‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 98 sur 343 · A. A. V., Libro del Studi gênerai de lôfo · texte numérisé non relu

A. A. V., Libro del Studi gênerai de lôfo

LE PSEUDO-CLASSICISME. a 53

qu il passa à ^ alencia ! Aclivité brouillonne parfois, et qui s'appliquait à des besognes peu relevées, mais dont la justification se trouve dans les charges de famille qui pesaient sur lui. Il avait déjà plusieurs enfants à sou arrivée à ^ alencia ; d'autres naquirent en janvier i562, en octobre i563, en septembre i5G5, en janviei' i568, en septembre 1069*. Pour augmenter ses revenus, il écrivit, et naturellement il se consacra presqu'exclusivement aux ouvrages qui avaient chance de se vendre beaucoup, livres scolaires, recueils étlifiants et manuels de connaissances utiles. On le voit publier un « Répertoire des monnaies et mesures », ou un (( Bréviaire des malades », ou un (( Abrégé de langue grecque », ou un choix de « Phrases cicéroniennes ». Il a même aggravé son cas par le manège compliqué auquel il s'est livré pour assurer une vente fructueuse, multipliant les tirages, prodiguant les retouches et les changements de titre, assemblant dans un même volume les traités les plus divers et variant à linfini ces assemblages. Dresser la bibliographie de ses œuvres, ce serait s engager dans un inextricable dédale ; les prospectus oii il les a lui-même énumérées'ne méritent qu une confiance restreinte parce qu'ils ont été rédigés dans un dessein de réclame, et l'on excuse, à constater pareil imbroglio, les épithètes un peu vives dont le scrupuleux Mayàns l'a gratifié au dix-huitième siècle^.

Ce qu'il importe d'ajouter à sa décharge, c'est que dans ces tâches serviles il n'a compromis ni la fraîcheur de son esprit ni l'indépendance de son jugement. Chez cet homme déjà âgé, également accablé de travail et de famille, il y avait un fonds persistant de bonne humeur qui le préservait de la déchéance. Attaqué par des ennemis brutaux, revendiquant envers et contre tous l'estime que son rude labeur lui méritait, il protestait

1. Archivo de San Esleban, Libro de bautisnios, t'. 239 V., 25^ r., 269 V., 284 r., 3o3 V.

2. Cf. Lanventii Palmijreni opéra qnae hnclenus in inilgits upparaere, à la fin de la deuxième édition (lôyS) de la Primera parle de/ Latinn de repente, un des ouvrages le plus souvent réimprimés de Palmyreno.

3. Spécimen Bihliol. Maijans., io3 : « honio quippe fuit multae lectionls^ sed neque praeclari ingenii neque mag'ni judicii. »

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quciquerois, il grommelait les jours oii le sort lui était trop inclément, mais finalement la grâce d'état était la plus forte et sa verve continuait à 1 inspirej*. à peine troublée par la tempête. Aussi, en même temps que les pires aide-mémoires à 1 usage des étudiants paresseux, a-t-il trouvé le courage d "écrire des livres savoureux, tels que El Esiudioso de la Aldea et El Estudioso Cortesano, auxquels Graciân * réservait une place dans la bibliothèque de l'honnête homme. Chez lui, le métier n'a pas tué le talent ni l'initiative; il la bien prouvé le jour où il a restauré à ^ alencia le théâtre académique.

Il ne prétendait pas cueillir pour lui les lauriers réservés aux poètes dramatiques"^. Universitaire fervent, il ne s'est préoccupé que des intérêts de son Université; il voulait seulement, par ses comédies, restaurer la pratique des belles-lettres • et réformer la pédagogie courante.

Certes, les langues anciennes ont tenu au seizième siècle une place importante dans les programmes d'enseignement. A ^ alencia, les humanistes ne manquaient pas. Les uns faisaient montre d'un savoir universel, à la manière de Jaime-Juan Falcô (i522-i594), qui cultiva avec un succès égal les mathématiques et la poésie, et dont les œuvres, Operiim poelicarum libri quinque , imprimées pour la première fois en i6oo, étaient parvenues en i647 ^ ^^'^'' quatiième édition. Les autres excellaient dans la besogne plus modeste du glossateur, tel Jeronimo-.Iuan Burgues, qui dressa avec une jîatience et une modestie exemplaires un lépertoire du vocabulaire latin que Pedro Juan ^>ùriez avait employé. Les femmes elles-mêmes rivalisaient d érudition avec le sexe fort; le lo novembre iSgS, dans une séance académique, deux \alenciennes, Dona Maria Ponce et Dona Madalena Cifre recevaient d'un juge aussi compétent que le licencié Escolano des éloges publics pour la solidité de leur savoir et leur connaissance des lettres anciennes \

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