‹ L'art du chant en France au 17e siècleChapitre 4 sur 40 · L-ri;!=z^ZL · texte numérisé non relu

L-ri;!=z^ZL

Que fai - tes vous? es-tes-vous mor-te? Non, vous ne l'es - tes que pour muy.

Dans les mélodies en mesure ternaire l'allongement de la fin du vers se manifeste souvent par l'apparition de la mesure binaire. Ce changement n'est pas toujours indiqué ; parfois pourtant les compositeurs prennent la peine de le marquer ; témoin ce petit air de Boesset (*} :

-<9-fa-

p ft.

i:zâzil=t?:

Que d'é - pi - nés, A-rnour, ac-com-pajnent tes ro-ses. Que d'une a

i^Et-

veugle er - reur tu lais - ses tou - tes cho - ses A la mer - ci du

sort,

fe

ï=:ifc:

Qu'en tes pros - pô - ri - lés à bon droit on sou

etc.

Ceci nous donne une indication précieuse pour l'interpré- / tation de certaines mélodies notées sans aucun signe de mesure. La phrase de Guédron citée un peu plus haut « Quand l'infidèle usait envers moi de ses charmes » se lit aisément en

(*) Bataille, II, f. ii. Paroles de Montreuil.

(*) 7/e livre cVairs de cour et de diffèr. autheurs, i6i5, f. i8, et Premier livre d'airs à 4 et 5 parties par feu M. Boesset. 1689. — Les paroles sont de Malherbe.

mesure ternaire (malgré le ^ qui, comme nous l'avons dit, n'est souvent qu'un signe arithmétique), si nous introduisons le 2 avant les deux dernières notes (« charmes »). Dans d'autres airs il faudra faire alterner plus souvent le ternaire et le binaire (').

Peu à peu, du reste, on prend l'habitude de noter exactement les changements de mesure. Cette alternance donne à la phrase musicale une fluidité et une souplesse qui a souvent beaucoup de charme.

Un fait doit pourtant encore être signalé. En comparant les versions d'une même mélodie dans différents recueils on constatera parfois des variantes et surtout des divergences rythmiques assez considérables. Je me bornerai à un exemple :

Dans le 5™' livre à'At'rs de cour se trouve une sorte de « bergerette » de Boesset : (^)

Un

jour

A-ma-rille et Tir - ci» Sur la ri - ve du Loir as- sis

D'u - ne re - dit - te

mu- tu-ei - le

Di

soyent

gar - - dant leurs trouppeaux! 0 Dieux, que ma ber-gère est bel - le

0 Dieux, que mou ber - ger

est beau.

(1) Le même procédé doit être appliqué dans certains airs de Caccini et de ses contemporains, ainsi que dans les airs allemands du milieu du XVIle siècle.

(*j Dans l'original elle est notée une quinte plus haut. On l'a transposée pour la commodité de la comparaison.

Le même petit air se rencontre dans le ii*" livre d'Airs de différents autheiirs avec tablature de luth, mais noté de la façon suivante :

EÊ

-#-- sJ-

Un jour A - ma - rile et Tir • cis Sur la ri - ve du Loir as - sis

ne re - dit - te mu - tu

le.

Cliantoyent en gar -

:to^

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