Escolano, H, col. 17^6, ly^Q
io8 l'art dramatique a valencia.
Valencia en i348, la vértola ou (jrdnola avait emporté à intervalles rapprochés d'innombrables victimes'. Mais en juillet loig, on la vit approcher avec une terreur particulière. La cité, à la veille de la guerre des Germanies, était en pleine effervescence. Des présages menaçants avaient été observés. Le 19 février, la foudre avait atteint l'horloge dans la Grande Tour de l'Hôtel de \ ille et un incendie s'était déclaré. Une inquiétude universelle régnait, comme à la veille des grandes crises. Aussi, des les premières atteintes du mal, un exode général se produisit. Riches et pauvres, fonctionnaires et magistrats se réfugièrent dans la campagne ; et Escolano contredit ici 1 églogue, qui délivre aux jurats un certificat de civisme dont l'historien ne les a pas jugés dignes". La cité étant privée de ses chefs, des troubles éclatèrent bientôt : ils furent déchaînés par un franciscain, Louis Castelloli, qui, dans un sermon prononcé à la catliédrale en juillet i5i9, le jour de la Sainte- Madeleine, soutint cette thèse que tant de malheurs s'abattaient sur la cité pour châtier chez ses habitants le vice de sodomie. Les auditeurs de cette harangue se répandirent dans les rues en quête de sodomistes, et bien entendu ils crurent en avoir trouvé. On lira dans Escolano le récit des événements qui suivirent^. Ce qui précède suffit poui" exjiliquer notre églogue. Si elle se termine sur l'assurance que l'ordre naturel est rétabli et que Dieu ne reçoit plus d'offenses, ce n'est pas seulement parce que l'épidémie avait pris fin, c'est parce qu'on croyait avoir purgé A alencia des pécheurs immondes à cause de qui elle avait été châtiée. L églogue scelle la réconciliation de la cité avec le Ciel : elle se place exactement à la fin de
1. Cf. Compendio histôrico de todas /as epidemias padecidds en Valencia antes del aùo lO^y, par Fr. Bartolomé Ribelles, Valencia, José de Or^a,
2. Escolano, II, col. i!\l\% : << Porque saliendose délia [de la ciudad] huydos la mayor parle de los ministros de la juslicia y oficiales de rei^imienlo, y los ciudadanos ricos de hazienda y virtud quedù la misérable ciudad desapoyada de sus columnas. » — Egloga, v. 171 sq. (S'adressant à Valencia) : « Verdad es que le hao quedado | Y no dexado | Todos los del reginiiento. »