I. Livre de Trésorerie
« Item sexanta lliures deu sous set diners que de XXIII de dit mes de agost fins XXXI de! matex rebi de la casa dels Santets de la representatio dels Italians, ço es a XXIII 9. i. 7,a XXIIII \z. 10. 9, a XXV 9. 1.9., a XXVI 5, 3.—, a XXVII 2. 17. 10, a XVVIII7. 1.8, a XXVIIII 3. i3. G, a XXX 2. 10. 5, a XXXI 8. 10. 2, les quais partides fan dila suma de . L X . X . \'II
« item huytanta très Uiures très sous dos diners que rebi en lo diseurs de lot lo dit mes de setembre de la representatio que feren los Italians en la casa dels Santés ; sic'\. (Suit le détail des représentations qui eurent lieu les ler, 2, 3, 4, 6, 7,8, g, 10, 11, 12, i3, i4, i5, 16, 17, 18,21,22,27,2g). los allres dies del présent mes que aci nostan escrits nos représenta, y les dites partides preuen suma de dites L XXXIII . III . II
« Item noranta Imy t lliures tretze sous onze diners que rebi en la mesada de octubre de la representacio de les farses que feren los Italians en la casa de Olivera entre la porta y finestres (représentations les l\, 6, 7, 8, 9, 10, i3, i4, i5, i6, 17, 18, 20, 21, 22, 24,27,28,29,30) L XXXXVIII.XIII.XI
Total 242 . 7.8.
chaque représentation une moyenne très satisfaisante de 9 livres, ég^ale ou même supérieure à la recette moyenne de la troupe italienne de l'année précédente'. Trois ans plus tard, c'en est déjà fini de ces intermèdes qui rompaient la monotonie de spectacles immuablement espagnols : une lrou{)e italienne traverse Valencia, mais elle ne s'y arrête que deux jours, le 28 et le 2^ juillet i.lSt)^, et une lrou[)e de même nationalité (|ui, en juin 109.3, essaie d'un cycle plus suivi de représentations, se heurte à Thostililé ou au moins à l'indifférence du public; elle est condamnée, tour à tour, à des recettes dérisoires ou — pis encore — à d'oblig^atoires chômages "\ Il est manifeste que désormais l'attention du public est tournée d'un autre côté.
Ce n'était pas du côté de la France. Rien de plus lamentable que l'aventure des comédiens français égarés à Valencia, Ils occupent la Olivera pendant douze jours, du 22 novembre au 3 décembre 1601, et ils chôment deux fois : soit, au total, dix représentations. La première fois, comme la curiosité humaine est plus forte que tout et que ces représentants des théâtres d'outre- Pyrénées semblaient d'étranges animaux, la salle se
1. Livre de Trésorerie, 1 586- 1087 : « Item rebi de altra companya de farçeros ytalians.que començaren a represeutar a XVIIII de janer fins a X de febrer dia de carnestoltes cent setanta cinch Hures tretse sous huit diners GLXXV. XIII. VIII. »
2. IbicL, 1.587-1590 : « A 28 [juliol 1589] en lo quai dia representaren los Italians il\. 11. 4? ÇO ^s de la 3^ [)art 11. 18. G, cadires — . 29. 6., finestres y doues — . 28. 4- »
3. Ibiil., 1598-1594 : » Primo al primer de juny rebi delques cobra en dit dia en la casa de les tarses aon representauen los ytalians de la part dauall, de les cadires y dones i3. 7. 2, conpreses les finestres. )) Ils représentent jusqu'au 27 juin avec de nombreux chômages et des receltes médiocres.
trouva bien garnie et l'Hôpital reçut pour sa part 17 livres 3 sous 4 deniers. Mais quelle déception suivit ce bel élan ! Les receltes baissèrent avec une rapidité vertigineuse, elles passèrent à presque rien : le 2 décembre, le droit des pauvres produisit tout juste i livre 2 sous 9 deniers; il n'y a pas, je crois, d'autre exemple dans les livres comptables dePHôpilal d'un prélèvement aussi dérisoire. La faute en était-elle à l'insuffisance de sa troupe ou à sa nationalité? Il est difficile de le savoir, puisque, hormis son séjour, nous ig-norons tout de celle troupe. Ce qui est certain, c'est que les Français, en ce temps-là, inspiraient aux Valenciens une confiance très limitée. Il y avait bien depuis longtemps une colonie de Français établie aux abords du Marché et occupée au commerce des tissus de luxe, draps^ guipures, dentelles'; elle habitait la rue dels Drets, de même que la colonie des Suisses et des Allemands était cantonnée dans la rue des Ilierros de la Lonja et celle des Génois et Maltais dans la rue de la Bolseria. Mais en dehors de ces commerçants connus et respectés, on voyait poindre à certains moments une population volante de Français, que les Valenciens tenaient volontiers pour g'oujats de profession ou hérétiques de religion. Sur les laquais, c'est Guillén de Castro qui nous renseigne : le valet d'une de ses comédies, Tadeo, est un Français deveim Espagnol,
I. C'est peut-être en songeant à ces Franrais qui exploitaient le goût des Valenciennes pour le luxe, que Tàrrega a mis dans la bouche d'un Français les vers suivants :
No es la primera ocasiôn Que acude nuestra naciùn A Espana por sacar oro.
{El esposo Jingido, III.)
qui a d'ailleurs servi dans l'armée avant de servir dans une grande maison '.
Sur les protestants, l'Inquisition nous en dit plus qu'il ne serait nécessaire. Dès le 3o octobre i565, le Saint- Office valencien signale par lettre au Grand Inquisiteur la présence de Français luthériens dont il ne peut venir à bout"; il eng-age, en vain, des procès sur le chef d'hérésie^; rien n'y fait, et en août 162 1, on trouve de nouveau à Valencia un groupe de protestants, dont la plupart sont originaires de Nîmes, de Montpellier ou de la région voisine^. Les Français, après cela, ne devaient pas être en odeur de sainteté dans la région du Turia, et la mésestime qui s'attachait à eux explique peut-être l'échec des comédiens français.
Au total, la Olivera ou les Santets étaient rarement, pour les troupes nomades, le port où elles goûtaient le repos après les bourrasques du voyage. Une rude