtaine, au Cancionero de Hernando del Castillo, ils n'en réservaient pas moins à la petite patrie le meilleur d'eux-mêmes. On s'en persuadera en lisant ces Trobes en lahors de la Verge Maria dont la pubication, en i474t donna à la toute récente invention de l'imprimerie l'occasion de faire ses preuves dans la péninsule. Cet ancêtre de la typographie ibérique nous a gardé les hymnes composés

Page 1