I. Cf. Bull, hisp., VIII
late-t-il, onl atteint, pendant la j)résente année financière (du i*"" juin au 3i mai), le chiffre considérable de 3.525 livres i4 sous ii deniers. Pourtant, la troupe qui donnait les représentations, celle de Riquelme, n'était même pas la meilleure des troupes de second rang^. Dès ses débuts, les cabales firent rage contre elle; on la bafoua, on troubla les représentations de bruits injurieux, on empêcha parfois qu'elles s'achevassent. Le trésorier de l'Hôpital, Mossen Joan Batiste Camarena, persuadé comme tout le monde que Riquelme serait obligé de vider les lieux, s'inquiétait pour le prêt de 2.000 réaux qu'il lui avait consenti, et promettait 200 réaux de prime à qui lui en garantirait le remboursement. Bref, chez tous, acteurs, administrateurs et spectateurs, c'était le pire désarroi, c'était presque une déroute. Eh bien ! Riquelme triompha de tout. Sa persévérance eut le dessus^ le peuple et la noblesse furent gagnés à sa manière. Arrivé à Valencia pour y subir les pires outrages, il en [)artit en triomphateur, aimé du public, béni des administrateurs de l'Hôpital, promu grand acteur par la volonté des mousquetaires de la Olivera'. Admirable exemple de ce que peuvent, réagissant l'une sur l'autre, l'opinion et une volonté obstinée. Les comédiens étrangers qui passèrent par Valencia
I. Hosp. Conlralibre, année iGo^-iOoô. A la fin du Cornote des Comédies, on lit la note suivante : « Par memoria. — La major part de estes très mil cinhcentes vint y cinch llinres catorze sous y onze dinars se trai^ueren de la representacio de Riquelme. La compania no era la millor de les mijanes. Prestals lo SorCamarenados mils reals y vient que los primers dies los ahucauen y impedien la representacio lo viu en condicio que offeria doscents reals a qui li assiguras lo deute, teuiut per cert que no prosseguirien la representacio. Volg'ue deu que ab sa paciencia ho remenderen, y aconiodant lo g"ust lo poble y caualleria représenta mes temps que ninguna de les compa-
ne provoquèrent point de pareils excès d'hostilité ou d'enthousiasme. C'est un fait curieux que des représentations aient pu être données à la Clivera dans une autre langue que le castillan ou le valencien, et il faut retenir que des Italiens d'abord, puis des Français, tentèrent l'aventure. En outre des troupes comme celles de Juan Jacome ou de Botarga, où l'élément italien occupait une place importante à coup si\r, mais nullement exclusive d'une collaboration espagnole , des acteurs italiens sont venus à cinq reprises, soit à la Olivera, soit aux Santets, donner des spectacles de leur cru. Leurs différents séjours se placent tous entre i583 et i5g3, comme si après cette date les prog^rès de l'art dramatique espagnol et l'organisation des troupes indigènes avaient lendu la concurrence étrangère de plus en plus malaisée. L'histoire des représentations italiennes à Valencia, à partir du moment où nous pouvons la suivre, est l'histoire d'une prompte décadence. Les débuts pourtant avaient élé brillants. Dans les premiers mois de i583, les farces italiennes rapportent déjà à l'Hôpital un bénéfice de 5i livres — ce qui était en ce tem[)s la recette moyenne d'un mois'; mieux encore, en i585, la saison
nies grandes que ans hamun vist y aprofita la casa en mes cantitat ella asoles que totes les demes. axi pag'a deu lo bon zel del su clavari. diuse a honor y gloria sua.
« Joseph Doi.ç, archjuer del Hospital gênerai. » I. Livre de Trésorerie, 1 582- r 583. Toutes les recettes du théâtre pour cette année sont ainsi enregistrées :
Primo cobri en lo mes de noembre 48 7 4
It. cobri en lo mes de X*""*^ 53 8 4
It. cobri quant senana botarga 4 » "
It. cobri de les farces dels Italians. . . . 5i 5 ii
italienne dura [)las de deux mois et fit encaisser à l'Hôpital 242 livres 7 sous 8 deniers, — cliilîre énonne si l'on tient compte que pendant la moitié de leur séjour les étrangers furent relégués aux Sanlels, et qu'à la Olivera une troupe espag-nole occupait la scène avec un succès écrasant et une recette qui, en août, dépassa 370 livres*. En 1086, les Italiens ne prolong-èrent pas la série de leurs représentations au delà d'une vingtaine de jours, mais ils employèrent leur lemps à merveille, et le comptable de l'Hôpital porta à la colonne des recettes 175 livres i3 sous 8 deniers, ce qui donne pour