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pas y céder, mais sa résistance est une velléité inutile; elle succombe avant d'avoir engagé le combat. Elle ne cesse pas d'être inquiète sur les suites de sa passion, mais lorsque son inquiétude lui consent une trêve, avec quelle confiance elle s'abandonne à la douceur de vivre ! « Voici des roses, et voilà des fleurs ! des prairies et de la verdure, des herbes aux mille couleurs, des sources et de la fraîcheur! Quelle joie et quelle allégresse! C est une vraie matinée de Saint-Jean !... Voyez le front élevé de ces arbres où les petits oiseaux chantent en foule leurs joyeux intermèdes. Répondez, mes chers oiselets, grives et rossignols, et vous aussi, chardonnerets : connaissez-vous les infinis divertissements de l'amour *.i^ » Ce salut à la nature complice, cette harmonie entre un cœur aimant et une matinée printanière, c'est ce que Philomèle a essayé plus lard d'exprimer dans la tragicomédie Filoména que Timoneda a publiée. Mais quelle différence dans l'accent! et quelle supériorité chez notre auteur! La même sensibilité qui inspire à Liria un hymne d'allégresse, la poussera avec résolution vers la mort. Le lyrisme qui remplit ce cœur aimant s'épanche auprès du cadavre de Torcato dans une évocation émouvante : « Ce corps ensanglanté, c'est celui que je chérissais, c'est mon bien-aimé, c'est à la fois l'assassin et la victime. Il ne me convient pas de vivre davantage, puisque en le perdant j'ai perdu ma vie. Trépas très désiré, ne te fais pas attendre, ne me refuse pas