‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 4 sur 343 · Scliack, I · texte numérisé non relu

Scliack, I

2. Des extraits en ont été publiés par Sanchis Sivera, 462-64 en notes. Mais, ayant moi-même copi6 avant M. Sanchis Sivera ces documents, j'ai pu constater que sa publication n'est pas exempte d'erreurs : par exemple, il date de 1429 un texte (jui est de i438. D'autre part, le tableau de la représentation, tel qu'il le trace, est par trop fantaisiste, puisqu'il y mêle des traits empruntés les uns à des documents de i432, les autres à des documents de i53i.

et sans doute le progrès consista ici à instituer à l'étage inférieur un spectacle qui ne fût pas seulement une reproduction figurée de la Nativité, mais une représentation véritable avec une intrigue, que le va-et-vient de ïaraceli coupait de péripéties surnaturelles, et un dialogue que, dès i/i4o, la Vierge et l'ange soutenaient en chantant*. Avec le temps, la mise en scène et la figuration s enrichirent : en 1020, les tours de Bethléem dressaient dans le chœur leurs créneaux de carton, et en i53i les prophètes, puis le roi David faisaient cortège à l'Enfant divin. L'office de matines était alors devenu, pendant la nuit de Noël, un vrai passe-temps dramatique.

Soit qu'à certaines années le Chapitre n'ait pas voulu faire la dépense d'une fête aussi onéreuse, soit qu'à côté d'une représentation forcément très brève il ait paru bon de mettre sous les yeux des fidèles un tableau plus durable, on exposait parfois dans le chœur, notamment en iliS"], où cette exposition se prolongea jusqu'à l'Epiphanie, un entrâmes, sorte de plateforme, flanquée de quatre séraphins mi-dorés mi-vermeils, surmontée d'une statue de l'enfant Jésus, et placée au-dessus d'un arbre fraîchement coupé. Etait-ce l'arbre du Paradis qu'on prétendait représenter? Etait-ce l'arbre généalogique qui partant d'Adam et Eve aboutit à Jésus-Christ, comme on le voit dans nombre de sculptures médiévales.^ La réponse importe peu. La disposition de cet autel intéresse l'histoire du culte, non les progrès de l'art dramatique.

Il n'en va point de même des fêtes de l'Ange Gardien, instituées vers le début du quinzième siècle en l'honneur de l'Ange protecteur de Valencia. Le Conseil de la cité en régla lordonnance par une délibération du 6 octobre i446'^. Elles duraient pendant les deux jours qui suivaient 1 octave des saints Pierre et Paul, et elles se déroulaient en partie dans la cathédrale, en partie dans les rues, à travers lesquelles un somptueux cor-

1. Libre de ohres de il\l\o : c Quatre parelles de puants, (;o es dos per a la Maria e an^el que cantaven, e dos per a la Maria del araceli e per al angel que devalla. »

Page 1