E^^S^B^^^^^^EL^ÊL
Bel -le, dont les
yeux dou - - co- ment m'ont
tu - <^ (Bat II, 59).
(•) Voir aussi plus haut l'air: cO monde inconstant».
Il a déjà été question dans un chapitre précédent de la figure très fréquente de quatre notes, dont les deux du milieu sont égales, ce qui demande pour la note répétée une légère
aspiration : p. ex. [:
que j a -
- do - re (Bocsset, 1G15).
Enfin, on trouve dans les Récits des traits d'une étendue assez considérable; p. ex. dans le récit de la Renommée du Ballet de la Reyne de 1609, dans le récit d'Apollon archer (i62i)(»).
En voici encore un, tiré du récit qui se trouve dans le 4'"" livre de Bataille :
A-mour, pour
la brus 1er, que n'a - vais - - je la
Mais l'exemple le plus riche nous est fourni par un air de Courville (Bat. V, 68), dans lequel se rencontrent tous les ornements possibles, appogiatures, ports -de -voix, coulés, groupes, longues vocalises. Nous donnons ici les deux derniers vers de la strophe, sixain de décas3dlabes, avec leur musique:
^t^j^Egg^l
nou - veau mal fait de nou —
— — veaux ef- fets.
(1} V. plus haut p. 66 et 67
Plus tie beau - - té plus de tour - ment ap — — por —
Les exemples donnés ici démontrent suffisamment qu'un grand nombre des airs de cour et des récits étaient écrits pour des professionnels et que l'exécution de ces mélodies exigeait des chanteurs rompus à toutes les difficultés de l'art vocal. Du reste, ces traits et ces ornements n'étaient pas quelque chose de nouveau; nous en trouvons de semblables dans les «diminutions» de parties d'œuvres polyphoniques (^), dans la Circé de i58i, et l'on se souviendra du passage cité plus haut d'un dialogue de Bonnet. Enfin Thibaut de Courville appartenait à l'école de la fin du XVP siècle (^j;
Une innovation pourtant fut introduite dans le premier quart du XVIP siècle, l'usage des «doubles». Primitivement on chantait tous les couplets de la même manière. Peu à peu on prit l'habitude de chanter le premier couplet comme il était écrit, et d'exécuter les suivants avec des fioritures et embellissements. Il semble que ce soit Bailly qui ait introduit cette coutume. Mersenne donne dans son Harmonie universelle (^) le chant simple d'un air de Boesset(*), avec, pour la seconde strophe, les «diminutions de M. Bailly.» Or, celui-ci était comme chanteur dans tout l'éclat de sa gloire aux environs de 1620. Mersenne ajoute «une autre façon de chanter» de Moulinié. Mais nous trouvons déjà dans un recueil d'Airs de
(*) Voir entre autres les exemples de diminutions donnés par M. Kuhn, Die Verjierungs-Kmist in der Gesangs-Musik des 16.— ij. Jahrhunderîs , dins Publ. der I. M. G. Beilieft 7.
(') Je ne peux pas me ranger à l'opinion de M. Prunières qui dit des compositeurs français de cette époque: «On trouve dans leurs récits des vocalises et des ornements apparentés à ceux des réformateurs florentins et dont les œuvres du XVIe siècle n'offrent aucun exemple.» L'opéra ital. en France, p. XXXIII.
Cj Livre cinquième.
(*) Airs, 1623.
cour avec la tablature de luth de Moulinié, publié en i625, un dialogue avec deux couplets en diminutions {>). Moulinié, qui à cette époque était un nouveau-venu à Paris, adopta évidemment une coutume déjà en vogue. Voici le début des trois couplets :
La Nuit.
i»'e strophe
D'où sort cot - te gran-de clar - le'
Omt strophe
Ce
n'est
point
Lu ne qui luit ,
3to« strophe
d=::ts=d=:i'
^^=^5^^=3^î3ii)=^-zit«t^-z:,
re gner
mon tour .
Il semble donc bien que cette mode, qui eut plus tard tant de vogue, ait commencé à se répandre vers la fin du premier quart du XVIP siècle. Lecerf de la Viéville affirme positivement que c'est Bailly qui les introduisit. « Bailly avait mis les doubles à la mode, en brodant, en doublant les airs du vieux Guédron, de Boesset et de quelques autres »(^). Mais Bailly lui-même agissait-il de sa propre impulsion ou subissait-il une influence étrangère? N'avait-il pas peut-être pris pour modèle les chanteurs italiens, qui depuis plusieurs
(') Dialogue de la Nuit et du Soleil du Ballet du Monde renversé, Paris, Conservât. Rés.
(î) En clef d'ut troisième ligne dans l'original.
(') Comparaison de la musique italienne et de la musique française, Bruxelles 1703, p. 200. — Dans l'édition de 1743 il y a par erreur «Bacilly».
8o CHAPITRE V
années pratiquaient l'air à variation strophique? Pour répondre à cette question il sera nécessaire d'examiner quels rapports il y a entre les airs de cour français et les monodies italiennes du commencement de XVIP siècle.