Cf. les Livres de Trésorerie des années indiquées
de l'Hôpital les services de leurs mandants, discutaient les clauses à intervenir, et par leur signature, donnée devant notaire , rendaient les conventions dûment exécutoires pour les parties sous peine de sanctions judiciaires. On pourrait croire que, remettant leur sort aux mains de cet émissaire, les troupes comiques le choisissaient avec de scrupuleuses précautions; en fait, le hasard leur imposa ses choix. Miséreuses comme elles l'étaient, elles ne j)Ouvaient payer le voyage de leur homme de confiance, il fallait donc que celui-ci résidât habituellement dans la ville où il s'agissait de traiter, ou pour le moins s'y trouvât de passage. Le chef de la troupe, une fois qu'il avait formé le projet d'un séjour à Valencia, ou bien faisait appel à un Valencien qu'il avait connu lors d'un séjour précédent, ou bien sollicitait la recommandation d'un ami qui avait des relations à Valencia. Ainsi, directement ou par l'intermédiaire d'un tiers, il découvrait celui qui allait devenir l'arbitre des destinées de la troupe. Toute une séquelle d'honnêtes Valenciens, qui n'avaient à l'ordinaire rien de commun avec le monde du théâtre, se sont transformés de la sorte en agents de placement. En mars 1617', ce fut Vicente Timor, au nom du comédien Alonso Riquelme, qui était pour lors à Saragosse. En septembre 16 ig, ce fut Juan Cabanyllas, au nom de Alonso de Olmedo, qui résidait à Barcelone^. En novembre 162 1, ce fut
1. Patr., minutes de Miguel Jerùnimo Chorrutta, 17 mars 1617. La procuration en faveur de Timor a été établie le 6 mars 161 7, à Saraçfosse, par-devant Miguel Juan Montaner.
2. Ibid., 5 sept. 1619. Procuration en datedu 3i juillet iGig, pardevant Rafel Pastor, à Barcelone. En 1687, le même Juan Cabanyllas reçut les pouvoirs du comédien Pedro de la Rosa. (Pérez Pastor, Nuevos datos..., p. 261.)
Domingo Pinlo, au nom de Jerônimo Lôpez, qui se trouvait à Cuenca'. En 1627, ce furent Juan Niinez, au nom de Francisco Lôpez, retenu à Saragosse^, et Juan Bautista Marti de Vintimella, au nom de Tomâs Fernândez de Cabredo''. En i63i, enfin, ce fut un prêtre qu'on ne s'attendait guère à trouver en cette affaire, Mosen Juan-Bautista Ors, qui traita avec l'Hôpital au nom du comédien Avendano"*.
L'habileté d'un chef de troupe, pour éparg-ner à celleci la rude famine du chômag^e, consistait principalement à se ménag^er dans chaque cité importante un ami qu'il pût, le cas échéant, et sur un simple signe instituer son agent d'affaires. Voyez, par exemple, comment procède Pedro Gerezo de Guevara. A la fin de i6i4, il est à Lérida, mais il sent que son succès est près de s'épuiser. Il a ouï-dire qu'à Valencia la place est libre ou va l'être. Vite , par-devant Esteban PocuruU , il délègue ses pouvoirs, le 3i décembre 16 14, à Vicente Jover, chevalier igeneroso), naturel de Valencia, lequel, dès le 6 janvier 1610, signe un accord au profit de son mandant avec le Trésorier de l'Hôpital, Aux termes de ce traité, Guevara arrivera à Valencia avec sa troupe au plus tard le 20 janvier (admirez la rapidité des communications en ce temps de dilig"ences et de postes à chevaux!); et, en effet, il débuta à la Clivera au débotté dans l'après-midi du 22 janvier. Le carême interrompit
1. Patr., i5 aov, 1621. Procuration par-devant Joan de Aloys, à Cuenca.
2. IbicL, minutes de Gaspar Dagui, 12 mai 1627. Procuration en date du 5 mai 1O27, par-devant Miguel Juan Montaner, à Saragosse.