‹ L'art du distillateur des eaux-de-vie et des esprits, dans lequel on a donné la description des nouveaux appareils de distillationChapitre 24 sur 57 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Ravenne, médecin du pape Clément VIIT, qui écrivait à la fin du seizième siècle , nous apprend (1) qu’ils appelaient de ce nom tout ce qui tend à purifier un corps quelconque; où à en faire une espèce d'analyse: ainsi /& filtration , la sublimation , la rectification, la solution, l'extraction, la précipitation , la calcination , l’infusion , les fluxions , la vitri- Jication, la réduction, la révivification , et une infinité d’autres opérations qui nécessitent chez nous des appareils appropriés à chacuned'elles, et auxquelles nous avons donné des dénominations totalement différentes , portaient chez eux le nom générique de distillation. Is donnaient même ce nom à l’art de former les diverses compositions que leurs recherches alchimiques leur procuraient, et dont ils faisaient autant de secrets. | En lisant les écrits de ces anciens auteurs, il faut donc se tenir en garde sur le mot de distillation qu’ils emploient souvent, et examiner attentivement le sens qu’ils lui donnent pour ne pas prendre le change ; l’on serait sans cesse induit en erreur. : |

(1) Hieronymus Rubeus, de Distillatione liquorum. Edition de Bâle, sect. 2, pag. 76.

Jérôme Rubée affirme que les anciens Grecs ne connaissaient pas les produits de ia distillation des vins. On n’en trouve, dit-il, aucune trace dans leurs ouvrages.

Chez les Romains, jusqu’à la fin de la république, il ne paraît pas que l’art de la distillation ait fait plus de progrès que chez les Grecs. On trouve , il est vrai, dans leurs écrits les mots alambic et distillation ; mais rien ne prouve qu’à cette épogüe ils aient connu l'art d'extraire l’eau-de-vie du vin.

Pline, qui vivait dans le premier siècle de notre ère , nous a laissé un excellent T'raité de la vigne et du vin qu’il considère sous tous les rapports ; et assurément s’il eût connu les produits de la distillation du vin, il n’aurait pas manqué de s'étendre sur un objet aussi important ; il ne parle en aucune manière de l’eau-de-vie. *

Galien, qui vivait cent ans après lui, ne parle de la distillation que comme d’une opération propre à extraire la partie aromatique des fleurs et des plantes. Il entre dans beaucoup de détails qui font présumer qu’il n’avait aucune connaissance de la distillation des vins, puisqu'il n'en fait pas mention.

Hermès, le plus ancien des écrivains , ‘en traitant de la pierre philosephale , semble vouloir dire un mot de la distillation ; mais son langage est si obscur, si entortillé, qu'il est impossible d’en rien inférer de satisfaisant sur l'objet de nos recherches. Cependant on peut conclure du silence des auteurs qui ont écrit après lui, qu'il ne connaissait pas l'eau-devie (1).

Rasis ou Rhasés , fameux médecin arabe, connu aussi sous le nom d’Almanzor ou le Grand, et qui vivait dans le dixième siècle, ne parle de læ distillation que pour indiquer: Ja manière de faire l’eau d: roses. C'était un savant distingué ; il était le Galien des Arabes. II a décrit dans ses ouvrages une prodigieuse quantité de découvertes ; et si l’art d’extraire

(1) Hermes antiquissimus scriptor , de philesophorum lapide loquens dicebat : Portavit ventus in ventre suo': et ut cuncti interpretes unanimiter sentiunt, de distillatione locutum dicunt , nam res in habitu soluta, summa petens, indèque relabens, videtur ventum in suo ventre portare : doctissimique Arabes philosophi eum secuti, qui de lapide scripserunt , antiquissimi fuere. Sed novissimè ad Græcos et Latinos manavit, apud quos multis temporibus intentata jacuit. Porta, de Distillationtbus. Edition de 1669.

. Peau-de-vie lui eût été connu , assurément il en eût parlé.

Albucase ; qu'on nomme aussi Albucassis, Alsaharavius, Acçaravius était Arabe et médecin HuHe Il vivait dans le onzième siècle au temps de l’empereur Henri IV , vers l’an 1085. Il ne parle de la distillation que dans le sens de Rasis ; pas un mot du produit de là distillation du vin. Porta, qui avait sur ce point consulté tous les auteurs anciens , ne . laisse aucun doute (+).

Ée même auteur Porta avait fait de son temps, ainsi que nous l'avons déjà fait observer , de grandes recherches pour tâcher de découvrir si les anciens connaissaient où non . l’art de la distillation des vins; ses observations méritent d’être rapportées. Il paraît, ditil ; que les anciens Grecs n’avaient aucune connaissance de l’art d'extraire l’eau-de-vie du vin, puisqu'on n’en trouve absolument aucune trace: dans leurs écrits. Dioscorides ( Pedacius ), médecin d’Anazarbe en Cilicie,

(r) Rasis et Albucase ejusdem familiæ (Arabum }) odoratam aquam ex rosis extrahere docent, eo modo quo: Reges extrahere consuevere. J, Bapt. Porta, de Distitlationibus,

qui vivait, à ce qu’on croit , sous l’empereur Néron, se sert du mot distillation, maïs il ne l’emploie qu’afin de nous indiquer le mode en usage pour recueillir la poix (r). Ce mode est à-peu-près le même que celui dont on se servait pour purifier l’eau.

On ne peut pas appeler distillation, dans le sens que nous l’entendons, le moyen qu’on emplovyait pour purifier l’eau corrompue.

Au dessus d’un grand vase plein de cette eau, et soumise à l’action du feu, on placait, sur des bâtons, de la laine très-propre destinée à en recevoir les vapeurs, et on l’exprimait lorsqu'elle en était parfaitement imprégnée (2).

(x) Cüm à curiosis ingeniis sedulô perquireretur, utrum distillationis an sit veterum, an recentiorum inyentum, quod rationi consonum videtur, in medium afferre decrevi. Cüm apud antiquiores Græcos, nullam de his artibus mentionem factam vidissem, judicavi penitus illis incognitam : vam Dioscorides picem distillandi moduym describens , ità inquit. Excipitur düm coquitur pix velleribus puris suprà ejus halitum expansis, et cum illo permaduerint expressis in vas; hoc fit quandiù percoquitur. Porta, 1bid.

(2) Ali quoque hoc artificio ex corruptà aquä puram eliciunt : suprà magnam ollam componebant ligneos bacillos, cancellatim contextos , extendentes lanam optimè lotam, subjectis mox candentibus prunis vaporarios halitus sugserentes excipientes exprimebant. Porta, 1bid,

C'est ainsi que les premiers navigateurs se procuraient de f'eau douce en recevant les vapeurs de l’eau de la mer dans des éponges qu'ils suspendaient au-dessus du vase dans lequel ils la faisaient bouillir, et qu’ils retiraient ensuite par expression. é

Nicandre, médecin grec, qui vivait 140.

ans avant J’ère vulgaire, n’emploie les mots d'alambic et de distillation que comme des moyens propres à extraire l’eau de roses, qui était dans les différentes cours un objet de luxe et d’un grand produit (1).

Grapald soutient, d’après Fumanelle , quela distillation est une invention des Arabes ; mais il ne parle que de la distillation des.

fleurs , il ne dit rien sur la distillation des. vins.

Avicenne,philosopheet médecin arabe, natif de Bochara en Perse, vivait au commencement du onzième siècle. Il parle des alambics et de la distillation seulement en traitant du catarrhe. Ilcompare le corps humain à ui jalambic : il regarde le ventre comme la cüêt la tête comme le chapiteau , dans tel se-

(x) Nicander de rosaceà loquens aquà, alembicum et distillatorium describit, Porta , ibid.

24 . L'ART DU DISTILLATEUR rassemblent les humetrs qui s’écoulent par les narines. Ce passage montre bien que l’on distillait à cette époque , et que lon employaït même des appareils à-peu-près semblables à ceux qui étaient en usage du temps de Porta, mais rien ne prouve qu'on distillât du vin.

On voit, au contraire, par les derniers mots du texte du même auteur, qu’on ne s’occupait que de la distillation des fleurs et surtout des roses (+).

Albucase et Rasis ont décrit plusieurs appareils particuliers pour extraire la partie aromatique des fleurs et des plantes. Ces appareils étaient composés de deux pièces, d’un vase inférieur dans lequel on mettait la substance à distiller, et d’un chapiteau muni d’un tuyau latéral. Par la chaleur , appliquée au vase inférieur , les parties aromatiques s’élevaient en vapeur dans le chapiteau ; là elles étaient condensées par des linges mouillés

(x}e ir alimenti superfluitates in ventre non excer muntur, in vapores abeunt, qui in cerebrum impetu facto caput replent; hos suo rigore in humorem vertit, qui per pares defluit, veluti in alembico et alveo subjecto, in pileum vaporibus ascendentibus per vasis nares ad inferiora fit deflüxus. Jdemque rosaceæ aquæ meminit. Porta, ibid,

D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 35 qu’on appliquait au-dessus , qu’on changeait à tout instant , et se rendaient dans le récipient par le tuyau latéral dont nous avons parlé. Voilà un appareil distillatoire très-exactement décrit, mais cet appareil nétait pas encore employé à la distillation des eaux-de-vie,

Dans ces temps reculés, la chimie, ou pour parler plus correctement ; l'alchimie n'était exercée que parles médecins, qui, s’occupant uniquement des moyens de trouver la pierre philosophale, c’est-à-dire l’art de changer les métaux les plus communs en or et en argent, et la panacée univeyselle à laquelle ils attribuaient la vertu de procurer une vie éternelle , ou du moins de la plus longue durée, tournaient toutes leurs études vers ces deux buts. Dans la vue de restreindre le nombre des prosélytes , ils faisaient tous des secrets de teurs plus simples découvertes : il n’y a qu’à lire Raymond Lulle pour s’en convaincre.

Arnaud de Villeneuve, médecin du treizième siècle, dit formellement que les anciens ne connaissaient pas l’eau-de-vie. T1 donne à entendre que cette liqueur était découverte depuis peu, et que l’on croyait avoir trouvé en elle la panacée universelle , que l’on cherchait depuis long-temps. Nous verrons plus bas qu’il

s'est lui-même beaucoup seen de la distillation (1).

Raymond Lulle, contemporain d’Arnaud de Villeneuve, dont il fut le disciple, parle dans le même sens. 11 affirme que cette admirable production du vin , qu’on ne peut regärder , dit-il, que comme une émanation de la Divinité, et qu’on a placée à juste titre au rang des élémens, a été cachée aux anciens, parce que, ajoute-t-il, le genre humain était alors trop jeune, et que ce n’était que pour sa décrépitude et pour parvenir à le renouveler, qu'une découverte aussi précieuse était réservée. Dans un autre endroit il dit que la découverte de cette liqueur divine lui fait croire que la fin du monde n’est pas éloignée. Ce langage prophétique ne doit pas étonrer dans un homme tel que Raymond Lulle, qui était un des plus ardens alchimistes, et qu’on surnom ma /e docteur illuminé. Ce passage nous fait entendre que les produits de la distillation du vin, l’eaude-vie, n'étaient pas connus depuis long-temps, et confirme ce que nous avons annoncé d’après le témoignage des auteurs plus anciens que lui.

(1) Arnaldi Villanovani praxis, Tractatus de vino. Edition de Lyon, 1586.

Le célèbre Bergmann, qui a donné une histoire très-détaillée de la chimie, dit formellement que, pendant les cinquante premiers siècles depuis la création du monde, on ne trouve dans les auteurs aucune preuve qu'ils aient connu les produits de la distillation du vin (x).

Sans pousser plus loin nos recherches sur cette matière, nous pouvons donc conclure, avec tous les écrivains qui nous ont devancés dans ce travail, que l’art d’extraire l’eau-devie du vin n’était pas connu des anciens; que les premières traces que nous avons de cette découverte ne remontent pas plus haut que le douzième siècle. Nous n’avons pas laissé ignorer que les chimistes de ces temps reculés s’'occupaient spécialement à découvrir ce qu'ils appelaient le vrai trésor de la nature, la transmutation des métaux, et la liqueur divine, propre à conserver la vie et la santé; qu'ils alléguaient mille raisons, plus spécieuses les unes que les autres, pour justifier le secret religieux qu'ils observaient sur le produit de

(1) Spiritüs vini et ætheris nulla vestigia. Bergmann, Opuscula physica et chemica. Tome 4, page 82, édition de Leipsick, 1787.

leurs travaux. Peut-on croire que, s'ils eussent connu l’art d'extraire du vin l’eau-de-vie (cette liqueur à laquelle, dans les siècles suivans, ils ont attribué une si grande quantité de vertus} peut-on croire qu'à travers leur langage mystérieux , ils n’auraient pas laissé échapper dans leurs écrits quelques mots qui, sans dévoiler là manière qu'ils employaient: pour y parvenir , auraient transmis à la postérité l’époque à laquelle cette découverte avait été faite?

T1 paraît que les chimistes, dans ces temps reculés , se sont copiés les-uns les autres; car on trouve dans tous les mêmes choses et à peu près les mêmes expressions. Tous s'accordent cependant à soutenir que ce n’est pas avant le douzième siècle que l’on trouve des traces de la distillation des vins.

Le tableau que nous venons de tracer avec toute l’exactitude dont nous sommes capables, nous conduit jusqu'au milieu du douzième siècle. Nous allons avec le même soin parcourir les ouvrages des auteurs qui ont succédé à ceux-ci, afin de faire connaître les progrès del'art de la distillation.

Exposé des travaux des anciens chimistes sur la distillation des vins.

Les Arabes s’occupèrent, de temps immémorial, à extraire, par la distillation, les parties aromatiques des fleurs et des plantes, dont leurs princes faisaient un très-grand usage.

L'on croit que ce sont eux qui, les premiers, ont soumis le vin à la distillation, et qu'ils en ont extrait la liqueur qu'ils appelèrent aqua vil , et que nous avons nommée eau-dé-vic.

Les Arabes, dans les incursions qu'ils firent en Europe, portèrent successivement leurs procédés en Italie, en Espagne et en France.

Si nous nous rappelons ce que nous avons dit dans la section précédente (r) , nous verrons même que c’est dans leurs ouvrages que nous avons trouvé pour la première fois le mot alambic, qui vient du grec ambix, vase, pot , et de Particle al, qui, lorsqu'il est placé au commencement d’un mot, signifie quelque chose de grand, d’élevé, comme qui dirait vase par excellence. Les Arabes connaissaient ce mot

(1) Voyez page 19.

30 L'ART DU DISTILLATEUR dans le dixième siècle : nous l'avons vu employé par Avicenne (1).

Jérôme Rubée nous apprend que les Latins désignèrent les produits de la distillation du vin par la dénomination de aqua »itæ , eau-devie , parce qu'ils pensaient, d’après les anciens qui leur en avaient enseigné la fabrication , que cette liqueur était la seule propre à prolonger la vie et À conserver la santé , deux biens après lesquels l’homme a toujours le plus ardemment soupiré.

Michel Savonarole tient le même langage.

II cite le témoignage de plusieurs célèbres personnages de son temps, et principalement celui des médecins, qui attribuaient à cette liqueur la propriété de prolonger la vie. C’est, dit-il, à cause de cette propriété qu’on lui a reconnue, qu'elle porte le nom d’eau-de-vie (2).

(1) Voyez page 23.

(2) Est et aqua vitæ dicta, quoniam in vità prorogàtionem quäm maximè conferre sentiat. Sum etenim memor ejus verbi quod sæpè hilari corde gravissimus ille vir et in orbe suâ ætate clarissimus medicus Antonius Delascarparia exclamando pronuntiabat, qui düm octogesimum annum duceret, dictabat : Ô aqua vitæ, per te jam mihi vita annis duo et viginti prorogata fuit. Michel Savonarole, de conficiendé aqué vitæ. Edition de Bâle, 1560.

Sa limpidité et sa couleur lui ont fait donner le nom d’eau , à laquelle elle ressemble. Elle a pris le nom d’eau ardente du sentiment de chaleur qu’elle laisse dans la bouche (1).

Raymond Lulle , à qui l’on donna, comme nous l’avons déjà fait observer, le surnom de docteur illuminé, naquit dans l’île Majorque en 1236. 11 fut disciple d’Arnaud de Villeneuve. Il connaissait l’eau-de-vie et l’alcohol. TJ nous indique les moyens que l’on employait de son temps pour se procurer l’une et l’autre. Prenez, dit-il, du vin blanc ou rouge qui soit limpide et de bon goût; mettez-le dans un vase bien bouché, et exposez-le en digestion , pendant vingt jours, à la douce chaleur d’un bain de fumier , afin que les parties qui le composent puissent se séparer plus facilement lorsqu'elles y ont été ainsi préparées. Vous distillerez ensuite au bain de sable par un feu très-lent pour en obtenir l'eau-de-vie. Rectifiez ce premier produit autant de fois qu’il sera nécessaire pour l'avoir sans flegme. Vous obtiendrez ainsi la quintessence ou l’esprit-devin. Il exige, comme on le voit, qu’on se

(1) Nomen autem aquæ à colore aquæ et substantià assumpsit, et ardentis nomen ab effectu accepit. Ibid.

3% L'ART DU DISTILLATEUR seve d’un feu très-lent, et il ne veut pas qu’on redistille trop souvent ; il prescrit de ne rectifier que trois ou quatre fois tout au plus, de peur, dit-il, qu’en poussant trop loin les rectifications, on n’enlève quelques parties de l’esprit-de-vin, qu'il appelle /a quintessence (x). Dans un autre ouvrage le même auteur, après -avoir répété presque les mêmes mots, indique les moyens à mettre en usage pour reconnaître lorsque les rectifications ont été poussées assez loin, c’est-à-dire lorsque tout le flegme a été enlevé. Vous connaîtrez, dit-il, qu’elle est assez rectifiée, lorsqu’après en avoir. imbibé un morceau de linge et y avoir mis le feu, le linge brûle. dès que l'esprit est. con-

(1) Accipe vinum album, vel rubeum, clarum et odo-, riferatum, quod liquorem lunariæ appellainus , €t nigrum pigtius nigro vocamus; pone in putrefactione in balneo per dies viginti, ad hoc, ut per putrefactionem partes disgresentur , et melius possint separari.: Posteà per distillationem balnei extrahens aquam ardentem lentissimo, igne , quam rectificabis , quousque sit omninô sine phlegmate. Multi arbitrantur usquè ad septimam rectificari ; sed dico tibi, si lentè igne debito agas, quod ter et quater sufficit : ne nimià rectificatione aliquid de quintà essentiâ evaporetur. Raymundi Lullii theatrum chemicum. Edit. Arveptorati, tom. 4, pag. 376.

sumé, ce qui prouve qu'après la combustion de l'esprit il n’est resté aucune partie aqueuse qui ait pu s'opposer à ce que le linge s’enflammät (1).

Jean-Baptiste Porta, en cherchant la meilleure définition du mot distillation, s'exprime en ces termes: Ce mot signifie, dit-il, couler petit à petit ; c’est par cétte raison qu'on à donné le nom de distillation à cette opération, parce que les becs des alambics fournissent la liqueur peu à peu et goutte à goutte (2).

L'on voit que Porta nous donne ici une parfaite intelligence de la facon dont on obtenait l’eau-de-vie de son temps. Cette ma nière de distiller goutte à goutte démontre jusqu'à l'évidence qu'on ne pouvait pas s’en procurer une grande quantité, et que par cette même raison il n’était pas possible qu’on en fit un objet de spéculation bien étendu.

Tous les ouvrages de cés anciens auteurs prouvent encore qu'ils pensaient que cette li-

. (x) Quod cognosces quando comburit petiam licii prop= ter sui ardorem. Ray. Lullii testamentum novissimum. Edition de Bâle, 1572.

(2) Distillatio’ propriè significare videtur paulatim fluere, et quia alembicorum rostra paulätim et guttatim stil ; lant, ided distillare dixerunt. Porte, de Distillationibus.

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