‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 35 sur 343 · Si no se aventurasse · texte numérisé non relu

Si no se aventurasse

el punto de honra en medio. »

2. Dans la Revistn de Vahnrin, I. i88t, Gr8-62i, J. E. Serriino Morales raconte, d'après un vieux ms., une aventure survenue à Valencia en 1024 et analogue, pour la mise en scène, à celle représentée par Jean Fernândez.

jouant de la préciosité aux équivoques scabreuses. L'ouvrier qui a tracé cette ébauche, allait prouver sa maîtrise le jour où, en i524, il écrivit le « Colloque des dames valenciennes ».

Quelle est donc cette œuvre, vieille de près de quatre siècles, légère pourtant et dépourvue de prétentions comme d'ampleur.^* C'est, tout modestement, une bluette. Après un prologue de circonstance, qui remplace la traditionnelle caplatio heiievolentiae par un compliment à l'adresse de la reine et du marquis, un chapelain entre en scène, Mossen Juan, qui vient annoncer à la maîtresse de céans la prochaine visite de Dona Maria et de quelques amis. Emissaire plus entreprenant que pressé, Mossen Juan s'attarde à la porte auprès de la duègne Guzmana, dont les appas l'émeuvent, et il ne repart, sa commission faite, qu'après lui avoir conté fleurette. La dame du logis est une Valencienne renforcée : elle supporte mal le patriotisme castillan de la duègne Guzmana, et elle se chamaille avec elle sur les mérites comparés des deux royaumes de Castille et de Valencia. Chamailleries vite apaisées : la duègne et la soubrette Gatalina ne s'en empressent pas moins auprès de leur maîtresse ; elles l'aident à sa toilette — délicate affaire ! — elles aménagent la salle de réception, et ces préparatifs sont à peine terminés que les visites arrivent. C'est tout un cortège qui envahit le salon : quatre chevaliers, Fernândez, Rodrîguez, Miguel, Alonso ; trois dames, Beatriz, Maria, Lucrecia ; en ajoutant la maîtresse de maison, le quadrille est au complet. On bavarde et on prend des attitudes choisies ; les dames minaudent, les hommes s'accordent à se proclamer victimes d'amours malheureuses, mais leurs plaintes ne rencontrent point d'écho : l'amour est une marchandise que l on a fait trop valoir auprès des dames pour qu'elles veuillent encore l'accepter. Dès lors, à quoi bon causer davantage? A une conversation où l'on ne s'entend pas, mieux vaut substituer la ressource des jeux de société. Deux retardataires, Ana et le Portugais, viennent piendre part à la fête; avec leur concours, on s'exerce d'abord au jeu des émerveillements, puis à la danse, le plus savant et le plus estimé des arts mondains. La

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musique s accorde : cavaliers et nobles dames esquissent les pas cadencés de la « danse d'Allemagne », puis ils scandent leurs entrechats du rythme de leurs chansons et ils font entendre tour à tour une dizaine de villancicos.

Mais voici que. de ce langoureux ballet, nous passons brusquement aux réalités violentes d'un défi. Un roi d'armes paraît, mandataire de cinq chevaliers; en leur nom il provoque à un tournoi les cinq danseurs afin de prouver, armes en main, que ses mandants, par l'éclat de leurs amours, surpassent tous leurs rivaux. Le défi est accepté : la poésie cède la place aux armes, la comédie s'achève en tragédie. Une tragédie pour rire, car nous sommes dans le beau monde et le propre de la bonne société c'est d'éviter tous les excès aussi bien du rire que de la tristesse. La scène que l'auteur s'est proposé de reproduire, c'est simplement une visite faite par d'honnêtes gens à une Yalencienne de distinction. S il a relevé cette intrigue un peu maigre de quelques scènes à grand spectacle, danses, chants ou tournois, si même ces divertissements ont peut-être paru l'essentiel à ses contemporains, 'il n'en convient pas moins de les oublier un moment et de considérer seulement la petite comédie que Jean Fernàndez nous offre.

Que le tableau qu'il nous a laissé soit fidèlement calqué sur les mœurs valenciennes de ce temps, il suffit, pour s'en convaincre, d'en examiner quelques aspects. Si, par exemple, avant que les visiteurs ne se présentent chez leur hôtesse, un émissaire vient les annoncer et soMicitci- pour eux une audience, ne croyez pas que l'auteur ait voulu allonger un scénario trop court. Il ne faisait que transporter à la scène les règles strictes du savoir-vivre, car « pénétrer chez une dame sans en avoir reçu licence aurait été lui manquer de respect » : nous le savons par le témoignage de Louis Milan*, qui se connaissait en matière de protocole. Le même scrupule d exactitude se marque dans tout ce qui concerne la toilette et le vestiaire des personnages représentés. Valencia a mérité de tout temps par la

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