Id., ibid
3. Ibid. «... Sieu donades y pagades a Chrislobal de Abendaiïo, auctor de coriiedies, t\l\o livres reals de Valencia a daquell deg'udes per très actes de representacions y ballsque feu lo d'à de la felisissima entrada de sa Magestat en la présent ciutat, ço es la primera en la plaça de la Seu, la segona en lo mercat, y la tercera en la plasa de predicadors. »
était ici un dignitaire municipal, élu par les jurats et charg-é sous leur contrôle de tout ce qui avait rapport à la cérémonie. On l'appelait l'administrateur de la Fête-Dieu {administrador de la f esta del corpus Xpti). Il avait dans ses attributions de traiter avec les comédiens; mais, par une confusion remarquable, il s'associait (pielquefois au Trésorier de rHô[)ital pour signer avec une troupe comique un seul et même traité, valable aussi bien pour la scène riigulière de la Olivera que pour la scène ambulante de la procession. On verra, par exemple, dans le traité signé par Alonso de Olmedo, le 8 mars 1626, que les parties étaient, d'une part le comédien et sa troupe, d'autre part les représentants de l'Hôpital et de la cité, l'une des clauses s'appliquant ex clusivement au spectacle du Corpus'.
Les comédiens s'engagaient à jouer sur la place de la Seo. du haut des chars ou roques aménagés à cet effet, deux autos sacramentales en castillan {dos actes del Si'>i Sacrament, dit un document, — en castella, précise un autre). En retour, promesse leur était faite d'un salaire de 100 livres, qui est resté invariable aussi longtemps que dans les représentations du Corpus les autos castillans ont prévalu sur les mystères valenciens. Alonso Riquelme en 1617, Olmedo en [626., Acacio en 1627, Juan de la Abadia et Luisa de Robles en i63o — pour ne prendre que quelques exemples — figurent
I. Patu. Minutes de Luis Cetina : « Ittem ha sido traiado y consertado entre las dichas partes que el dicho olmedo y su compania hajande representar en la présente ciudad las tiestas del corpus ol)ligando para dicho effeto el dicho autor segun que se obliga el }' su compania, de representar los autos de la fiesta del corpus deste présente aiïo. »
pour pareille somme au registre des dépenses de la municipalité valencienne. La seule atténuation que celle-ci ait apportée quelquefois aux règles de sa comptabilité, ce fut de payer d'avance aux comédiens un spectacle promis, mais encore éloigné; en 1626, Olmedo est autorisé en réunion plénière des jurais à toucher, dès le 7 mars, le prix des représentalioiis qu'il donnera en juin '. A part cela, rien à espérer de ces financiers économes. Pourtant les comédiens, dont la pauvreté doublait l'ingéniosité, s'avisèrent d'un menu profit, utile autant qu'imprévu. Sur les chars où ils jouaient leurs autos, on dressait un décor avec des draperies, des toiles, des machines, qui étaient appropriées à la pièce représentée. D'une année à l'autre, ce matériel était exposé à s'abîmer ; puis, conviendrait-il à une pièce nouvelle? Forls de ces arguments, les comédiens en sollicitèrent le don et ils l'obtinrent. Ils prenaient donc possession de tots los llensos, teles y tramoyes, qui étaient restés sur les chars, à l'exception de la charpente et de la magrana {la magrana de liens qiies feu pera dit effecte, ajoute avec plus de précision un document du 7 juin 1627^), et ils utilisaient ensuite sur les scènes laïques tous ces accessoires dont la fourniture était habituellement à leur charge. La Cilé se prêta complaisammenl à ce manège jusqu'en i63i, mais les jurats firent alors réflexion que, sous une forme ou sous une autre, une draperie était toujours une draperie, susceptible à n'importe quelle date d'encadrer n'importe quelle scène de n'importe
1. Arch. Ayiintamieato, Maniial de Conseils, no i52, 7 mars 1626.
2. Cf., dans le Manual de Conseils, 28 juin 1628 ; 10 juin 1624; 7 juin 1627, etc., etc.
quelle pièce, et énerg-iquemeiit, avec la hrusque décision de gens qui ont longtemps été joués et s'en aperçoivent enfin, ils refusèrent à Juan de Morales le moindre don en nature ; après quoi, comme ils avaient le cœur sensible, ils lui votèrent une indemnité de 4o livres'.
La procédure de ces représentations sacrées ne se déroulait pas toujours avec le calme qu'on vient de voir. Des discussions, des échanges de mauvais procédés, voire des menaces de procès manifestaient parfois la mauvaise humeur et les prétentions des comédiens. En 1612, Cristôbal Ortiz devait, au tarif habituel de i5o livres, donner le 1 1 juin la représentation de deux autos; le mauvais temps fit rage deux jours avant la date fixée et l'on fut obligé de renvoyer la fête au 21 juin. Dans rintervalle, avec quoi allaient subsister Ortiz et sa troupe, que la seule obligation de jouer les autos retenait à Valencia? Il se tourna vers les jurats et demanda à être défrayé de ses dépenses d'aubefge pendant dix jours. Grande perplexité : des avocats éminents sont consultés et 0[)inent qu'Ortiz est dans son droit. Il faut donc le dédommager, et on s'arrête au chiffre de 3o livres, qu'il veut bien accepter, et de cette dépense imprévue les jurats se consolent philosophiquement par la pensée qu'Ortiz, si maigrement qu'il ait vécu, a certainement dépensé plus de 3o livres ; de sorte que la bonne affaire, c'est encore eux qui la font^. Cette parcimonie leur inspira en 1622 une combinaison moins heureuse. La Fête-Dieu approchait et aucune troupe de comédiens ne se trouvait à Valencia, aucune n'annonçait