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que rien ne valait un divertissement dramatique pour assurer à une demeure seigneuriale le renom de fastuosité.
Pour représenter ces spectacles, le duc de Calabrene s'adressait pas à des artistes étrangers. Il se contentait des ressources locales. Or, les artistes que Valencia à cette époque offrait en plus grande abondance, c étaient des musiciens. Autour de Louis Milan, qui se met en scène à plusieurs reprises dans (( Le Courtisan » au moment où il charme par ses accents des assemblées mondaines*, un groupe de musiciens se constitua dont il fut le maître de musique et dont son livre, Libro de musica de vihaela de niano intitulado : El maestro, publié en 1 535, fut le manuel. Lui-même indique nettement, en nous décrivant une mascarade, que les deux principaux rôles, celui de Syringe et celui d'Apollon, qui comportaient une mimique importante, furent tenus par <( deux grands musiciens » : ils s'en acquittèrent, précise-t-il, « avec beaucoup de naturel^ ». Dans la « Farce » dont on a lu plus haut l'analyse, chevaliers et dames, enfin réunis après mille traverses, exhalent leur joie dans des chants. Il faut en conclure que musiciens et acteurs se confondaient souvent et que, à la différence de ce qui devait se produiie plus tard dans la troupe errante d'un Lope de Rueda, le musicien n était ni spécialisé dans son emploi, ni dérobé par une toile à la vue du public.
A quel degré delà hiérarchie sociale appartenaient ces acteurs de fortune? Il est certain que plusieurs d'entre eux vivaient de leur art, et que la reine ou le duc attachaient à leur personne des chantres^ au même titre et avec les mêmes salaires que leurs bouffons ou leurs aumôniers. Nous possédons même, à la date de i55o, une liste des musiciens et des chantres qui formaient la « chapelle de musique » du Palais-Royal. La troupe se composait d'un maître de chapelle, d'un organiste, de six trompettes, de neuf (( ménétriers », de vingt-quatre