IE?Ê
Si- - jour de la di - vi ni - té Où des femmes l'i - ni - qui - té
n"e-xer-ce point
sa vi -0 -len-ce
Que l'on compare également
©____ (2 1« ^ Çki
Ro- chers, jus-qu'aux cieux é-le-vés, cliè-rcs fo - rests . . .
(Bat. III , 63).
OU cet air de ballet, «pour les avares»:
LA TECHNIQUE DU CHANT DANS LES AIRS DE COUR ET LES RÉCITS j5
Nous lan - guis-soQs pour la ri - ches - se (Bat. III, 18),
et tout le Récit «Complices de ma servitude» du 4™'^ livre de Bataille, f. 5r.
Il faut admettre qu'on disposait à cette époque de chanteurs ayant non seulement des voix très élevées, mais aussi de la force et de l'éclat dans les notes hautes.
Ce que, quelques années plus tard, on appréciait particulièrement dans le chant français, c'était «la délicatesse et la mignardise», d'une part, la sobriété dans les «fredons» de l'autre. Nous ne possédons point de jugement sur le chant français datant du commencement du siècle. Mais les documents musicaux suffisent pour nous donner une idée exacte non seulement de la manière dont compositeurs et chanteurs usaient des ornements, mais aussi du degré d'habilité des chanteurs (^).
Les ornements peuvent être de deux sortes; ou bien ils servent à rehausser l'expression, ou bien ce ne sont que de simples fioritures, destinées à enjoliver le chant et à faire briller le chanteur. Les deux espèces d'ornements exigent une technique vocale bien développée. On sait qu'au XVL siècle les diminutions et «passages» étaient très usités. La nouvelle école florentine s'élève contre les «lunghi giri di voce»(^). Mais ni Caccini, ni Péri, ni les autres compositeurs et chanteurs ne s'en sont privés complètement.
Les agréments ne sont pas tous notés. Bien souvent on laissait au chanteur le soin de les employer selon son jugement. Mersenne indique un certain nombre de signes par lesquels les auteurs et maîtres de chant marquaient la place des ports de voix, tremblements, accents et autres O. Mais un grand nombre de ces mélismes et ornements se trouvent
(') Nous aurons à revenir sur cette question dans la troisième partie de cet ouvrage.
(*) Voir entre autres la préface des Niiove musiche de Caccini et celle de la Dafne de M. da Gagliano.
(') Harmonie universelle. Livre sixième. Sixième proposition. — Voir plus loin à la llle partie.
~jb CHAPITRE IV
pourtant notés très exactement dans les airs de cour et récit; du commencement du XVII' siècle.
Le coulé est très fréquent:
-Ar-è-p-
Dis moi, mon cœur. Près - se d'en -nuis . . .le ne sais
(Bat. II, 40). (36 f. 56) (Bat. III, f. 62)
ou bien entre de plus grands intervalles:
A gré - a - blés
(Bat. III, 12~;
sans yeux (ibid. f. 67)
Le port-de-voix est aussi souvent indiqué en toutes notes:
r-fi 0 — © — # — 2 — #— »^=(»i-
Ve-nez, es-|inls lieu-reiix. in-ces-sani - ment.
(Bat. V, 61). (ibid. f. 37).
Dans beaucoup d'airs on rencontre de petites fioritures rentrant dans la catégorie des «accents» ou «plaintes»,
^. •• ri-
des maux , . ijue la plus
(Airs de Cerveau, 159Î)).
0 beaux yeux
(Bat. III, .54).
des petits groupes de quatre ou cinq notes:
rx