Dans d'iuitre.s passasses du ms. : deiscefilds
et ce début conviendrait admiialjlement à un (iiilo. Mais la pièce, par sa longueur, dépasse de beaucoup les dimensions modestes des spectacles eucharistiques et, d'autie part, elle est divisée en trois actes, ce qui est dans le théâtre espagnol, à dater de Lope de ^ega, la pierre de touche d'une comedia. Tout l'intérêt de notre Passio, c'est qu'elle est écrite en valencien ; elle marque donc un essai, piobablement tardif, pour restaurer sur la scène valencienne une langue depuis longtemps proscrite. Le style, expressif en quelques passages, et presque toujours llmjDide, n'avait point de qualités assez personnelles pour donner à cette tentative des chances réelles de succès. Le poète intervient rarement : tout juste distingue-t-on la nuance propre de son esprit dans les lamentations de la \ierge, où le pathétique se mêle à la grandeur. Le plus souvent, les Evangiles sont fidèlement transcrits, écrasant sous une imitation littérale les velléités d'invention personnelle.
Ainsi IV////0, qui n'avait jamais dépouillé aux yeux des A alenciens un cachet dexolisme, est allé chez eux se perdre bientôt dans le grand courant de la comedia. Celle-ci pliera à ses lois toute l'activité dramatique de la cité. Timoneda, si peu original, mais desprit si pratique; Ferruz, si ingénieux, mais trop discret pour s'instituer chef d école, n'auront servi de rien; ils n'auront pas du moins exercé d'action durable. En un temps où les Mécènes gardaient encore de linfluence, le propos délibéré d'un prélat que les réformes n'effrayaient point se trouvera impuissant à faire dévier le mouvement.
Nous allons voir que le théâtre religieux ne fut pas seul à se dérober à de trop pressantes contraintes. Les mécomptes que D. Juan de Ribera éprouva, le théâtre jjrofane les réservait à ceux qui voulurent lui imposer le joug du classicisme et limitation des Anciens.