‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 97 sur 343 · A. A. V., Mannal de Conseils, no 78-A · texte numérisé non relu

A. A. V., Mannal de Conseils, no 78-A

LE PSEUDO-CLASSICISME. ÇîOI

le Turia'. La seconde expérience se plaça au cours des années i558 et 1009, dans des conditions analogues à la première"'*; il n'en fut pas plus satisfait et reprit le chemin de l'Aragon. A partir de 1563, l'enseignement du grec, dont on l'avait chargé, le retint à Valencia, et il faut croire que ses leçons y furent appréciées puisque, le 18 mai i56/i, on ajouta à son traitement de 25 livres une gratification d'égale importance^. Comme il n'était pas l'homme d'une seule besogne et que ses aptitudes semblaient universelles, il passa, en i56/i, à la troisième chaire d'éloquence, et sans doute ce changement lui agréa-t-il. puisqu'il s'en tint pour le reste de ses jours à la tâche assignée. Son cursus honoruni ne fut pas clos du même coup, et il sut très habilement le rendre encore plus brillant. En 1571, au moment oi!i il se sentait nécessaire à la prospérité de l'Université, il fit mine de se retirer et partit pour sa ville natale d'Alcaniz. Il eut été mairi si on l'y avait oublié; les jurats lui épargnèrent cette amertume; ils lui écrivirent une lettre pressante^ et lui donnèrent, pour le décider au retour,

1. Apologia : « Ut, Senatus \"alenliims coo-atur tertio me al) Aragonia revoeatum fovere. »

2. A. A. V., Af armai de Conseils, i\" 83-A. Le 2(3 octobre i558, Palmyrcno fut chargé d'enseigner la poésie.

3. A. A. V., Mamial de Conseils. Le il\ mai iSOa, nomination à la seconde chaire de grec. Le 26 mai i503 et le 18 mai i564, renouvellement de la nomination. Le 2 juin i,o04, nomination à la troisième chaire d'éloquence [de Oraloria).

4. A. A. V., Lletres misiues, i5ji en i5y8. G^ 54. — Al magnifich Sur lo Sor Lorenz palmireno cathedratich de oratoria en alcâniyz.

Magh Senyor.

La obligacio que tenim de portar a esta uniuersitat mestres que tinguen les (jualitats que ella mereix, y saber les moites que en v. m. concorren, y lo Iruyt que en esta republica la sua doctrina ha donat, es causa de desigar y procurar que v. m. lorne a ella; y axi hauem delliberat scriure la présent, ab la quai li pregam quant encaridament poden vulla venir y tornar a esta ciutat ab tota la breuetat que sia possible, a emplcar les sues letres com ha acostumat en ella que a v. m. lo (jue acostumaua pero en cara se allargara, de manera (|ue V. m. tinga raho destar satisfet y content; y confiant que no dexara de adherir a preschs lan justs y desta ciutat que tant lo desitha, no direm mes sino (jue nostrc senyor deu la magnifica persona de v. m. guarde com te lo poder. De Valencia a xviij de Febrer del any MULXXIIL A la ordinacio de v. m.

Los jurats de V^alencia.

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les plus flatteuses assurances. Il se laissa faire une douce violence et, le 28 mai 107/1, ^' ^^^^ promu à la première chaire d'éloquence, « avec un traitement de Ôo livres cl une gratification de même somme, à la condition de diriger publiquement une séance d'exercices pratiques et de donner en classe une leçon théorique V » .

Le 20 septembre 1077, on créa, pour développer la culture littéraire des étudiants, cincj classes et cinq « contre-classes », qui se comjDlétaient l'une 1 autre. La jDremière classe fut confiée à Palmyreno et la première contre-classe à Gaspar Guerau Monlmayor, étant bien entendu que les maîties devaient donner leurs leçons de rhétorique, de grec, etc., publiquement et qu ils y accueilleraient quiconque voudrait les écouter'-. On surprend ici chez les jurats valenciens le désir de répandre largement 1 instruction, de ne la point réserver à une élite, d admettre à ses bienfaits tous les hommes de bonne volonté. Palmyreno, dans cette entreprise, fut pour eux un collaborateur enthousiaste. Il avait foi dans la vertu des lettres anciennes et puisque dès ce temps-là, à Yalencia du moins, elles avaient besoin d'un défenseur, il s'en constitua l'avocat d'office, le champion toujours présent et toujours batailleur. A cette croisade pour une cause qui lui tenait à cœur, il dépensa allègrement ses dernières forces. Non qu'il ait ignoré de parti pris les autres disciplines : le 26 novembre 1570, blanchi déjà et accablé par tant de besognes, il se fit recevoir bachelier en médecine ^ Mais cette prouesse ne le détourna point de sa voie véritable, et lorsqu'il mourut, dans le premier trimestre de l'année 1079, ce témoignage pouvait lui être rendu que par lui l'antiquité jouissait sur les rives du Turia d'un prestige digne d'elle.

Quelle activité ne déploya-t-il pas durant les dix-huit années

1. A. A. V., Manual de Conseils, no g8-A. « ... ab que haja de Icsfir una liço de practica publica y la de theorica en la classe, ab salari de 5o libres y altres 5o de ayuda de costa. »

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