‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 39 sur 343 · El Cortesano, 102 : « Suegra y nuera son entrambas · texte numérisé non relu

El Cortesano, 102 : « Suegra y nuera son entrambas

LES ORIGliNES. 77

bia* )), qui ramène tout le monde et lui-même^à la clarté et au bon sens. Ne lui fallait-il pas minauder quelquefois pour imiter ses modèles avec une exactitude suffisante? Les Valenciennes étaient des mijaurées, et, quelque quatre-vingts ans après Jean Fernândez, Guillén de Castro le jieur reprochait encore à l'acte premier de La Verdad averiguada y enganoso casamiento :

« DiÈGL'E. — Les Valenciennes sont des ançes de beauté.

« CoBENA. — Il V a pourtant chez elles certaines choses que je n'apprécie pas. Elles ne savent pas s'habiller élég'amment comme en Castille, ni s'envelopper dans leur mante comme à Grenade et à Séville; elles sont impolies au point qu'elles ne vous laissent point parler; en VOUS répondant, elles clig-nent de l'œil ; elles s'expriment en charabia : anaa, no vil, que voleii, passe avant, vaja en malora... »

Sachons gré à Jean Fernândez de n'avoir pas copié trop fidèlement ce jargon. L affectation du style se réduit dans le (( Colloque )) à quelques jeux de mots, d'une verve plus facile que délicate : ce sont des calembours, des à-peu-près, qui parfois ont pour nous cet intérêt de révéler un détail de la prononciation valencienne'^. La versification, par sa simplicité, aidait à cette impression de clarté : c'est une strophe très régulière de huit vers oclosyllabiques, qui se subdivise, soit par une pause de sens, soit par un changement de personnages, en deux redondillas aux rimes embrassées (abba — cddc). De la régularité avec laquelle le poète, d'un bout à l'autre de la pièce, respecte la structure de la strophe, on aurait tort de conclure à la rigidité du rythme ; car d'abord les rimes féminines se mêlent très librement aux rimes masculines sans autre règle que le bon plaisir de l'auteur, et, d autre part, le mouvement du dialogue, loin d'être gêné, est aidé par le vers, attendu que l'auteur, non content de rompre les combinaisons strophiques par le passage d'un inteilocuteur à un autre au cours d une strophe, s'est en-

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