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té de par -1er d'a-niou-ret- te ; Au veil bo-quet, Plii - lis cuedle la ro-
se é-c!o-se, Au vert ho-qnet, Phi - lis fait un bon - quet.
Peu à peu le nombre des sarabandes, gavottes, courantes, menuets augmente de plus en plus. A mesure que les paroles
(») Les chansons pour danser de L. de Mollier, Paris, 1640. (*) ///* livre des Equivoques du sieur de Chancy, i65o.
deviennent plus galantes et tendres, les mélodies acquièrent plus de souplesse. Voici une chanson dans le mouvement de la courante, qui marque déjà bien le progrès accompli. Elle est de L. de MoUier {'}•
iiîs:
Le verger du ber - ger Tir-cis Est tout plein de sou-ci,-,
ri-es Sont moins fleui
Ses prai-ri-es Sont moins fleuri
es Et les eaux De ses ruisscuiix Ont
leur sour-ce amère, De-puis le jour Où sa ber-gère A chan-gé son a - niour.
Dans cette chanson, comme dans la sarabande de De La Barre citée plus haut et d'autres semblables, l'art du chant est déjà plus raffiné. Du reste toutes, ou à peu près, se chantent avec des seconds couplets en diminution, se rapprochant ainsi du type de l'air ^).
Les exemples de chansons à danser datant de cette époque ne manquent pas^ on en a publié souvent, nous pouvons donc nous dispenser d'insister davantage.
Une catégorie de chansons mérite pourtant d'être particuhèrement examinée, ce sont les airs bachiques. Il est très curieux de voir combien ce genre s'est développé dans le courant du XVII^ siècle. C'est vers 1640 que son extension se fait le plus remarquer. A la littérature et musique galante et précieuse une autre s'oppose, triviale et burlesque. Quand Lambert et Benserade ont soupiré dans les ruelles des chansons tendres ou récité des épigrammes spirituelles, ils s'en vont au cabaret du Bon-Puis ou de Bel-Air, ou quelque autre maison fameuse du même genre. Ils y rencontrent Chancy, Flotte,
(>) Elle se trouve dans le premier livre de Ballard. Paris, i638.
(*) M»« Arnheim a publié une sarabande de Bacilly « mon sort est digne de
pitié» avec son double [Sammelb. /. M. G., 1909), mais les paroles ne sont pas placées exactement sous les notes.
LES AIRS ET LES CHANSONS iSç
l'illustre Potel, André de Rosiers, De La Marre, Scarron et peut-être le peintre Le Brun (*). A la Pomme-de-Pin siégeait Saint- Amant, le «bon gros», «prince des goinfres et biberons », lui aussi grand amateur de musique. Flotte, gentilhomme ordinaire de la maison du duc d'Orléans, s'était acquis une réputation de buveur infatigable et en même temps d'excellent chanteur d'airs bachiques. Du moins c'est ce qu'affirme Jean Boyer dans la dédicace d'un de ses « recueils de chansons à boire et à danser » (^). « L'on me pardonnera facilement et le public trouvera bon, s'il luy plaît, que je desdie des chansons à boire à un buveur éternel et des pièces de raillerie à un goinfre de haut appareil, qui leur sçait donner un tel prix qu'elles pourront passer dorénavant pour des pièces d'importance ; de vray, il faut advouer que les airs de table ne peuvent trouver leur perfection que dans le mouvement que vous leur donnez, ny leur grâce que dans les gestes agréables dont vous sçavez accompagner leur cadance... » En des chansons joyeuses on célébrait les plaisirs du vin et de la bonne chair. Du reste dans les sociétés les plus raffinées on ne méprisait pas ces airs. Molière fait chanter une charmante chanson pendant le festin que Dorante donne à Dorimène (^), et même Louis XIV ne dédaignait pas d'en entendre chanter par les jeunes filles de Saint-Cyr (*).
(}) Dans les Chansons pour danser et pour boire du sieur de la Marre, i65o, il y a un sonnet adressé à l'auteur des chansons, signé Le Breun, et qui contient les vers suivants :
La Marre nous feras-tu croire
Que tu ne fais que commencer
A faire des chansons à boire
Comme aussi de celles à danser r
Un peintre de son premier trait
Jamais un chef-d'œuvre n'a fait.
Un coup d'essay n'est coup de maître...
(*) Paris, i636. Cette préface a été reproduite pas M"« Arnheim {Sammelb. I. M. G. 1909, p. 411).
(3) .< Un petit doigt, Philis », Bourgeois gentilhomme. Acte IV, se. i.
{♦) M"e d'Aumale raconte à une amie comment elle doit chanter devant le roi et même des chansons à boire. « Je ne sais pas votre air d'opéra, mais j'en sais d'autres, savez-vous : « vive Bacchus, vive Grégoire » .' D'autre fois nous chantons sans accompagnement, quelque fois avec la basse de viole et de tlûte. (Souvenirs sur ^V/me de Maintenon, publ. par le comte d'Haussonviile et G. Hanotaux, Paris, 1902, p. LXIV).
l6o CHAPITRE III
Notons, en passant, une remarque assez jolie de de Rosiers: « L'invention de la table est plus pour la conversation que pour le manger ; peu de choses suffit à l'homme, un discours joyeux, une chanson à boire gaillarde, un doigt de bon vin peuvent donner vingt ans de santé »(').
Au point de vue spécial de la musique il y a pour les chansons à boire comme pour les autres une évolution à constater. Dans les recueils d'airs du premier tiers du siècle, les airs bachiques sont assez rares, mais ils sont jolis et bien composés. Vers le milieu du siècle ils ont en général un caractère plus vulgaire, quelquefois trivial. Peu à peu ils s'affinent de nouveau et demandent même parfois un chanteur exercé, un virtuose.
Quelques compositeurs n'ont pas du tout cultivé ce genre. Ainsi nous n'en avons pas d'Ant. Boesset ('). Moulinié en a fait qui ont une allure fraîche et vive. Ceux de Lambert me sont inconnus. Les chansons de Royer, Chancy, de Rosiers et autres sont un peu lourdes. En voici une, comme exemple, dont le refrain est d'une heureuse cadence.
Si je fai-«ois mon sé-jour où re-po-?eiit ces venrian-ges, A - vc-iiet, cl
;•, V'e livre des Libertés, 1Ô34. — Tous, il est vrai, ne se contentaient pas de si peu. Les bons mots et les plaisanteries sur les capacités des musiciens et chanteurs, en fait de boire, sont nombreux dans les e'crits du XVIIe siècle. Oudin p. ex. {Curiosités françaises, 1640), cite le dicton: «Il eust été' bon chantre, il entonne bien •>. Gantez change la devise de Louis XI bene vivere et laetari en benc bibere et laetari {Entretiens des musiciens, 8« lettre). Le même déclare : « Comme l'on ne prend le poisson qu'avec l'ameçon, on ne saurait gagner l'amitié des musiciens qu'avec le verre ». (9e lettre), etc., etc.
(*^ Gantez lui en fait même un reproche : « On dit pourtant que Monsieur Boesset, .qui est excellent en toutes les œuvres, il n'en fait point à boire, de quoy ne se faut pas estonner, car s'il avait ceste qualité il seroit parfait et vous scavez que : Nemo perfectus nisi solus Deus. Toutefois il faut confesser que Monsieur Moulinier fait bien tous les deux, car nous avons des airs de sa façon de l'une et de l'autre espèce qui ne se peuvent pas imiter. Ceux de Monsieur I ambert ne sont pas mauvais puisqu'ils ont l'adveu des dames et lesquels Monsieur Bertaud chante de si bon cœur. » (Entretiens).
LES AIRS ET LES CHANSONS l6l
Refr.
nuit el jour .II- cliiiu-U? - roi» les lou-aii-ges, Uon-ne don-ne don-ne moi souvent
Ou vin di! <•« bon cou - vent.
Un certain nombre d'entre elles sont sur un rythme de danse, gavotte ou autre.
La plupart sont écrites à deux voix, quelques-unes en dialogues. Avec Bacilly et Sicard le genre s'élargit. On écrit quelquefois les airs à plusieurs parties. Mais Bacilly y voit un inconvénient, parce que dans ce cas il n'y a que quelques personnes qui chantent, tandis que les autres écoutent;^). Il était, en outre, devenu de mode d'écrire des Récits pour voix de basse (^). Quelques-uns d'entre eux nous montrent que les chanteurs français disposaient de voix très étendues, et que si ces airs étaient chantés par des amateurs, ceux-ci savaient manier leur voix. L'air suivant de Sicard (*) est un des plus jolis exemples de cette sorte de littérature :
(') ///e livre des Libertés de De Rosiers.
{*) Préface de la Capilotade bachique, Paris, iô68.
(5) Voir p. ex. le Second livre d'airs bachiques, composés par L. S. D. B., Paris, 1677. D'après l'éditeur ces airs étaient composés depuis longtemps. L'ouvrage est dédié au Maréchal Duc de la Ferlé Senectère, et Bacilly prétend que c'est la bonne table du duc qui lui a suggéré l'idée de composer ces airs : «C'est là (à votre table) où j'ay pris la liberté de vous chanter ces airs, que vous avez écoutés avec joye, et c'est cette table qui m'a animé pour les faire et qui m'a donné l'art d'y réussir ny plus ny moins que feroit une maîtresse à l'égard d'un poète ou d'un musicien amoureux».
(*) Du 8e livre d'Airs à boire à trois parties avec la basse continue par M. Sicard. L'air est intitulé «Récit de basse avec deux violons « ; dans l'exemplaire de la B. Nat. (Rés. Vm^ 291). 1 iJns des parties de violon manque. — Dans les Mélanges d^airs à deux parties, d'airs à boire et autres chansons, B. D. B. (Bacilly), Paris, 1671, les airs bachiques sont également remplis de vocalises. Cette mode subsista jusquau milieu du i8e siècle comme le prouvent les Recueils d'airs sérieux et à boire de De Bousset et autres.
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Ne vous es- ton-nez pas si mon
— — — creux est pro - fond Et
si ma voix des - cend jus-qu"à la double oc - ta
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