‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 40 sur 343 · i No enliendo esa algarabia » (f. 122 v · texte numérisé non relu

i No enliendo esa algarabia » (f. 122 v

2. Par exemple (f. 129 v.) : Si me quereijs, sea a cuenta | que no os quejceijs, sine os quiero. Cf. d'autres calembours : (f. 1 17) ^Tandes de mucha cuenta \ de a veiule cnentos. (f. 119 r.) Fuy a llamar su criada. \ Ben crinda, aixi coni vos.

yO L AUT DUaMaTIOLIÎ A VaLENCIA.

core donné toute licence pour clore ou attaquer une réplique au beau milieu d'un vers. Et ceci, à la date où nous sommes, est une audace digne de remarque.

Si Jean Fernândez a su dans le « Colloque » effacer sa personne devant celle de ses personnages, il n'en est pas moins resté lui-même. Or, il n'était pas homme à écrire — et surtout à écrire sur le beau monde — sans qu'un grain de satire se mêlât à ses écrits. C'est, en effet, le trait le plus caractéristique du « Colloque » d'avoir été composé avec l'intention de railler les mœurs et les gens qu'il représente. Oh I il ne s'agit d'aucune attaque violente ou perfide contre les courtisans dont l'auteur était le familier; sa raillerie reste à fleur de peau, elle chatouille mais ne pique pas. Elle se conforme de tout point aux règles de la plaisanterie permise, telles que Louis Milan les a données dans son manuel de civilité ; « Le fin du fin pour un courtisan, a-t-il écrit, c'est que le personnage que 1 on raille soit satisfait de celui qui le raille*. » A ce caractère anodin de la raillerie, on distingue l'honnête homme el avisado du rustre cl (rii/idn). Jean Fernândez, dans son (( Colloque )), s'est montré strictement honnête homme.

Aussi bien n'avait-il pas à se mettre en frais d'imagination pour se gausser des gens qu'il représentait. La pire malice qu'il pût montrer envers eux, c'était de les transporter dans son « Colloque )) tels qu'ils se révélaient dans les salons. Aussi est-il très amusant en restant très exact, d'autant plus amusant qu'il est plus exact. La visite faite ou reçue est le rite essentiel de la vie mondaine ; elle fournit aux travers des élégants et des élégantes une occasion à souhait pour se manifester. Libre au dramaturge de reproduire dans ce cadre toutes les manies, tous les tics, tous les propos de ses modèles, aussi bien le cliquetis bruyant et anodin des papotages que ces luttes de préséance qui, au passage d'une porte, provoquent l'inutile empiessement de chacun à s'effacer devant son voisin. Jean Fernândez use de cette liberté, et il en use à sa ma-

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