‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 288 sur 343 · II · texte numérisé non relu

II

i6i5-i6i6 3oo3 2 8

1O16-1617 36o4 6 II

■^^'-«^« It! 4.'

Voilà, sur près de cinquante années, les recettes courantes ' que le théâtre a procurées à l'Hôpital. I! faudrait, pour que ce tableau prît toute sa sig'nification, indiquer en face de chaque somme le nombre des représentations au cours desquelles elle a été amassée; les documents conservés ne le permettent pas. Tel qu'il est, il suffit à montrer que la faveur des divertissements dramatiques auprès du public valencien est allée croissant depuis rinauï^-uralion de la Olivera jusqu'au commencement du dix-seplième siècle. L'année 1600 marque à Valencia aussi bien l'apogée de l'art dramatique que de la prospérité g^énérale. Les fêtes du mariage royal, les raffinements d'une ^ie élégante, la rivalité d'innombrables poètes et poétesses, l'empressement de tous à jouir de l'heure présente sous les caresses d'un soleil jamais

I. En 1627-1O28, le Libre major et le Contralihre sont interrompus, à la date du 18 février 1628, par la mort du caissier. La recette acquise était de 2496. — . 5. Le nouveau caissier^ depuis le 19 février jusqu'au 3i mai, perçut au théâtre 860. 4- n-

voilé, tout cela a fait de ces trois années iSqq à 1601 le moment uniijue où Valencia, fière de son passé, insoucieuse de son avenir, dépensait sans compter le tropplein d'une nature opulente. Le théâtre, comme tous les autres éléments qui concouraient à la vie de la cité, a eu sa part de cette exubérance. Après cet éclair, les ténèbres tombèrent, puis s'épaissirent; il faut désormais une circonstance exceptionnelle pour que la décadence s'arrête momentanément. En 1 608-1609, les fêtes en l'honneur de Saint Louis Beltran provoquent à Valencia de nombreux pèlerinages et amènent au théâtre un reg^ain d'affluence; mais, dès l'année suivante, l'expulsion des morisques et les ruines qu'elle accumula sur le royaume de Valencia, firent tomber les bénéfices du théâtre à un chiffre auquel, sauf l'accident de 1606-1607, ils n'étaient pas descendus depuis longtemps. En 16 19, l'ouverture d'un nouveau théâtre, plus spacieux et mieux aménagé, suscite chez les Valenciens un mouvement de curiosité qui ne se maintint pas au-delà d'une année. Les temps héro'ùjues de l'art dramatique à Valencia s'éloignaient déjà dans la brume du passé. On perdait la tradition et le goût du spectacle; était-ce pour en avoir abusé? Aucun danger (ju'on y renonçât complètement; il était simplement arrivé ceci que d'un besoin le divertissement théâtral était devenu une habitude. On y sacrifiait donc avec plus de régularité, mais avec moins d'empressement, et de là vient que les recettes se maintiennent désormais à un niveau moyen, sans ces alternatives d'engouement ou d'abandon, qui sont la marque d'une passion encore jeune.

Page 1