‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 37 sur 343 · Romania, XXI, 1901. Poésie I, v. i3-i · texte numérisé non relu

Romania, XXI, 1901. Poésie I, v. i3-i

« No se por la eloquencia

Ho en (Hneros ser famoso,

Que, quanto por ser fermoso,

Nunca casara en Valencia. »

a Je ne sache pas qu'il soit fameux par l'éloquence ou la richesse, et quant à la beauté, jamais il ne se mariera à Valence (où sont les plus belles femmes). »

2. Dès i440j dans une visite d'inspection au monastère valencien de la Zaidia, le Visiteur croit nécessaire de prescrire que les religieuses no s'pelen las celles, los polsos, ni vajen pintades, ço est, de blanquel, argent e color. {Revista de Archivas, 3» epoca, t. VIII, 298.) Jean Fernândez se sert des mêmes termes pour désigner les ingrédients auxquels ses héroïnes avaient recours.

3. Jean Fernândez dans ses indiscrétions avait eu des devanciers. L'Archiprêtre de Talavera et l'auteur de « La Célestine » avaient révélé avant lui les combinaisons chimiques qui aidaient à l'élaboration des fards. Après lui, la plupart des auteurs picaresques devaient railler l'abus de ces préparations savantes; cf. par exemple Quevedo, Casa de locos de amor.

74 LAUT DBAMATIQUE A VALEXCIA.

combat, tout cela semble inventé à plaisir pour ménager un contraste dramatique, pour fournir un dénouement à la pièce et pour flatter les sentiments chevaleresques de l'auditoire. Eh bien ! au moment même où il semble sortir de la réalité, Jean Fernandez s'y asservit. Ces défis étaient à Valencia d'usage courant parmi la noblesse. Croyons-en là-dessus Louis Zapala, le compilateur de la Miscelânea : (( A Valencia d Aragon, déclaret-il, les défis étaient naguère si fréquents qu'un édit du souverain pontife Grégoire XIII a ordonné qu'ils fussent proscrits. » Et il ajoute quelques détails sur les lettres de défi qui venaient troublei' au moment le plus imprévu la paix du foyer, d autant plus troublantes que souvent, en 1 absence du mari, le défi était reçu par la maîtresse du logis dont les transes pendant le duel et le zèle à préparer des pansements forment un tableau pathétique*. Peut-on croire après cela que Jean Fernandez a inventé ou simplement exagéré? Familier de la cour de Germaine de Foix, il a calqué son essai dramatique sur les mœurs de cette noblesse dont il était un représentant notoire : dans ce « Colloque » que 1 on prendrait volontiers pour la fantaisie d'un esprit inventif, on trouve à la base, dès qu'on y regarde de près, un fond solide de réalité.

L'auteur ne s'est pas borné à enregistrer ce que ses yeux d'observateur découvraient; il a imprimé à son œuvre la double marque de son art et de son ironie. Ce serait une erreur de croire que dans cet essai dramatique il a manifesté ses dons d'écrivain sous le même aspect que dans ses autres poésies. Certes, le « Colloque » ne nous révèle j)as un Jean Fernandez inconnu, mais il montre en lui un talent souple, capable de se plier aux exigences d un art nouveau. A oyez avec quelle décision ce faiseur de madrigaux a campé ses personnages : au premier plan, la maîtresse du logis, coquette et minaudière, égoïste et quelque peu menteuse, comme il sied à une élégante. Autour d'elle, parmi les visiteurs, le groupe des messieurs et le groupe des dames, chacun d eux ayant des traits communs,

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