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queur recevait du feu toutes les propriétés qu'ils lui avaient reconnues, telles que celle de brûler lorsqu'on en approche un corps enflammé, et de donner un sentiment de chaleur dans Ja bouche et dans l’estomac lorsqu’on en avale: c'était dans la vue de lui communiquer une plus grande vertu, qu'ils entrent dans tous les détails des précautions à prendre pour arriver à ce but. Ils l’aflirment même d'une manière très-positive, et nous ne chercherons pas à fatiguer le lecteur en rapportant textuellement les passages qui en fourniraient la preuve. Plus la liqueur, disaient-ils, sera long-temps en contact avec le feu, et plus elle s'emparera de ses principes. C’est par cette raison qu'ils prescrivaient d’abord de placer la cucurbite qui contenait le vin, dans le fumier , afin que, par cette douce chaleur, la liqueur fût préparée à recevoir un degré de feu plus fort. Ils distillaient ensuite à un feu très-doux, et ne permettaient à la liqueur que de tomber goutte à goutte, afin, disaient-ils, de lui donner tout le temps de s’imprégner parfaitement de cette chaleur qu'ils regardaient comme nécessaire à son essence, et qu’ils croyaient pouvoir lui transmettre par une longue exposition au calorique.
T1 paraît que les alchimistes seuls possédaient l’art d'extraire l’eau-de-vie du vin. Ils en firent pendant très-long-temps un secret.
L'ouvrage de Raymond Lulle, que nous avons déjà cité, ne laisse aucun doute à cet égard. Avec quelles précautions ne parle-t-il pas à son élève? 11 ne lui dévoile pas le moindre procédé ; il ne lui explique pas le moindre mot, sous lequel on a caché jusqu’à lui le nom des substances employées, ou des opérations à faire, qu’il n’exige de lui le plus grand secret. La distillation des vins n’était donc pas encore devenue un art; c'était purement une opération de cabinet, de simple laboratoire, dont les médecins seuls faisaient usage, tant pour eux, que pour les personnes distinguées auprès desquelles ils étaient appelés pour y exercer leur art.
Michel Savonarole, en expliquant ce qu’on entendait de son temps par eau-de-vie et par esprit qu'il appelle quintessence , dit formellement qu’on ne les employait que dans la médecine. Il distingue trois espèces d’esprit ardent : l’eau-de-vie simple, l’eau-de-vie commune, et la quintessence. Il assure qu’on n'obtenait pas toujours l’eau-de- vie commune par une première distillation, qu’il en
36 L'ART DU DISTILLATEUR fallait plusieurs auxquelles il donne le nom de sublimations (1). Si l’on emploie trois ou quatre distillations, c’est alors, ajoute-t-il, qu’on obtient la partie spiritueuse du vin, son véritable esprit, en un motl’eau-de-viecommune (2). Enfin, si l’on pousse les rectifica= tions jusqu’à!la septième et même jusqu’à la dixième, on se procure, dit-il, cette eau céleste qu’on désigne sous le nom de quintessence (3). | Les grandes vertus qu'ils dire à l'eau-de-vie et particulièrement à l’alcohol le plus rectilié, qu’ils regardaient comme le plus chargé de parties ignées, par les opérations qu’ils avaient employées , et dont nous avons
(x) Aqua ardens simplex quæ in usum medicinæ venit, est vini pars ignea sive spirituosa, quæ per unicam, sivè per plures sublimationes ab eo egreditur in colore aquæ atque substantiæ veniens. Mich. Savonarole, de conficiendé aquä vitæ, Edition de Bâle, 1560, ch. r.
(2) Est deindè nedüm spirituosa vini pars, sed vera ejus anima appellanda , quæ trinâ sublimatione ab eâ egreditur. Bina autem et quaterna majorem et minorem sublimationem nobis designare sufliciat. Hæcque commupis. est. Ibid. de
(5) Verüm rommulli aiunt , ad ‘usquè septimam vel decimam sublimationem, divinam penitus egredi aquam, quam essentiam quintam vocant. Ibid,
D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 37 donné les détails , leur fit chercher une dénomination qui pût donner une idée exacte et de la supériorité de cette liqueur et des grandes qualités qu’ils croyaient lui reconnaître. Fls la placèrent donc dans la classe des élémens, dont quatre leur étaient connus. Ils désignaient aussi les élémens sous le nom général d’essences, comme pour faire entendre, par ce mot, que les quatre substances qu'ils trouvaient dans tous les corps de la nature, étaient les quatre essences ou émanations.de la Divinité, par lesquelles elle avait créé le monde, et dont elle se servait pour le conserver. Ils appelerent donc l’alcohol le plus rectifié cérsquième élément, cinquième essence, quintarr essentiam, dont nous avons fait qguintessence. C’est le sentiment de Porta, de Raymond Lulle, de Savonarole, et de tous ceux que:
nous avons consultés, qui se répètent tous sur ce point. «
Raymond Lulle indique deux procédés pour déflegmer l’eau-de-vie, c’est-à-dire pour s’en. parer de l’eau surabondante et la transformer en alcohol. Le premier est par le moyen de Ja chaux , le second par l’alcali fixe. Comme ces procédés sont les mêmes, il suffira d’en indiquer un. Pour satisfaire la curiosité du lecteur
nous rapporterons le texte latin qui les fera connaître séparément. TI prescrit de mêler une partie de chaux vive avec huit parties d’eaude-vie; de les laisser ainsi dans l’alambie, bien hermétiquement fermé, exposé à une douce chaleur pendant trois jours ; et de distiller ensuite. Il recommande de répéter cette opération cinq fois, et même plus souvent, s'il est nécessaire , jusqu'à ce que tout le flegme soit enlevé (1). Il pense que trois cohobations et trois distillations sont suffisantes lor$qu’on se sert d’alcali fixe en place de chaux vive (2). Le célèbre Bergmann, qui, comme nous l'avons fait remarquer dans la section précédente, à fait l’histoire de la chimie, dit formellement que Thaddée de Florence, qui na-
(r) Accipe terram albam (la chaux) et depuratam et scies pondus, et pone in vitro, et super eam infunde. octavam partem aquæ animatæ, vase optimè clauso, et pone in balneo nostro per tres dies, quousque videas. spiritum condensatum ardentem in balneo, et illum quinquies rectificabis, quousque sine phlegmate sit. Tunc .Superposito alembico extrahe humiditatem sine gustu quia anima amplexata est spiritum qui est in eâ parte. Ray. Lullii testamentum novissimum.
(2) Calcina fæces vini, vel tartari, et imbibe eas cum “aquâ vitæ rectificat et ter acuatà, quia illæ calcinationes nihil alud sunt quèäm distillationes, 1:49,
D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 39 quit en 1270, Arnaud de Villeveuve, et Raymond Lulle, sont les trois premiers'qui ont parlé de l’eau-de-vie et de l’esprit-de-vin. T1 ajoute que ce dernier avait donné le nom d’a/cohol à l'esprit le plus déflegmeé , et qu’il avait trouvé le moyen de le priver de son eau surabondante par des cohobations sur l’alcali fixe desséché. Il prétend que c’est à Basile Valentin qu’est due la découverte de s'emparer de la même eau surabondante par le moyen de la chaux vive ; enfin il fait remarquer que Thaddée élevait jusqu'aux nues les vertus de l'esprit-de-vin (1).
Dans le Traité complet que Philippe-Jacques Sachs nous a laissé sur Ja culture de la vigne, il a consacré un chapitre à la distillation des vins : il assure que les anciens avaient plusieurs moyens d'en extraire l’eau-de-vie.
L'un consistait à placer le vin dans un vase de verre et à l’exposer ainsi à la gelée : lorsque ————— + ÿà——————————————
(1) De spiritu vinidocuti sunt omnium primi Thaddæus, Villanovanus et Lullius, qui fortissimum A/coho! vocat , eumque ope alkali fixi aquâ privare docet, quod tamen calce vivà fieri mavult Basilius Valentinus.
Thaddæus Florentinus, inter medicamenta chemica, ad eælos spiritüs vini vires extollit. Bergmanni Opuscula physica et chemica, Edition de Leipsick, 1787.
Ja glace était bien formée, on cassait le tout, et l’on trouvait dans le milieu une certaine quantité de vin non gelé qu’on appelait l’esprit-de-vin. 11 désigne cette espèce d'opération sous la dénomination de distillation philosophique, distillatio philosophica. On voit en premier lieu que ce prétendu produit n'était pas de l’eau-de-vie, et qu’ensuite on ne pouvait pas donner à cette opération le nom de distillation. Cette citation fournit une nouvelle preuve de ce que nous avons déjà avancé, que les anciens chimistes donnaient souvent le nom de distillation à des opérations que nous sommes loin de regarder comme telles,
I] parle ensuite de la distillation par l’alam- “bic; mais sa description ne présentant rien de nouveau , nous ne ferions que répéter ce que nous avons déjà dit; nous’ la passerons sous silence, ainsi que la description de plusieurs autres procédés qui rentrent tous dans ce que nous avons déjà fait connaître. % ,
C’est le premier auteur qui nous soif tombé sous la main, qui fasse mention de la distillation des résidus de la récolte des vins : on peut croire qu'il avait en vue de parler de la distillation des marcs ou des lies; car il dit que certains chimistes les distillent lorsqu'ils sont en-
D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 4x core frais, d’autres lorsqu'ils sont desséchés. T1 ne s'étend pas sur la manière dont ils conduisaient leurs opérations, de sorte qu’on ne peut en tirer aucune induction qui puisse nous instruire.
T1 s'étend davantage sur la rectification de l’eau-de-vie, qu’il appelle esprit-de-vin. I] ne faut pas prendre ici ce mot selon l’acception qu'on lui donne de nos jours ; on serait induit en erreur si l’on entendait par ce mot l’alcohol; il ne veut pas même qu'on le suppose, puisqu’il le dit expressément. Sachs désigne l'alcohol par le mot de quintessence (1). .
11 rapporte en ces termes le procédé que l’on suit pour. déflegmer l’eau-de-vie par le moyen de l’alun : Quelques-uns, dit-il, obtienuert par une seule distillation la partie spiritueuse du vin, qui brûle toute entière : ils se servent pour cela de l’intermède de l’alun calciné ; car l’alun, ajoute-t-il , privé de son eau de cristallisation , s'empare de toute la partie aqueuse que le vin contenait (2).
(1) Rectificatio spiritüs vini alia est simplicior , quæ hujus loci, alia operosior, quæ ad quintam essentiam, et alcohol vini pertinet. Ph. Jac. Sachs vitis viniferæ, etc. Leipsick, 1661.
(2) Sunt qui unicâ distillatione injecto alumine fæcis,
D’autres distillent dans un alambic de verre, à un feu extrêmement doux, afin qu'il n’y ait que les parties les plus spiritueuses qui montent dans le chapiteau, et y sont condensées à l'aide des linges mouillés que l’on place audessus. L’on voit ici que les anciens avaient observé que les parties spiritueuses s'évaporaient à un degré de chaleur moindre que celui de l’eau bouillante. Ils n’avaient qu’un pas à faire, et ils auraient obtenu les mêmes résultats que nous fournissent nos appareils.
Le même auteur indique assez exactement les procédés employés par ceux qui seservaient des éponges, du papier, ou d’autres substances pour retenir les vapeurs aqueuses dans les alambics. On faisait, dit-il, dessécher fortement les éponges au faut il paraît que c'était à l’aide de la chaleur d’une forte étuve ; on les imbibait ensuite d’huiïle d'olive, et on en bouchait l’orifice des alambics, afin de ne laisser passer que les vapeurs les plus spiritueuses dans le chapiteau. Ceux qui se servaient de papier pour le même usage, em-
LA
è vino eliciunt spiritum purum , qui totus comburatur. Alumen enim proprio phlegmate privatum retinet quod vini est, Ibid. |
D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 43 ployaient le gros papier d'emballage. T1 assure que Zuoolférius se servait de toile cirée fortement imbibée d’huiïle d'amande douce (1).
L'on trouve dans un manuscrit de D. Fabricius, qu’ils prescrit de faire la rectification de l’eau-de-vie sur des cendres chaudes , en se servant de cendres de sarment; mais il veut qu'avant de commencer la rectification, on place au fond de la cucurbite un pain fait de fleur de farine, et fortement desséché, afin, dit-il, qu'il s'empare de tout le flegme pendant que la distillation s’opère (2).
Plus loin, dans un chapitre uniquement destiné à la guintessence, ou à l’alcohol pur, il explique pourquoi les anciens lui avaient donné le nom de quintessence, il indique les caractères auxquels on pourra la reconnaître, et la manière de l’obtenir. Après la troisième rectification de l’eau-de-vie , dit-il, il n’est plus possible de la boire : c’est déjà de l’alcohol, que lon rend plus fort par d’autres préparations, et alors il'devient plus propre aux opérations
(1) Zuoolferi pharmacopæa reformata,
(2) Rectificationem spiritûs vini suprà cineres sarmentorum vitis laudat, aut si panis similagineus tostus fundo cucurbitæ antè spiritûs infusionem imponatur, phlegma etenim omne imbibit. Ph. Jac. Sachs. ubi supra.
les Sage précieuses, c’est- à-dire au grand ŒIL= vre. On appelle enfin cette eau-de-vie quintessence lorsqu'elle est ainsi rectifiée, parce qu’elle renferme en elle, par une opération céleste, divine , les quatre élémens. | Nous ne suivrons pas plus loin notre auteur dans des raisonnemens qui ne jetteraient pas plus de clarté sur la question que nous traitons, et qui seraient même ridicules de nos jours. Il nous suffit de trouver, dans l'extrait que nous venons de faire de tout ce qu'il y a de plus remarquable dans son ouvrage, et surtout dans ses dernières paroles, la preuve irréfragable que, vers le milieu du dix-septièeme siècle , l’eau-de-vie n’était pas encore un objet ‘de commerce. Nous pouvons conclure que, dans tous les siècles, l’on trouve des hommes enthousiastes des découvertes nouvelles. Par la seule raison qu'ils avaient reconnu quelques vertus à une substance qui venait de naître sous leurs mains, ils les lui attribuèrent toutes. Cette erreur, que nous critiquons dans les siècles anciens, ne se renouvelle-t-elle pas tous les jours dans le nôtre? Ne voyons-nous pas à chaque instant des hommes raisonnables s’engouer de tout, porter aux nues les choses les plus simples, et fonder sur elles les plus bril-
Jantes espérances, lorsque les résultats finissent souvent par en prouver la futilité.
Nous ne pouvons pas révoquer en doute, d’après le témoignage des auteurs que nous venons de faire connaître, que dans ces siècles reculés la distillation des vins n'ait été pratiquée; mais nous ne pouvons pas rapporter à cette époque l’art de la distillation, et nous ne devons considérer. tout le travail des anciens chimistes, que comme une préparation, un prélude des opérations qui devaient avoir lieu en grand dans la suite. En effet, il y a loin de ces expériences de cabinet, de ces distillations de quelques bouteilles de vin nécessaires à la médecine ouaux préparations ph armaceutiques qu’on employait à cette époque, à la distillation en grand qu’on pratique depuis deux siècles pour la consommation générale du monde entier. Ce fut alors seulement que l’on put.
donner le nom d'art à la distillation qui jusqu’à ce moment ne l’avait pas mérité.
Lorsque le voile qui couvrait toutes les opérations des alchimistes sur la distillation fut déchiré, lorsque leurs procédés furent connus, chacun s’empressa de tirer parti de leurs découvertes. L’on vit une foule d’ateliers s'élever dans toutes les contrées qui récoltaient du vin;
les appareils furent faits en grand , et la fabrication de l’eau-de-vie, qui occupait une infinité de bras, devint une branche de commerce importante. C’est. véritablement de cette époque que date la naissance de l’art.
ne tit
Des appareils distillatoires dont se servaient les anciens.
Nous avons prouvé, dans la section précédente, que les Arabes se servaient, de temps immémorial, des alambics pour extraire, par la distillation , les parties aromatiques des fleurs et des plantes. Nous nous sommes convaincus que ce ne fut que vers le milieu du douzième siècle qu’on commenca à distiller le vin pour en obtenir l’eau-de-vie et l’alcohol ; c’est donc à cette époque que nous devons faire remonter nos recherches pour connaître les vases distillatoires ou les appareils dont ils se servaient pour cette opération (1).
. Les alchimistes, car ce n’est que chez eux
(x) Nous comprenons sous le mot anciens, dont nous nous servons souvent, les chimistes qui vivaient avant lé dix-huitième siècle,
que nous pouvons trouver les renseignemens dont nous avons besoin , puisque c’est uniquement entre leurs mains que nous apercevons les traces des opérations chimiques qui nous occupent : les alchimistes cherchaient à imiter, dans toutes leurs manipulations , les opérations de la nature, et lorsque quelqu'un d’entr'eux y était parvenu , ils élevaient à l’envi jusqu'aux nues et l’instrumentet celui qui l'avait inventé. C’est ainsi que Porta cite un passage frappant d'Hippocrate pour prouver que la distillation n’est qu'une imitation de la nature. Ce passage est d'autant plus précieux pour le sujet que nous traitons, qu’il donne la preuve irréfragable qu'Hippocrate avait observé que, pour obtenir l’alcohol dans sa plus grande pureté, il fallait lui faire parcourir des routes tortueuses ; et que, plus on lui présentait d'obstacles, plus les parties aqueuses se condensaient pour ne laisser échapper que les parties les plus spiritueuses (1).
(1) Liquefit quicquid vis ignea attingit, hique indè Spiritus, cum ad corporis meatus irruerint , fiunt sudores, siquidem spiritus compactus in aquain transmutatur , et per meatus penetrans foràs prorumpit. Eodem planèé modo
Nous verrons plus bas que nos distillateurs modernes ont mis à profit cette idée heureuse d'Hippocrate, et qu'ils ont tiré le plus grand paîti des autres inventions que les anciens chimistes nous ont transmises.
Les premiers qui distillèrent du vin ne paraissent avoir employé que des vaisseaux de
verre faits à-peu-près dans la forme des alambics de cette matière, dont nous nous servons encore quelquefois dans les laboratoires de chimie. C'était une cucurbite ou bouteille A (pl. 1, fig. 1), dans laquelle on placait le vin: elle était surmontée d’un chapiteau B, dans lequel entrait juste le cou F de la cucurbite, avec lequel on le lutait exactement pour empêcher la sortie des vapeurs. Le chapiteau portait tout autour une gouttière dans laquelle se ramassaient les vapeurs condensées qui de là coulaient par le beo C dans le récipient E. Ils parvenaient à condenser leurs vapeurs par le moyen de linges trempés dans l’eau froide,
quo in ferventibus aquis vapor elevatus, si obstaculum habuerit in quod impingere oporteat, pinguescit, ac con densatur, guttæque distillant ab his corporibus , quibus vapor lle fuerit impactus. Porta, de Distillationibus, | Hb.,1, cap. 3, pag. à. |
ave
qu’ils placaient au - dessus du chapiteau, et qu'ils changeaient à tout instant (1).
La cucurbite reposait sur un bain de sable sous lequel on entretenait un feu doux, soit pour ne pas s’exposer à casser les vaisseaux, soit pour ne pas trop hâter la distillation , afin de donner au feu le temps de bien pénétrer Ja liqueur, ainsi que nous l'avons fait observer. Il paraît que c'était dans le même alambic qu'on rectifiait l’eau-de-vie.
Quant aux fourneaux , les auteurs n’en parlent pas d’une manière bien circonstanciée ; l’on est fondé à croire qu'ils ne regardaient pas cette partie de leur appareil comme une chose bien importante:
On se contenta, pendant plusieurs siècles, de cet alambic pour la distillation des eauxde-vie; mais les nombreuses opérations qu’on était obligé de faire pour la rectifier et pour obtenir l’alcohol pur, excitèrent les alchimistes à chercher des moyens de se procurer cet espfit par une seule distillation, afin d’éviter les
(1) La connaissance que nous donnons de cet appareil suffira pour le moment afin de rendre intelligible tout ce que nous avons à dire dans ce paragraphe. Nous décrivons plus bas une brûlerie avec tous les détails qu’elle exige.