‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 49 sur 343 · P. 36i. Le duc dit : u mis cantores · texte numérisé non relu

P. 36i. Le duc dit : u mis cantores

LES OhlGiNES. ftÔ

chanteurs'. Parmi eux se recrutaient évidemment les interprètes des pièces de Louis Milan. Or — et ce n'est pas une médiocre surprise — tous les noms inscrits sur cette liste ont, à deux exceptions près, une sonorité parfaitement espagnole. Si les chantres Miguel Castagni et Pompeyo de Aussi venaient d'Italie^, tous les autres, Joaqui'n Gil, Pedro Garcia, Francisco Torrent, etc., etc., étaient des enfants du pays. Il faut donc en conclure que si les spectacles, par leurinspiration et jusque dans leur texte, se rattachaient étroitement à l'Italie, les agents qui collahoraieiit à leur exécution ne lelevaient que de l'Espagne. Ainsi éclate, jusque dans cette forme si peu nationale de l'art dramatique, une dualité imprévue. Même en plagiant l'étranger, on restait patriote dans l'art d'en accommoder les dépouilles.

On est porté à croire qu'à ces musiciens devenus acteurs s'ajoutaient des gens du monde, transformés selon leurs aptitudes en acteurs ou en musiciens. Les passe-temps dramatiques étaient si bien dans le goût de ces grands seigneurs qu'on ne saurait douter de l'empressement qu'eux-mêmes et leur entourage ont mis à y collaborer. Leurs femmes, cependant, et leurs filles ne semblent pas y avoir pris part autrement que comme spectatrices. Sans doute, un personnage du Cortesano déclare quelque part^ que, après la « Farce » de Louis Milan, qui sera représentée au Palais-Royal, il se propose « d'en faire une autre avec les dames de la reine », mais il veut dire par là qu'il associera les dames de la reine à l'élaboration de la farce, aux préparatifs de la représentation, et qu'il les en fera juges, mais nullement qu'il sollicitera leur concours comme

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