Ibid., Manual, '2l\ juillet
sa venue. L'idée vint alors à l'administrateur de constituer une troupe d'amateurs; il en coûtera 70 livres pour les indemniser, plus d'autres frais pour les « inventions » ou trucs de la pièce. Les jurats, mis au courant, se révoltèrent tout net; ils accordèrent 10 livres, sans • plus, aux acteurs de bonne volonté pour les répétitions déjà faites, et ils décidèrent que pour occuper les roques au jour de la fête quelques danses seraient plus que suffisantes'. Tant pis pour la tradition, mais tant mieux pour le trésor! La somptuosité de la Cité n'allait pas loin en matière dramatique.
En résumé, le budget des troupes comiques à Valencia était alimenté par des recettes ordinaires, qu'elles percevaient elles-mêmes à l'entrée de la Olivera ou des Santets, et par des recettes extraordinaires, que leur procuraient les représentations données hors du local habituel. Les unes étaient proportionnelles au succès, fructueuses en cas d'affluence , faméliques en cas de désertion du public; les autres étaient forfaitaires, c'està-dire déterminées à l'avance indépendamment de l'audi- , toire par un arrangement intervenu entre comédiens etoryi-anisateurs. Contrairement aux habitudes de nos jours,' ' les conditions que les impresarii faisaient aux acteurs étaient les mêmes, quel que fût le mérite des acteurs. Une troupe médiocre trouvait à l'Hôpital ou auprès des corporations le même accueil qu'une troupe éprouvée et glorieuse. Tout l'avantage des bons, c'est qu'ils attiraient le public; mais ni l'Hôpital ne consentait un rabais ni les mécènes ne payaient un supplément. En ce temps de privilèges, le règne de l'égalité était advenu au théâtre.