I . <i Tanibien iniaginàbades vosotros
que aqui saliera Plauto coo su Anfitruo,
o Terencio quizâ con sus niaraiias,
y os moslrarâ â su Sosia, o à su Dabo,
â Panfilo, ô â Simo con su Crèmes,
y al rebés os saldrân les pensaniienlos,
([ue totlo ha de sei- liante, niuerles, çuerras,
embidias, inclemencias y rigores.
{Parnaso espanol, VII, /|23.)
Dans ce passage, qui s'adresse aux spectateurs, il s'agit pour Argensola d'opposer ses propres pièces, où les emprunts à l'antiquité proviennent uniquement des tragiques, aux imitations des comiques latins, qui étaient avant lui tout ce que le grand public connaissait en fait de théâtre antique.
2^8 L ART DUAMVTIQUi: A VALKNCIA.
comédie de Piaule a certainement été récitée en latin par les apprentis latinistes de l'Université. La pièce avait été montée par les soins dun professeur qualifié de « poète » et qui était, en réalité, le professeur de poésie ancienne : les œuvres de Plaute étant parmi celles qu il étudiait, à lui revenait le soin d'en essayer la résurrection. Désigné pour la chaire de poésie, le i6 mars i52i, Juan-Angel Gonçâlbez l'occupa jusqu'à sa mort, survenue en novembre i5/i8*.
Plaute et Térence étaient la proie toute désignée des universitaires en mal de théâtre. Mais que leur choix ait pu, en 1537, se fixer sur Erasme, cela est digne de remarque. Les Colloques Sixaicni paru sous leur forme complète en 102^; or, le 27 juin 1027, se réunissait à \ alladolid une assemblée de théologiens pour examiner les doctrines du fameux humaniste^. L'Assemblée fut dissoute par l'Inquisiteur général, Alonso Manrique, qui était un chaud défenseur de l'accusé^, avant d'avoir abouti à aucune conclusion; mais le soin qu'on avait pris de la réunir, le fait que des partisans d Erasme avaient cru prudent de réclamer eux-mêmes cette réunion, tout cela prouve quelle suspicion pesait en Espagne sur l'œuvre et l'esprit d'Erasme. A vrai dire, l'assemblée de Valladolid n'entrava jjoint la propagande humaniste : au lendemain de ses assises, en 1628 et 1529, parurent plusieurs traductions, totales ou partielles, des Colloques. Est-ce la publication de ces ouvrages (dont l'un au moins fut imprimé à A alencia), qui donna l'idée de la représentation organisée au Siudi gênerai et qui l'excusa dans une certaine mesure.'^ Il faut plutôt en chercher l'origine dans l'activité du clan érasmiste à Valencia. Le valencien Bernardo Pércz ChinchonS chanoine de la Seu, avait
1. A. A. V., Manudl de Conseils, w^ 7O, à la dale de mardi i3 novembre i548.
2. Sur l'assemblée de Valladolid, Reuisia de Archivos, VI, 1902, 60-73, Cf. A. Bonilla, Ernsino en Espaùa, in Reinie Hispanique, 1907, XVII : il est traité des Colloques, 433-459.
3. Erasme lui-même le déclare (epist. 876). En 1529, il déclarait <[u'en Espagne ses ennemis les plus violents étaient à Salaraanque (ep. 1072).
4. Cf. sur cet érasmiste valencien, Pastor Fuster, I, 99-100.
LE PSEUDO-CLVSSICISME. a^O
public dans sa ville natale, en 1629, les Silenos de Alcibiades conipueslos par... Erasmo. Si la cathédrale elle-même n'avait point été protégée contre la contagion, comment s'étonner que l'Université se soit laissé gagner?
Après des commencements incertains, après une crise qui avait compromis au temps des Germanies jusqu'à son existence, l'Université de ^alencia connut, vers le milieu du seizième siècle, la prospérité des institutions exactement appropriées aux besoins d'une époque. Malgré les événements contraires tels que la peste de i557 qui vida les salles de cours*, le nombre des chaires et des étudiants augmenta rapidement, à mesure que croissaient les ressources financières. Mais ce progrès ne se fit pas sentir également dans tous les ordres d'enseignement. La théologie et la médecine prirent pour elles la plus large part du succès^; la médecine surtout, sous l'impulsion du fameux Luis Collado^, ne tarda point à présenter, avec ses neuf chaires et ses deux régences, une organisation scientifique dont peu d'Universités à cette époque possédaient l équivalent. L'enseignement littéraire, qui à l'origine, en 1^99, ne comportait qu'une seule chaire, celle de « poésie et d'art oratoire », souffrait d'un abandon que le génie éveillé et facile des Valenciens ne permettait pas de croire définitif, mais qui avait suffi à provoquer la suppression des spectacles, si du moins l'absence de tout document relatif à des représentations permet de conclure à leur suppression. On ne tarda point à réagir, et l'un des moyens auxquels le Conseil de la cité eut recours fut d'aller quérir au loin des maîtres sur