‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 87 sur 343 · Cumbre de la clerecia. » (13. A. E., LVllI, 77 b · texte numérisé non relu

Cumbre de la clerecia. » (13. A. E., LVllI, 77 b

3. « Chrislianisimo colegio | Junto por gracia divina. » (B. A. E., LVIII,

ils se recrutaient, du moins dans certains cas, non pas entre les histrions de métier, mais parmi les pages de l'archevêque ^ Peut-on douter que, pour entendre de tels acteurs, une aussi pieuse assistance se soit réunie ailleurs que dans une église? Ces autos sacramentales, soit par les intentions du prélat qui les a suggérées, soit par la conception propre au reviseur, soit par les circonstances de leur représentation, marquent une tentative pour réintégrer à 1 intéiieur de l'église le théâtre religieux qui s'en était évadé. Du jour où les mystères indigènes avaient été représentés en plein air, sur la place publique, du haut d'une scène mobile, ils avaient échappé de plus en plus à la tutelle ecclésiastique. Il s'agissait maintenant, de par la volonté d'un archevêque qui ne transigeait point, de remettre aux mains de l'autorité cléricale ce qui n'aurait jamais dû lui échapper. Mais il est des courants qu'on ne remonte pas : les mystères traditionnels étaient perdus à jamais pour l'Eglise, nul n'aurait pu à cette heure les arracher au peuple, dont ils étaient le bien, et leur communiquer une vertu d'apostolat. Restait la ressource d'acclimater à Valencia, au pied même de l'autel, un théâtre rigoureusement surveillé, inspiré à des sources plus pures, imprégné de l'esprit eucharistique, tel enfin qu'il existait déjà en Castille. Ce fut l'entreprise commune de l'archevêque et de Timoneda. Il en ressort que, si les pièces importées avaient déjà servi ailleurs, elles représentaient à Valencia une incontestable nouveauté.

Les mystères, malgré cette concurrence, furent encore représentés, et il faudra attendre une cinquantaine d'années pour que la vieille tradition qu'ils représentaient soit temporairement abolie. Malgré Timoneda, on continua de les jouer, mais ils avaient cessé de vivre : nous avons déjà noté que les transformations continuelles dont on retrouve la trace dans les archives et jusque dans leur texte, prirent fin précisément dans la seconde moitié du seizième siècle. Ils sont figés désormais, ils ont perdu cette souplesse et ce libre mouvement qui est le

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