‹ L'art du boyaudier: mémoireChapitre 4 sur 6 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

DES BOYAUX INSUFFLÉS.

' L'art du boyaudier consiste à débarrasser la membrane ou tunique musculeuse des autres membranes qui constituent l'intestin (i). Pour y parvenir, on emploie successÎTement, dans la préparation d^ boyaux soufflés, les opérations suivantes: i». le dégraissage, a", le retoumage, 5**. la fermentation putride, 4°- le ratissage , 5*. le lavage f 6". XinsuffltUion, 7">. la dessication, 8". la dèsinsufflation , 9". Vaunage, 10". le soufrage, 1 1°. leployage. "Nous allons exposer, dans des paragraphes séparés, chaque opération, après avoir fait connaître l'atelier où se fait le premier travail.

DE lVtelier.

On ne peut dépeindre le sentiment pénible et le dégoût qu'on éprouve lorsqu'on entre

(i) Les anatomistes actuels ne reconnaissent dans les intestins que trois membranes : l^externe se nomme péiitonéalej la secoade ) musculeuse ; et l'interne j muqueuse.

|iour la première fois dans une fabrique de boyaux insufflés. Qu'on se représente un local de I a à 20 pïeds de long , sur i a ou 1 5 de large et de 10 à II de baut , clos dans l'hiver , et les croisées ouvertes en été, entouré de vieilles fiitailles de la capacité de aSo litres ; dans le milieu de cette enceinte , des bouts de bois descendant su£Qsamment pour attacher des agrafeis , et quelquefois scellés au sol ; à côté , des baquets plus ou moins grands , et tous ces vases, ou la plupart , contenant des intestins en pleine pu- ' tré&ction ; les vases incrustés, pour ainsi dire, de matières à moitié corrompues; le sol , s'il est pavé , toujours plus qu'humide par les matières fécales et le déchet des boyaux dout il est parsémé; s'il n'est point pavé, présentant plusieursmares où de l'eau fétide séjourne, comme pour augmenter encore les cames de l'horriblepuan- ' teur qui vous environne en se répandant au loin.

Près de l'atelier , ordinairement dans le jardin, se trouve un trou de 6 à 8 pieds carrés , dans lequel ou jette les excrémens et les morceaux de boyaux rebutés. C'est sur-tout quand on vide ce foyer d'infection que l'odeur se développe avec violence.

Toutefois, il est nécessaire de le relater pour

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les ouTiiers, ascez nombreux^ qtii se livrent à Ce travail ne sont pas plus soavent malades qae s'ils s'occupaient de tout autre métier : ils sont ifnpr^nés d'une odenr fade et nauséabonde, qui ne les quitte pas , même après leur toilette du dimanche, et qu'on reconnut Ëicilemeat pour peu qu'on ut fréquenté leur atelier.

Âpres s'être prvcuré les boyaux grêles de bœufs et de vaches , que le boyaudier va chercher aux abattoirs deux fois par semaine, soit dans des hottes, soit dans des voitures, selon sa plus ou moins grande exploitation, il les dépose dans des tonneaux défoncés, pour les dégraisser le i^us tôt possible ; car l'ouvrier a observé que plus il tarde, plus le dégnôssage devient difBcUe.

Quand il veut opérer, il met une quantité donnée de boyaux dans un baquet avec un seau d'eau; il prend un des bouts, qu'il passe sur une agrafe placée siu* un morceau de bois et à 6 pieds environ de haut; il tire environ 3 pieds de long du boyau avec la main droite, et de la main gauche il passe une portion d'intestin sur l'agrafe, de manière à former une sorte de nœud ; cela fait , il prend la portion

pouce et l'index de la main gauche. De la maia droite 9 il tient un couteau semblable à ceux dont se servent les charcutiers, ^et avec adresse le fait glisser sur l'intestin jusqu'auprès des doigts de la main gauche , de manière à enlever le tissu graisseux , et portion de la membrane péritonéale ; ensuite la main gauche baisse en tenant toujours de la même manière l'intestin; le couteau agit comme on l'a déjà indiqué, jusqu'à ce que la portion pendante soit dégrais* sée. Cela opéré , de la main gauche l'ouvrier défait lenœud , tire de la main droite une seconde portion d'intestin égale à la première, et suc* cessivement arrive au dégraissage complet du boyau.

Chaque ibis que l'ouvrier trouve une déchirure, ce qui arrive souvent, les bouchers agissant avec peu de précaution pour enlever le suif qui adhère à l'intestin , il coUpe cette partie, qu'il jette dans le baquet des boyaux déjà décaisses.

L'eau que l'on jette sur les boyafux est nécessaire, seulement pour les humecter^ afin que le couteau glisse sur la membrane musculeuse sans l'entamer ; s'il l'entamc', le boyau est coupé en entier et forme un morceau.

La graisse tombe par terre avec partie des matières fécales ; cette g^raisse est ensuite lavée

dans des baqaets 9 et étendue sur des claies pour la faire sécher. Fondue, elle produit des suifs communs : les boyaudiers font rarement cette dernière opération.

ao. Rètoumage ou ini^agiruUion.

Après le dégraissage, les bojaax de boeufs sont jetés dans un envier à moitié plein d'eau ; un des bouts est pris par la main droite de rouyrier; il y introduit son pouce à une ptofondeur d'environ i8 lignes, et presse ledit pouce par l'index et le médius ; avec la main opposée fait recouvrir ces deux doigts par le boyau qu'il retourne , les plonge dans l'eau ; tandis -que de l'autre main il tient le boyau perpendiculaire. L'eau qui est entrée dans l'intestin au moyen de l'écartement des doigts , jait, parson poids, glisser la partie supérieure, et par nn léger mouvement de la main , ainsi que par de nouvelle eau qu'on introduit de temps en temps de la manière déjà indiquée, il se trouve très-promptement retourné. Alors un des bouts est jeté sur le bord de la cuve, et quand il y en a une assez grande quantité , une ficelle de moy^me grosseur, ayant un nœud coulant, en forme im paquet. On, continue le

rétournage en formant de la même manière des

paquets, dont chaciin conjfcieixt le plu9: ordînaîrement le. produit de.deux .ventres ^de bœufs.

y. FermerUation putride.

' Souvent avant le retoumage , faute de temps ou par négligence , les paguets de boyaux sont jetés dans des tonneaux défoncés et posés debout avec rhumidité assez abondante qu'ils retiennent, mais sans autre addition d'eau. La corde de chaque paquet pose sur le rebord su-* périeur du vase, dans lequel on en entasse environ les trois quarts de sa contenance ; et ces paquets déjà fétides sont abandonnés pendant plus ou moins long-temps, selon la température dé Tair.

En hiver , ordinairement , il faut de cinq à huit jours ; en été, deux ou trois jours suffisent.

Lorsque la fermentation est assez avancée, ce que les ouvriers reconnaissent aux bulles d'air qui viennent crever à la surface , ils passent à Topération suivante. Il arrive sur-tout en été que la putréfaction marche trop rapidement , et qu'ils craignent la perte de leur marchandise : ^ alors ils jettent dans le tonneau un verre de vinaigre , qui arrête la fermentation et . leur * laisse le temps suffisant pour IravaiUer les boya^ox.

main droite , le met dans la inaiii gauclie, l'ongle du pouce de celle-ci appuie sur l'intestin, qui est pressé sur l'index, tandis qu'elle tire de la main droite. Après en avoir tiré environ une demi-brassée , l'autre face de l'intestin est reprise pour subir mênle opération ; ensuite on le trempe dans l'eau ; celle-ci enlève la membrane muqueuse ratissée qui reste encore à la surface, et lubrifie encore l'intestin, qui glisse d'autant mieux sous l'ongle.

Le boyau contient encore partie de la membrane péritonéale , le couteau dans le dégraissage n'en ayant enlevé que le tiers environ.

5». Lavage.

Quand leS boyaux sont ratisses , en )e jette

dans des cuves pleines d'eau , qu'on change une

ou deux fois par jour, en les remuant chaque

fois pour les faire dégorger. On les laissé ainsi

(47) pendant deux ou trois jouis, ayant soin de renouTelerl'ean. Celle-ci sort, les premières foif, trouble et fétide. Les do-nières eaux sont plus claires, quoique un peu colorées et toujours fétides. Ce liquide of&e à sa surface une pellicule irisée arec quelques bulles , sur-tout les ivemi^esfoia.

6". InsuffUition.

Les lavages terminés , l'ouTrier , qui a Êùt la première opération , c'est-à-dire le dégraissage, met sur sa poitrine une espèce de bavette en cuir, nommée boudier; il implante son couteau sur le rebord du large baquet qui contient les boyaux dans l'eau , de manière que le tranchant ' de la lame se trouve en face de lui; on peloton de gros fil est placé à côté , et le bout trempe dans le baquet. Il met à sa bouche un cylindre creux de roseau ou autre de 5 à6 pouces deloDg; il introduit le bout de ce cylindre à Torifice de l'intestin, qu'il serre avec sa main gauche; il soufîle en étendant le boyau , avec la main droite; si le boyau n'est pas orcvé dans toute sa longuenr,il est adapté aa bout avec ooe autre longueur de boyau , et l'ouvner dit b ligature des deux bonts ; il souffle la première pottioa , la main gauche presse près du tube, «t de ht main droite il eutoore Je boyan avec un fil ^ l<«

noue, et présente au couteau le fil ainsi que le bout de bojâu noué et non soufflé, il renlève en en laissant environ un demi-pouce de long, pour quelle nœud ne glisse point; il reprend l'autre bout, le souffle à son tour, et lorsque

. • cela est fait ^ l'attache avec . un autre bout de boyau, qui est ensuite soufflé. Si le boyau o^ce un trou peu considérable, après avoir soufflé, l'ouvrier le découvre eh faisant passer successivement toutes les parties du boyau déjà soufflé

I dans l'eau , et en les pressant un peu, le bruit que fait l'air en venant crever à la surface de ce

' liquide le lui fait apercevoir : alors il pince cette partie d'intestin, la double et l'entoure d'un fil,

. qu'il noue d'une seule main; le houdier^appujaint contre le baquet, presse le fil qui fait résistance, et de cette manière on peut facilement faire le nœud; le fil est coupé en présentant le bout au

, cou t^u, et le morceau de boyau eu même temps, s'il est trop long. Ensuite une ouvrière attache les bouts de fil de telle manière que le canal intestinal est comme étranglé par plusieurs ligatures , dans sa longueur.

A mesure que les boyaux sont soufflés., et quand la surface du grand baquet est remplie ,

«on les met dans un très-grand panier d'osier pour les^porter au séchoir.

Pendant cette opération^ les boyaux répandent

une odeur des plus infectes, et qui se fait sentir au loin , le séchoir étant en plein air , et l'air qui s'échappe souvent des boyaux qu'on souffle en étant imprégné. Le même ouvrier ne peut pas souffler plus de trois jours de suite , ses mains seraient pour ainsi dire dépouillées, et sa poitrine fatiguée. Malgré l'habitude, il sent alors l'odeur qui lui prend à la gorge^ cet organe recevant presque chaque fois qu'il respire le refoulement de l'air qu'il a fait entrer avec force dans le boyau , et qui en sort infect.

7<*. Dessication*

Le panier est porté près du séchoir, qui est ibrmé de longues perches en bois, clouées horizontalement sur des piquets en bois , de Ô à 6 pieds de haut, et scellés de loin en loin dans la terre. Les boyaux sont étendus de manière qu'ils ne se touchent point. On les laisse à l'air jusqu'à leur parfaite dessication, ce qui demande plus ou moins de temps , selon la saison et le nombre de ligatures, celles-ci étant plus longues à sécher , et aussi selon qu'ils sont plus ou moins bien dépouillés de la membrane muqueuse et de la graisse ; en général il faut de deux à cinq jours.

Si le temps est pluvieux^ on est obligé de les

là des ouTiières tenant dans la maîn droite une paire de ciseaux prennent les intestins , le» percent avec la pointe de cet instrument pour chasser l'air, et coupent avec les ciseaux, le plus près possible de la ligature , la portion de boyau qui n^a pas été soufflée, et ainsi de suite à chaque point d'attache, en pressant Siïccessiyementdans toute la longueur pourchasser l'air.

9". Aunage.

Lorsq Jon a une certaine quantité de boyaux de d^ssoufiès , l'ouvrière les mesure par paquets de quinze aunes, dont elle fait une espèce d'éche- Tcau très-large, qu'elle attache arec le'bout du

boyau , de manière qu'à l'endroit de la ligature celle-ci offre une sorte d'anse destinée à les enfiler dans une broche en bois. On laisse ces paquets dans le cellier poiir qu'ils s'imprègnent bien d'humidité , ceci est indispensable pour la réussite xle l'opération suivante.

10®. Soufrage.

Le soufroir est de diverses dimensions selon l'importance de la fabrique , je le suppose de 6 pieds de haut et de 5 pieds en tous autres sens. On met à la partie supérieure cent paquets ou davantage de boyaux enfilés par leur anse^ à un ou plusieurs bâtons , et encore très-humides; s'ils ne le sont pas assez, on les asperge d'eau avec un balai , qu'on trempe de temps en temps dans ce liquide. Od pose à la partie inférieure une terrine contenant environ une livre de fleur de soufre; on jette dessus des charbons allumés et on ferme la porte, sur les jointures de laquelle on applique des bandelettes de papier enduites dé colle , ou plus souvent on bouche les interstices avec de la terre délayée dans l'eau. Auboutde quelquesheures, on ouvre la porte , et après le temps nécessaire pour laisser dégager les vapeurs d'acide sulfureux, on retire les boyaux.

• Cette opération n'a été appliquée aux boyaux

de hosafs que depuis i8i4* Les boyaudiers^ qui travaillent les intestins de moutons l'ont faites les premiers, et la phis ancienne fabrique de boyaux soufflés , malgré la routine , a été obligée de l'adopter ensuite ; car outre l'avantage qu'elle a de blanchir le boyau , elle a encore celui de détruire en partie l'odeur, et d'empêcher que les mites ne l'attaquent aussi facilement, quand il est mis en paquets et ceux-ci livrés au commerce. Ce procédé est une très-grande amélioration pour l'art qui nous occupe.

Depuis long-temps , on blanchit la colle de poisson par le même moyen.

' ^ ' !!•. Ployage.

Les boyaux soufrés sont rapportés au cellier. Etant suffisamment humides , l'ouvrier prend un des paquets , choisit le bout qui présente les ligatures les plus rapprochées , en fait plur sieurs doubles de 6 à 8 pouces de long , et ensuite entortille à l'entour le restant du boyau, .qu'il arrête à la fin , en faisant passer le bout sous le dernier pli. Le paquet présente la forme d'un fuseau effilé par les deux bouts.

Cela opéré , les paquets sont portés au magasin , et mis dans des cases aérées qui en contiennent cinq cents. Pour les livrer au comn^erce, on les emballe dans des sacs qui contiennent la

même quantité, on y ajoute dti poivre', du camphre, etc.

Nous avons eu occasion d'en expédier une -assez grande quantité en Portugal , ils ont été «mballés dans des tonneaux ayant contenu de 4'esprit de vin. .Ce n'est qu'un an après que la vente a pu s'en opérer, et ils se sont trouvés aussi parlaits qu'en sentant de la manu&cture.

Nous croyons n'avoir omis rien d'essentiel dans la description de l'art de fabriquer les boyaux soufflés , qui , presque dans toutes ses opérations , est accompagné d'une grande fétidité : aussi une fabrique de boyaux de boçuEs, pour peu qu'elle soit considérable , répand-ette au loin une odeur infecte, et son voisinage estil des plus incommodes; on la fuit, et elle devient l'objet de plaintes fréquentes adressées à rautorité. Ces plaintes sont fondées; cependant les ouvriers qui travaillent dans ces fabriques doivent vivre, et lenr art, quelque dégoûtant qu'il soit y est une branche de revenu pour îa France et sous ce rapport doit être protégé : c'est dans l'intérêt de ces ouvriers que notas avons entrepris des expériences ayant pour fout de faire faire- quelques progrès à l'art qu'ils exercent , et de rendre supportable le yoisinage- .d«8 ^briques.

' Ces expériences ont été assez nombreuses:

nous allons en citer quelques - unes qui n'ont pas été couronnées de succès , mais qui serviront à empêcher qu'on l& tente de nouveau ; à la suite viendra celle qui nous a constamment réussi en petit comme ^i grapd , et qui, vu la modicité du prix da réactif , est toujours applicable ; nous déduirons , en second lieu , les raisons qui nous font désirer que ce réactif com- 'pôsé reste inconnu. Nous espérons que ces raisons seront appréciées par ceux à qui nous les soumettons. Ensuite nous indiquerons la différence que présentent les intestins des herbivores et des carnivores dans la préparation des boyaux soufflés , et enfin nous terminerons cette première partie de notre Mémoire par Texposé des améliorations dont Tart du boyaudier nous parait susceptible.

BXPIÉRIENC^S.

!<>• j^vec la potasse. Dix mètres boyau de bœuf invagi né étant un peu fétide , ont été mis dans un pot de grès avec a4 onces d'eau et I once sous-carbonate de potasse, après dix heures de macération l'odeur n'était pas détruite. La membrane muqueuse s'est détachée comme une espèce de putrilage , mais avec plus de difficulté que sur le boyau feriâenté.

xnent entraîne une matière grasse de couleur

blanche.

* Ce boyau n'a pas été soufflé.

4<'. ^i^ec V acide nitrique. Une demi-once eauforte du commerpe avec 24 onces d'eau ont été xhises dans un pot de grès avec 10 mètres boyau de bœuf fétide , Todeur a persisté. L'intestin a été crispé par la macération ; il a un peu jauni. La membrane muqueuse a été recuite, suivant l'expression de l'ouvrier. Elle s'enlève avec peine après dix-^huit heures de macération , et offre l'aspect d'une espèce de corps gras. Ce boyau n'a pas été soufflé , parce qu'on a vu que cette expérience ne pourrait dans aucun cas offrir un moyen applicable.

5^. j4vec tcLcide muriatique. Mêmes phénomènes qu'avec l'acide nitrique ; néanmoins le boyau n'est p^s aussi racorni , et la membrane muqueuse adhère un peu moins. Cet acide n'offrant aucun résultat-favorable , le boyau n'a pas été soufflé.

6®. Avec Facide mutiatique oxigéné. Quatre onces acide muriatique oxigéné , 24 onces d'eau fet 10 mètres boyau de bœuf fétide ont été mis dans un pot de grès, l'odeur a été diminuée; mais non détruite : il aurait fallu augmenter la dose , et sans doute qu'alors le boyau aurait été altéré. Les frais , quoique cette substjstnce soit ^

îâ'un vil prix, n'en permettraient pas rapplication • Du reste l'expérience ci-dessus a permis le décollement de la membrane muqueuse, et le boyau a pu se travailler comme par l'ancien procédé. Il n'est pas plus blanc. Après dix-huit heures de macération , l'odeur était aussi fétide qu'au moment où nous avions versé dessus l'acide affaibli ; mais la putréfaction n'était pas aussi avancée que sur pareille quantité de boyau que nous avions laissé macérer d'après le procédé usité. Il a été soufflé et n'a rien présenté de particulier.

7^. Avec le vinaigre. Quatre onces vinaigre ordinaire, il\ onces d'eau, lo mètres boyau de bœuf fétide, ont été mis à macérer pendant dixhuit heures; la fermentation s'est arrêtée, et n'avait pas reparu au bout de pareil nombre d'heures. La membrane muqueuse s'est détachée , ce moyen serait trop coûteux pour être employé en fabrique ; d'ailleurs il est douteux que la membrane muqueuse se détachât , si le boyau frais était mis dans ce liquide. Il a été soufflé.

8**. Avec Vcdun. Le boyaiî est comme racorni , l'odeur non détruite. Le résultat est àpeu-près le même que dans l'expérifnce avec l'acide sulfurique ét^^udu de quarante-huit par-

lies d'eau : ce lac^en ne peut pas être employé^ n offrant aucun avantage.

90^ jivec la saumure. Deux onces muriate de soude, a4 onces d'eau et 10 mètres boyau de bœuf fétide, ont été mis dans un pot de grès^ l'odeur a persisté. Au bout de dix-huit heures, l'odeur était la même , mais elle n'était pas augmeptée % la membrane muqueuse s'est assez bien détachée. Quand le boyau est mis récent dans cette liqueur , elle ne se détache pas , même après deux jours de macération; s'il en était autrement, ce moyen serait applicable, on en serait quitte pour ençtployer des boyaux fr^is. Ce procédé se rapproche un peu de celui em-> ployé par les Anglais, qui ne font que saler les boyaux. Ces derniers sont peu estimés par rapport aux impuretés qu'ils contiennent, et à l'odeur qu'ils répandent quand on les dessale pour s'en servir.

io<». Avec le cliarbon en poudre. Du boyau fétide a été saupoudré de charbon pulvérisé en assez grande quantité pour en laisser à la surface une couche d'environ un pouce ; la putréfaction a été arrêtée , la membrane muqueuse s'est détachée le lendemain ; l'intestin, mis dans l'eau , bien lavé , a repris de l'odeur : on a mis à dégorger, il est noirâtre. Suffisamment lavé,

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(59) on J'a soufflé , et Fodewr s'est fait sentir avec violence. Il çeoible qufe la putréfaction n'a; été suspendue pendant : un. nsioment «que pour faire sentir ses effets, dans c^te dernière opération^ d'une manière encore plus forte que pdr le pro-»cédé eroplooré jusqu'à Die jour.

Ce boyau ne serait pas y endable*

jfo. Jvec notre réac^. Quinze paquets de boyaux dégraissés et retournés ont été mis dans un tonneau, leur odeur était très -^ fétide , ce qui n'est pas étonnant, attendu qu'en arri-tvaut des abattoirs ils sont le plus souvent dans cet état.; ou a versé dessus environ so litres d'^u contenant di^ réactif poui* la valeur de JciO centimes. Le tout a été remué , la putréfac* tion a disparu, on a laissé macérer douze heures en remuant de temps en temps. La température était, pendant cette expérience, comme dans les plPécédentes, de lo à la degrés thermomètre de Réaumur.

Après douze heures de macération , la putré« faction n'avait pas reparu ; les boyaux ont été mis dans un baquet presque plein d'eau, ratisses facilement, lavés et dégorgés selon la méthode ordinaire ; ils sont plus blancs que par le procédé usité. Ensuite ils ont été soufflés, sans pour cela répandre l'odeur fétide des boyaux fermentes. L'insufflation est la vraie pierre de touche

de cet art ^ et la premiète fois nous'avoiis pu croire, sans trop d'amour-propre, être arrivés à tin résultat heureux (i). En effet, outre la disparition de la fermentation putride, notre procédé faisant décoller plus promptement la membrane muqueuse, le boyau devait conserver plus de ténacité et de force, ou, comme le disent les ouvriers , plus de nerf. L'expérience a coniGriné ce fait.

. Les boyaux sortant du ventre de Tanimal, et étant mis à macérer avec le réactif étendu d'eau; laissent décoller la membrane muqueuse aprèft douze ou quinze heures de macération (a) ; ils sont beaucoup plus blancs , ce dont on pourra se convaincre par la vue des échantillons. Dans

(i) Voulant être plus sûrs de la réussite de cette expérience , nous avons remis au fabricant le plus occupé notre réactif, et deux jours après on nous a écrit : ce Cette épreuve est des plus spirituelles : elle absorbe Codeur et dépouille la membrane muqueuse f elle rend le boyau trèsblanc, et ne laisse que P odeur d'un boyau de porc que l'on prépare pour manger. »

Un membre du Conseil de salubrité , dont les sciences , et 8ur«tout la pharmacie, pleurent la perte récente , a été témoin d^une expérience semblable. Voyez le Rapport du Conseil dé salubrité , 1820.

(2^ Il faut bien moins de temps. Voir ^agc y 5 de ce Mémoire.

montrée. Ils sont séchés et subissent les autres opérations d'après la méthode actuelle, et peu- vent être livrés au commerce avec au moins le même avantage que les boyaux de première qualité.

Les quinze paquets dont nous avons parlé fournissent a8 à 5o carottes : ainsi la dépense que ce procédé occasionne ne s'élèvera pas à plus de 3 à 4 pour loo de la valeur de la marchandise fabriquée, laquelle, étant plus belle, ol>tiendra un débit plus facile. D'un autre côté, le febricant éprouvera moins de déchet , attendu que la fermentation détruit la ténacité des boyaux ; ce qui est prouvé par la plus grande difficulté queJes ouvriers trouvent à dégraisser un boyau déjà avancé , lequel se troue dans c6 cas bien plus facilement. Ces causes n'existeraient pas, que la salubrité publique devrait commander l'adoption de notre procédé. La routine et les préjugés s'y opposeront peut-être.

Il nous est pénible de ne point faire connaître ici le réactif qui nous a si bien réussi ; nous sentons la défaveur que cela peut jeter sur cet écrit , on pourra croire que son auteur est un homme guidé par un intérêt sordide ; mais on voudra bien considérer que, malgré les défectuosités que la fabrication des boyaux de boeufs

préparés à Paris offre dans quelques-unes de ses parties, ils ont néanmoins conservé la préféT . rence sur ceux qui sont apprêtés dans d'autres pays. Que si l'on enseigne aux étrangers uo moyen plus simple et plus efficace de fabrica* tion , Paris peut se voir frustré d'un des produits de son industrie assez important, puisque la capitale de la France consomme, année comr mune, 88,1 55 boeufs ou vaches (i). Chacun de ces animaux peut fournir une carotte et un quai^t au moins de boyaux soufflés, et bien davatitage si les bouchers enlevaient la gfaisSse ayec plus de soin : en prenant le plus bas prix des pfo^ duits, ce genre d'industrie attire dans la capitale de la France 66,1 1 5 francs 80 centimes pour leà boyaux de bœuf seulement , le prix des balles de cinq cents paquets fixé au meilleur marché , c'est-à-dire à 3oo francs, tandis que nous en

• (1) £iiiÔi49 Pa>^ 6^ l>6s cûmmunes rarales ont consommé 80,752 bœufs ou vaches , en i8ai ce nomboe s^est élevé à 92,121. Nous avons pris le terme moyen de la consommation des dix dernières années « dont nous devons la connaissance précise à Pdbligeance de M. le directeur de la caisse de Poissy , qui a bien voulu nous permettre de compulser ses états.

La progression de la consommation des moutons est encore plus forte : il en a été tué , en i8i4 9 3i2 1,438"; «t en 1821 , 389,730.

avons acheté jusqu'à 760 francs la balle. Avant qu'on ne connût Ja manière de préparer ces boyaux, ce qui n'est pas très-ancien, leà inkes<tins de boeufs étaient jetés comme inutiles.

La consommation de Londres est générale-^ment reconnue un tiers plus forte en be«tiaiii que celle de Paris. Si ce genre de fabrication était connu dans la Grande-Bretagne, nul doute que ces insulaires ne cherchassent à nous priver d'un produit qu'ils pourraient exploiter à notre détriment , en faisant de grandes expéditions en Espagne et en Portugal, où s'en fait la plus grande consommation , et où ils servent à conserver des comestibles animaux. Les Anglais feraient baisser les prix par des sacrifices que nos fabricans ne pourraient isupporter , et une fois la destruction de nos ateliers opérée , ils seraient exclusivement possesseurs de ce genre de coinmerce, qu'ils sauraient ensuite rendre lucratif. Le commerce anglais connaît celte manière d'opérer, et l'industrie de son pays s'en trouve bien.

Que si l'on nous dit qu'une fois notre procédé admis dans nos boyauderies , il sera divulgué par les ouvriers, sans honneur pour celui qui l'a appliqué le premier , nous répondrons que l'intérêt particuUer nous rassure, et que si cela arrive, nous aurons fait tout ce qui a été en

se formait que par une forée crisullisaole. Je relaie avec naïveté les raiflosinemetts qui oeeu-^ paient mon esprit

Depuis plus de deux ans que j^ai observé cette double propriété de l'eau de Javelle , f^i pu ipHnstruire , si je ne 1 étais déjà , de Topimoa des chimistes célèbres qui se sont occupés du chlore et de ses combinaisoos, tels que MM. Ber^ thottety Fauquelin^ Thénarà^ Gay-Lussac, W!etther^ Das^, etc. Je n'ai trouvé cette substance* usitée que pour )e blanchiment, et ce n'est ^ même qu^'en relisant avec soin notre BerihoUet^ que j'ai trouvé sa composition , qui n'est pas décrite dans les ouvrages élémentaires.

A l'époque où je m'occupais de détruire ou de prévenir la putréfaction des intestins de ' bœufe et d^obtenir le décollement des membranes , j'avais bien présent à l'esprit le beau travail de M. BerthoRet sur le blanchiment par Tacide muriatique oxigéné; je savais qu'il disait, à propos de !a lessive de Javelle (i) : « On » ne peut blanchir avec Faeide muriatique oxi- » gêné engagé de cette manière avec l'alcali, » qu'une quantité de toile bien moins consiv » dérable que celle qu'on blanchirait avec la » même quantité d'acide muriatique oxigéné,

(f) Volume II des annales de chimie j page 179.

^ ^ttî MTâil; simplôttient combiné àvet Icatij » pat*ce qu^il sQ fortn^ tm «el neutre^ qtii est à ccânti à préf^eftt souê le ûooi de muriate oxi« >3 g^në de polâès<$ * ; ttiàis plein de cette idée 4 que ce sel ne me paraissait se former qu'au mo* ment de la ûristallisatioi^ , j'ai considéré Teau de Javelle comme tin chlorure d'oxid^ très-aldalin , qui fotil^nirait facilement et d'une manièfe constante et égale le chlore. Le âuccès a cou-» ronrié mes idées, que je dois sana nul donte aux chimistes déjà cités. Le peu d'hdnneur at^ taché à une application heut^ense n'est que le fruit obtenu de ta méditation de leurs écrit».

Quoique eonyaincu que le chlorate cEe pa^ tasse contenu dans Feau dé Javelle , si cette li^ queur en contient, n'eset^çait auetjné acMon pour détruire la fétidité , j'ai ^ulu en étfe c^^ lain, et j'ai m'^s à macérer lé qua¥t d'un bo^aa de bœuf très-fétide dans A oneéê de dissoltitkiipa satin*ée de chlotate de posasse pilt*, <t allongée ensuite de a 4 ondes d'eau ; la pdtréfiatctiotf n'k pas été dinrinuée. .1

J'ai pi*is ensnife 4 onee^ de la tnêttie aelMion , que j'ai chargée de eklore à k lempéfamt^e oddinaite , f ai ajouté 14 onces d'eau , eett« Kqoecr a été vergée %ttr PintesPlin de hot\^ fétide. L*action est la même que ai l'on employai! égale quantité d'acide mttriatiqâe otigéné. ( €ette ac-

|icm est déicrite page 55 de ce Mémoire. },Ij& fétidité diminue d'abocd, quql^ue temps après elle reparaM; ; mais elle .e$t 1>îqa moins forte que celle de pareil intestin. qui. a continuée fermeater.

Voulant, m^assurer si le chlorure de chaux, qjui i d'après M. . Welther , ne contient pas dç chlûrale , agirait aussi bien qqe^ Feau de Javelle sur les boyaux fétides, j'^n ai mêlé 4 onces avec a4. QPces d'eau ;^rodeur du chloie, se.fai* saàt .sentir mpins que sur pareil mélange d'eau de Javelle et d'eau. Ce chlorure calcaire a été versé, sur :à*péu*près ao aunes boy^u de bœuf 'très -ifétxde , il[ s'ei^t ^ prpduit une effervescence assez vive; .l'odwr.a.été détruite. . ;, \

i VingÇ-quatçejheures après j les deux ^terrines 4e boyaux, l'une avec l'eau de JavelljB ^ Tautrie avec le .chipruire de^ chaux, n'exhalaient encore que l'odeur de chlore : ^près ttente-deux heures, l'odeur fétide a prédominé^ dans ;celle qui con* ttenail: • l'eau : de Javelle et l^es boyaux ; * Je même effet ne s'est fait sentir dans la tiçrrine qui con- ,tenaÂt les .int4$stins dans l^e phjlorure de chaux -(]pe trois heures plus ^ardi.Gjette dernière subs^ (lance i7i€/Mira/^ donc un doussième environ plus -antiputj^ide. i^'odeur a été de; nouveau plusieurs :fois détruire dans ces mêmes intestins , que J'ai gai'd:é9 dfi cette ms^uière pendant seize

(69> jours j la tenipéeattire', 'j^eodant' cet espace do temps^ a été de i6 à a3 degrés du thenoomètre de Bîéaumar,

Il m'a paru assez cufiecri[rde déterminer, sÎQOft d'une manière absolue, du laoins approximative, si la propriété antiputride de l'eau de la-* yd[le*et:du chlorure de diaux pocmût se i*esiu'er comme leur qualité déûolpraateyou pintô* si celui de ces corps- qui déoc^ore le plus forte^ ment était, aussi celui qui £siit cesser plus lon^ temps la putréfaction. Sachant, d'après M. Berw thollet, que le sulfate d'indigo ne peut être con*l sidéré coœine un réactif exact pour l'eau de Javelle, cette liqueur contenant de l'alcali à nu (i), j'ai employé une décoction de Goehe*^ nille préparée comme suit: i gros de cochenille en poudre a été mis à bouillir dans '6 once»

d'eau distillée , l'ébullition a duré assez de temp» pouîr n^obtenir que 4 onces de Uquide filtréw J'ar pris I once de>ce tlecocUun, dans lequel j'ai ajouté 'Ào onces d'eau pure ; j'ai versé peu à pea en agitant , du chlorure de chaux étendu comme» je remploie pour arrêter la putréfaction, il en; a fallu, pour arriver au point de ne plus déco-^ lorer la décoction , a onces ; même quantité d& decoctum de cochenille a exigé, pour produire*

AaaaaaanaMi**

(t) Annales de chimie ^ voL II , pa^e 188^

(70) un effet pàral k oelui de la dmiiièpe expériemset a Onces 4 #^* ^'«iau de J^a Velle éteùdue : d'qù il suit que le chlorure de chaux que fai employé^ a une fapcé déoèlorante un cinquième plùa cdnftidérâble qcie Teau db jTaveUe dcmt ye^ me aaiis setvû

- Le chloniire de ofakua n» pamissaiit enrâf e te àbf illeyr' anttjkittidé qun Fean de lavette , il mé restait à fléteramner s^ ce cUonire a la prô^ priété de î^iciKter le déooUemènt de la diciibbraiira Hmqueuse • des iutestins récens de bœuf^ soiid les yeux de p^ersoojpies trèsi^veisées dans la chi-f mie et dans les atfst qui se rattachent à cette belle science, j'ai fait la double expérience ci-^après: un boyau de boei:^ sans odeur a été séparé en deux [iartîes^ ;et chacune mise dans un pot de geès; on a ncràé aOr Jtm l'eau dé JaveUe éteiidue d'^au i et auF l'autre raême cpiântité de cblorure <Ik. dhauk également étendu d'eau. Apeès deuiq Ibe^tes d^ macéralion , l'oun^l^ier a enteyé. la VMnbrane muqueuse en. pressant avec Ton^e ^ de la manière déjà décrite^' I^e boyau qui st séjourné dani» T^u die Javelle k laisse détacher très-facilement V ceiui quia macéré dans le chlor rilre de chaux exige une pression un peu plus, forlie. Taî cru pendant ujo moment que ce moyen pourrait être applicable; mais un nouvel examen m'a fait juger le contraire.

Vné dioàe fort ftingulière dans Faclkm db Teaiu de Javdle sur ks tntcâtîtis, c'ent^qu^eUe est beaucoup plus forte sur ceux île aaoutm que «ur oeux de bcBuf ^ tandis «pie la potasse me p»- «iât agir d'une. manière îmtase* J'ai essayé de iaire trayailler les boyanx de mouton atte celt^ liqueur étendue d'eau , les oecdes que j'ai ob^ tenues étaient tenàedeijaunes^ L'aclÛMa du chlore était bien évidente , et la couleur m'a fait jugtt combien son action sur les matières animales était bien décrite par M« Berthollet dans Vj^rt dé i» ùeinttme^ Je erois que la -conteRtilre des fibres dans les diverses ^espèces d'iilteslinl pedi «oGpItfaer ce finti

Pouf donner na iaorlérét diimique h cette note, on devrait faàve encore plusieurs expériences., entre autres ceUe de déterminer si dans le mo*nent ou la putcéûiction se détruit^ il se fonne vme oombinaismi^ quelle est la Miture du ok des gaa qui se d^^agent^ ete»; mais il y aurait de la témérité à mot , qui pcnt^tre n'ai jamais possédé assez d'aptitude pour me livrer avec suoeès à des recberches, et qui depuis quinse ana me suispresqae uniquement occupé d'une partie de la chimie qut ne demande que la rigoureuse etaetitnde des procédés reconnus bons, poitf en &ire l'application à l'art de guérir; il y auraia plus que de la témérité, dK»*je, à me Imrer à des.

(70 travaax.siir un sujet quia été étudie par les premiers chimistes de l'Europe. Si même je me suis permis quelques détails, on ne doit les attribuer qu'au désir si naturel à tout homme de se rendre compte^ autant que ses facultés le lui permettent, des £aiits qu'il observe, en se les expliquant d'uae manière satis&isante pour lui , et en attendant que les habiles eu fixent là théotie.

La Commission s'étant réunie dans mon laboratoire, le i6 août 18 a 3, à deux heures, il a été mis un boyau de bœuf récent dans une- ter* rine de grès, sur lequel on a versé de l'eau de Javelle étendue d'eau; un second boyau a été également mis dans une terrine avec du chlo* rure de chauxétendu d'eau. On a laissé macérer pendant tout le temps emplpyé pour faire des cordes à instrumens , le métier a été scellé et mis dans le soufroir. Cette expérience n'a été faite que pour offrir toute sécurité à MM. les commissaires , et les convaincre que les cordes étaient bien réellement faites dans mon labo-r ratoire; elle n'ofïire aucun autre intérêt.

Je conservais depuis huit jours , pour mes expériences, des boyaux de bœufs extrêmement fétides ; je m'étais pourvu aussi d'intestins de

diieii el de chai (lans le même ^tat. Dahs les uns comme sur les autres ^ l'odeur a été détruite dans Tinstant ; entité on s'est assuré de la possibilité de décoller facilement la membrane muqueuse ées mtestins récais que nous avions mis à macérer deux heures environ auparavant. Ceux

qui trempaient dans Teau de Javelle se sont très-

bien nettoyés , ceux qui séjournaient dans le chlorure de chaux exigeaient une trop forte pression.

La désinfection étant bien constatée par réxamen d'une douzaine d'intestins de divers animaux, j'ai offert d'agir en grand , c'est-à-dire sur cinquante ou cent boyaux de bœufs ; mais la Commission ayant désiré des opérations plus considérables eocore , elle in'a invité à opérer en £ibrique;'et c'est dans l'établissement du sieur MiUan,à Clicby (i), que nous nous

(i) Je crois faire un acte de justice en consignant ici PexpfessioA dç ma gratitude envers la daine Mîllan , qui dirige exclusivement sa fabriqué de boyaux de bceuls.i une des plus importantes de France , et où j'ai Ëiit la plus considérable de mes expériences. Non-seulement j'ai trouvé dans ses ateliers zèle obligeant pour se prêter à mes essais \ mais encore ^ dans les achats répétés etasses nombreux que j'ai faits dans cette boyaudexie , j'ai toU'* jours trouvé des paquets ou carottes contenant 1 5 aunes ^ et des boyaux qui se sont conservés en bon état pendant tfès^long-temps.

MttHBes trai$por|é8» k 19 aoûk^.è midL L'ale^ liw émit nettoyé a^ec autant de aotn que Fan^ oirp procédé le pcarmeitait ; âiM| croiaées de 4:baque qôié 4iAdît atetier s^ odrre^poiidaitt ctplr^ elles , étaient ouvertes^ aUiM qme les deux poires : Vi^deur ^'était pas ioaupporlable pow IB04 , qiui OA avaU déjà oonCracté une aorte d'ha-» biti^; mais les membres de la Commiflaion ont été^ plus désagréabknient affeelés y îla . ac eooiit tenus à l'extérieur de cet immense lieu do tra^ vaiL Les ouvriers oet qUîMé leur outrage habitua f. et se sont mis à lH*oaser lea .tonneaux et ]^qi^S9 d'abord avec de l'eau ^ eosuile avec ce liquide contenant un trentième enTtrost dechlo^* Twte de pQtaftse aloalin. Les tonneaux contenant des intestins ont été nettoyés à rextérieur , eu-» fuite j'ari fait verser sur chacune de ces futailles 5 livres de^ même chlorure mélangé avecdeus seaux d'eau. Le sol du local a été ensuite lavé ayec une grande quantité d'eau contenant du cblprure alcatiu4 Cela opéré 1 lesi portes et les €tfoisées ont été fermées, et une fmnigatioii guytonienne à terminé la désinfection. Toutes ces opérations ont demandé une heure euTrron; après ce terme, l'atelier a été ouvert, et la Commission a pu , pendant plusieurs heures > se livrer à ses observations. £n examinant le local avec la plus scrupuleuse attention , un de

(76) S9£^ ^eqibr^ a Irouvét ài'ei^tPâmté de FalëHer, ua laiige b^ttet 4e bc^a^ux fétides ; il ftYait âé mibliéf ce <|ui se eoiiçOit facileaient )' pubqae y^^y^is à 4a»4er âea ordres à kuit ou dix ou* 9f iMPS) paur iw geate die txavail qui ne leur est pji^ teibijtiiely e% auquel îi& obI nus uile ardeur ^'autABt'pliit gt^ude k i|ne la Gomnoiysiùn leur f^pfése^tait l'autorité qui peut sênr eontre en%\ des <]Bembrea du Conseil de sakibrité en faisanf; {iar4îe^ Ce baquet a été déainfecfté.

Qu s'est iuformé du uoîDBJiMré :d'intestiiis que {'atelier ^onteuait, et la dame Mâfatà a répondu qu'U devMt reviferinier ati moins mille boyau:i de b^oe^» '

I)eux futailles , eoît bent boyaux apÎTës le nsum des abattoirs^ étaîeut placées de eèté : ces boyaux av^ôeut été mis k tnacârer dans l'eau de laydle au C.oiQmendeuie»tdereiX!pérîefioe;dëux ou trois beures aprèd , ik ont été dépouillés dé ]9i l^fseabrane muiE|ueuse. devant M. Darcet , layés, soufâéa et mis. à aéch^ ^ la^ tcsnpérature étant Urès-rétevée, ils étaient presque secs ayant son départ , trè^^bluMS , et oflEirant cette denii<transparence qui fait leur beauté ^ et que l'oi^ doit à l'aCli^ d'uxialc^l faible^ soit qu'il ait été ajouté y soit qu'il Se soit dévelo{ipé par la fer^ mentation y comme dans l'ancien proeédéi.

Le coût , pour chaque cent de boyaux ^ s'est

(7«) élevé au quart de la dépense signalée dans inoii Mémoire 9* c'est-à-dire à 90 centimes. M.Darceff habile chimie» ' et tellement prôfoiid dans la oonnaissancé de tous les arts , qu'on devrait le Buriiommer la Providence des manufacturiers et des'artistes , a vofuiu la liendre bien moindre, ût a iiisisté pour remplacer Teau de Jarti^llé par le dilonire de chaux, qui est d*un prix encore plus modique et d'un transport plus facile; Doutant fortement de là réussite , non sous^ lé rappcn^t de là' désinfection, mats parce que ce chlorure cris^'ponr ainsi dire la muqueuse et la fixe sur Imtestin , j^en ai fait part à ce savant en déduisant mes raisons. U m'a proposé alor^ de faire préparer du chlorure de soiide. J'ai accepté avec joie , et cette joie n'a pas été diminuée par la contrariété de ne pas avoir pensé à cette base, d'un prix moins élevé que la potasse et beaucoup plus pure dans le commerce. M. Darcet a biea voulu lui-même examiner l'action du chlonire de diaux et de soude , et ce que je vais relater plus loin sûr cet objet lui ^appartient , . puisque je n'ai fait que le suppléer qiiând il n'a pas pu se rendre à Clichy,

Malgré l'observation de M. Bertfaollet, et ce que lei ohimîstes anglais ont écrit depuis, l'usage du sulfate d'indigo pour éprouver la force décoli>ran|;e des chlorures, ayant prédominé en

( 77.) Prancje , M. Darcet a.bien voulu cof^statercom-/ bien le chlorure de. chaux employé. :dans mes expériences de l^ibpratoire décolorait. Etendu de s^t parties d'eau dans quatre essais, qui ont donné , même résultat^ il a décoloré quatre p^urties de dissolqtion de sujfate d'indigo. Ce chlorure marquait a degrés et d<emi.

. L'eau de Javelle marquait 12 degrés au pese-> liqueur; étant étendue de sept parties d'eau, elle décolore deux parties et demie. Sans être allongée d'eau, elle décolore dix parties. Quelques gouttes d'acide sulfurique concentré,,ajoutées à la fin de l'essai, augmentent un peu le pouvoir. décolorant de la liqueur.

1 J'ai fait de nouveaux^essais.avec la décoction de cochenille , et ai tropyé que. le chlorure de chaux était; un, p€;u:plus. d'un, quart plus décolorant^que l'eau de JayelIe.La légère. différence de.mes essais; provient de. ce. qye je ne poussais pas assez loin la ; décoloration ; malgré cela^ on devra s'en tenir au sulfate. d'itidigo générale^ ment adopté ; on n'est pas aussi assuré d'avoir une décoction de cochenille égale dans.tqus les cas, soit par rapport à la qualité de ce gale* insecte, soit par rapport à la plus ou moins grande ébuUition .

JL'eau de Javelle; employée, dan^rexpérience

en grand, iMrqudit 16 degi^és, tt cléeoldraif seize paitiôs de sulfsttë ê'inéigb.

Trois lifftes dé chlorare d« chatit liquide, décolorant stiTse parties ^ allongé de six seaux d'eau , ont été lardées sui^ eent &oyaili( de bœ^f fétides; Todeur a été détruite } ftiais le boyau él noirci^ et la membrane muqueuse adhérait; on a ajouté de nouvelle edu, et nettoyé k boyau avec difficulté.

Quatre-vingt-dix grammes de ce cWorow sec , qui ne eoùte que i4 eeut. , ont été dissous, dan^r quatre seAVX d'eatl^ et cette solution , versée sur cent boyflrux de boeufs fétides , odeur détruite , les boyaux ont été crispés ; itiais en ajoutant deun seaux d'eau^on A pu les travailler quelques heures après ^ ils étaient noirs. '

On a mis dains six seaux d^eau 3 Hvres ée dilorure de soude marquant f 6 degrés, et déco^ loratit sebe paitîes^ sulfate d'indigo , et versé ce mdlange êM cent boyaux de bœuf fétides :

Fodeur a été défnrite instantanément, et à« bout de quelques heures, le boyau a été tr«vaille : la Uiuqueui^e se détache trèsH&ctlemënt, les boyaux sont swperbes^ et le devienne» à»-' vannage après les autres opéi*ations« En établie sant le prix de cette eau de Javelle k base dé soude à fo fr. les 5o kil., les fetis pour cent

(79) bojaux de bœuf s'ékveront à 3o cent. , et en supposant qu'on soit obligé d'élerer k<k>M de ce chlorura de manière à en mettre ta livres pour cinquante intestins ^^ootenance ordinaire d'une futaille, la dépense ne dépa^eva pa^ 4o cent, c'est'àrdîre un peu plus d'un tiers pour cent; on doit se fixer à ces quantité et à oe dernier chiorare , qu4 offre évidemment lei» plus avantageux résultais.

DES BOY^:wk n£ pivcas ajsi^xvx*

Tout ce que nous avons dit jusqu'à présent a vappori aux boyaux de bœufs, les fabi^îcans n'en ayant pas soufflé d'antres. Celui de (Aievat peut supporter cette opération,' et se comporte, en suivant le procédé usité, comme avec le véactîf, de la même manière que le boyau de beeiif» U est plus dur que ce devnier , et lieM bieu^ le* vent comme disent les ouvrière* 11 est préparé ordinadrement ponr ét#e filé sons forme de gvosees cordes. ITous exposerons , dand l» se*-conde Partie de notre travail, le procédé ^i est suvvi pow cet effet

Le boyau d'âne a été préparé des deux ma-*niéres, comme celui de cheval,^ et a offert Jes mêmes résultats que cetni de bœuf, excepté cpi'il ne {>eut être soufflé. L'air dilate pour ainsi

(8o) dire les pores de l'intestin , le pénètre , et if crève en difFérens. endroits. Il n'est pas usité; seulement on le mêle quelquefois avec le boyau de cheval dans la fabrication des cordes , qu'il n'améliore pas. -,

Celui de veau peut être insufflé; mais il est d'un prix trop élevé , attendu qu'il sert d'aliment, et d'ailleurs d'un tissu trop faible pour être utilisé comme bojausoiifflé. Nous n'avons rien observé de particulier dans sa préparation, qui a été semblable à celle du boyau de bœuf, c'est-à-dire selon la méthode usitée et selon notre procédé.

Il nous a été impossible de nous procurer du boyau de mulet, qui probablement tient le milieu entre celui de l'âne et celui de cheval.

La membrane muqueuse est plus facile à détacher dans le boyau de cochon , car oh n'a pas besoin de fermentation pour y parvenir/ Du reste y nous l'avons travaillé de la manière indiquée pour le boyau de bœuf. Le dégrais-* sage se fait plus facilement que sur ce dernier. Rien de particulier n'a été observé dans sa préparation, si ce n'est qu'il tient. le vent très*difficilement, vu sa finesse extrême.

Les boyaux de chien et de chat nous sont arrivés très-fétides. Nous les avons mis dans une quantité suffisante de réactif et d'eau , ils' se

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( 8t ) sont dépouillés très«-facilement au bout de quel'ques heures, et ont .supporté le soufflage (i). L'odeur a été instantanément détruite. Le boyau est très-solide et très-beau. Une chose digne de remarque , est que les intestins de ces deux animaux ont la membrane péritonéale très-épaisse, et la membrane muqueuse mince , tandis que chez les herbivores , au contraire , la membrane externe est comme une pelure d'oignon , et l'interne très- épaisse (2). Cela tiendrait-il à la nature des alimens qui, chez les herbivores, est plus dure, et les intestins sont-ils obligés en conséquence de se contracter plus violemment et plus long-temps que chez les carnivores, où le travail pour l'animalisation des alimens est plus facile ? La physiologie résoudra cette question: en nous en occupant plus long -temps, nous croirions sortir de notre sujet.

(f) Les intestins de chat, préparés par fermentation et ensuite soufflés , ont beaucoup moins de force que ces mêmes intestins préparés par notre méthode. Le dodteur Ducamp, qui a fait une très -ingénieuse application de ces boyaux pour dilater le canal de Purètre , a vérifié cette observation.

(2) Ce fait ne se trouve pas consigné dans une foule d'ouvrages sur Panatomie , que nous avons consultés , et le savant M. Cuvier.n^en fiait pas mention dans son Traité d'anatomie comparée,

( 8» ) Les autres espèces cPiotestins, tels que cenx de mouton et de chèvre , si; nous pouvons nous en procurer, seront traités en leur lieu; nous reviei!iAons aussi sur ceux de cheval , de chien et de chat y et sur le mo]^» d'en fabriquer des cordes^

DxsGRiPTioir d^unefiimque de boyaux insufflés:, comme nous croyons que la salubrité publique devrait l'exiger.

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