‹ L'art du distillateur des eaux-de-vie et des esprits, dans lequel on a donné la description des nouveaux appareils de distillationChapitre 26 sur 57 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

dépenses excessives que ces opérations multipliées nécessitaient, et en même temps pour l'obtenir en plus grande quantité et en moins

de temps (1).

Premier appareil distillatoire de Porta.

Le premier moyen qu'ils paraïssent avoir adopté pour parvenir à ce but, fut d’allonger le cou du chapiteau, et par conséquent de placer cette pièce le plus loin qu’il leur fut possible de la cucurbite et du feu. Il est certain que, par ce stratagême, les vapeurs, en arrivant dans le chapiteau, le trouvaient déjà froid, et toute la partie aqueuse, qui ne pouvait pas se soutenir à l’état de vapeur à une basse température, se liquéfiait avant d’avoir atteint le chapiteau , et retombait dans la cucurbite. Les parties les plus spiritueuses continuaient à s’élever en vapeurs dans le chapiteau, s’y condensaient , et tombaient en liqueur dans la

(x) Sed quoniam ad eamdem distillationem toties repetendam , ut superstes ille ex distillatione humor redistilletur ab ingeniosis viris varli modi et organa ad posteritatem transmissa sunt, quo parcius et compendiosiüs distilletur. Porta, ibid. lib. 8, cap. 5.

D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 5t souttière pour se rendre de là dans le récipient. Ils portèrent même cette amélioration jusqu’à l’extravagance , puisque, selon Savonarole, un de ses voisins avait tellement allongé le cou du chapiteau, qu’il avait placé la cucurbite au rez-de-chaussée, et le chapiteau dans le grenier (1).

Deuxième appareil distillatoire de Porta.

Cette première découverte donna naissance à plusieurs autres que nous allons tâcher de décrire, et que Jean-Baptiste Porta nous a fait connaître. Au lieu de se servir d’un tube long et droit qu'on ajoutait au cou de la cucurbite, et au sommet duquel on placait le chapiteau , quelques alchimistes pensèrent qu’il était convenable de donner à ce tube la forme d’un serpent qui rampe (voyezpl.x, fig.2),en l'élevant verticalement , et placant le chapiteau au sommet. Eneffet, disaient-ils, si nous forcons

(1) Collum autem bociæ quàm plures longum facere ingeniati sunt 1 sic opinantes , ut unicà ex distillatione perfecta aqua haberi possit, et longius breviore decentius esse. Quamobrem socius noster bociam in plano domûs situabat, et capellum in solario. Mich.Savonarola , de conficiendä aqué vitæ. Bâle, 1560.

te

les vapeurs spiritueuses à suivre un chemin long et tortueux avant de les recueillir, nous les obtiendrons dans toute [eur pureté; car pendant qu’elles s'élèvent dans la route qui leur est offerte, plus elles sont gênées par les replis du serpent, plus elles se purifient : les parties les plus aqueuses se condensent continuellement les premières , elles retombent dans la cucurbite, tandis que les plus spiritueuses gagnent le sommet, arrivent dans le chapiteau où elles sont entièrement condensées pour être recueillies dans le récipient. La forme de cet appareil lui fit donner le nom de serpentin.

Porta assure s'en être servi très-souvent, et avoir obtenu , par son secours, un esprit plus léger , plus pur, plus pénétrant, absolument dégagé de tout flegme et en plus grande abondance (1).

(x) Est serpentinum vas, quod per anfractuosos et flexuosos canales spiritus è vino per longum iter deducit, ut aqua omni phlesgmate spoliata in subjectum”vas derivetur. Nos quoque in aquæ vitæ extractione sæpissimè hoc usi sumus , ut tenuiorem ; puriorem naturam penetrantioremque sortiantur in sublime per flexuosas ambages angus-

tiores et productiores à toto phlegmate exonerentur, Porta, de Distillationibus.

D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 53 Troisième appareil distillatoire de Poria.

Dansla vue d’obtenir tout-à-la-fois les divers degrés de spirituosité de l’alcohol par une seule et même distillation, les alchimistes inventèrent un autre appareil fort ingénieux.

On s’apercevra que les raisonnemens qu'ils avaient faits sur la construction de celui que nous venons de décrire, les amenèrent à l'in- vention de celui-ci. Ils surmontèrent la cucurbite À (p/. 1, fig. 3) d’un chapiteau B ouvert par sa partie supérieure qui était recue dans un second chapiteau D,. parfaitement semblable au premier B. Ce oo chapiteau était surmonté d’un troisième F, d’un quatrième H,, et ainsi de suite jusqu’au dernier M, qui était fermé par sa partie supérieure, toutes les jointures bien lutées avec le lut de sagesse (1), afin qu'aucune partie volatile et spiritueuse ne pût s'échapper. Tous ces chapiteaux avaient chacun une gouttière et un bec , au - dessous duquel était un récipient qu’on placait alternativement à droite et à gauche. Comme la forme de cet appareil , tout monté, lui donnait

(1) Nous donnerons plus bas la composition de cs lt, den

quelque ressemblance avec l'hydre à sept têtes , ils lui donnèrent ce nom et l’appelerent

hydre. C’est encore au napolitain Porta que

nous en devons la connaissance (1).

On ne doit pas oublier que, pour bien entendre ces auteurs, il faut avoir une parfaite intelligence des appareils dont ils se servaient et auxquels ils donnaient les noms les plussinguliers, dans la vue decacherles moyens qu'ils mettaient en usage pour leurs opérations , et afin que les initiés seuls pussent s’occuper fructueusement des observations qu'ils consignaient dans leurs écrits. Nous en avons une preuve dans les noms qu’ils donnèrent aux deux derniers appareils que nous avons fait connaître.

Les trois vaisseaux distillatoires que nous

venons de décrire, paraissent être les types

de tous ceux dont se servirent les anciens alchimistes. Chacun chercha cependant à leur faire éprouver quelques modifications que nous mettrons sous les yeux du lecteur , mais

(1) Ali per triceps seu quadriceps, et septies vas, vel per hydram distillant, ut variæ notæ aquam exhibeant, pam ex superior: tentor aqua derivat, ex inferiori phlegmate redundans , quas omnes seorsüm servant. Porta , tbid,

qui rentrent plus ou moins dans la forme du troisième qu’ils nommaientFhydre. Les uns , se servant du tube droit, y firent, dans sa hauteur, des ouvertures latérales pour en faire sortir la liqueur plus ou moins déflegmée,.

selon qu’ils la prenaient à une plus grande où à une plus petite élévation. D’autres firent des ouvertures semblables à tous les contours. du serpent (1).

Ces divers perfectionnemens dont chaque:

inventeur se montrait engoué , ne paraissent pas avoir complètement satisfait leurs espérances, puisqu'ils s’occupèrent de plus en plus à changer la forme de leurs appareils dans la vue d'en obtenir des résultats plus purs, des liqueurs plus déflegmées. Malgré les soins qu'ils ne cessaient de se donner pour arrêter les vapeurs aqueuses dans leur marche, ils

(x) Ai simile vas excogitârunt in formam metæ, in summo turbinatum , in im crassum. Hoc suprà ampullam accommodant ac probè super lutatumin arenariam cupellam imponunt, ac lento igne urgent. Ex superiori pileo tenuior,. ex inferiori crassior. ie,

Ali serpentino. vase utuntur, et quale sit suprà docuimus, ut salebroso et anfractuoso itinere longo et difhicili. attenuetur humor magis, et quod phlegmate gravescit , per

aliud vas in medio canale, existens, relabitur. Porta ,1bid:

56 L'ART DU DISTILLATEUR s’apercurent qu'elles montaient trop vite , ef qu'en se condensant en même temps que les vapeurs spiritueases , elles en altéraient la pureté. Ils tentèrent divers moyens pour les arrêter. Les uns se servirent d’éponges dont ils remplissaient les chapiteaux de l’hydre ou les circonvolutions du serpent. D’autres employaïent au nième usage le parchemin, le liège , dans la vue d’intercepter la marche des vapeurs aqueuses, tandis qu'ils supposaient que les plus spiritueuses seraient seules forcées de traverser leurs pores pour arriver ainsi au : haut de l’appareil et y être condensées. D'’autres enfin imbibaient d’huile les éponges, présumant que , par ce moyen , ils empêcheraient les vapeurs aqueuses de s’éléver avec l’alcohol (r). Le napolitain Porta, qui nous fournit ces observations , nous assure que la plus grande partie des aichimistes opérait de cette manière. |

(1) Multi in prædicti vasis faucibus spongiam , pergamenum, vel suber accommodant, mox suprà pileum erigunt, ut nisi per chartæ poros , per spongiam, vel suber nobilissimi et longè tenuiores spiritus transmeent , et in horum poris intercipiatur phlegma. Sunt qui spongiam oleo madefaciunt, nam phlesmati viam intercludit , et sic semel distillando prævalet multiplici, Porta, ibid,

D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. Lys

Appareil distillatoire de Savonarole.

Savonarole, qui cependant décrit des appareils plus parfaits , que nous donnerons dans un instant, n’approuve pas tout ce qu'on avait fait de son temps pour extraire l’alcohol par une seule opération. T1 préfère que lon multiplie les rectifications , et il pense que l'esprit n’est jamais aussi pur par une seule chauffe, que lorsqu'il a été distillé plusieurs fois. Plus il est distillé de fois, dit-if, plus il a une saveur agréable , et plus il approche de la nature des élémens (1) ou de la quirite-essence. L'on voit ici que notre auteur, adoptant le sentiment des anciens chimistes que nous avons fait connaître, fonde son raisonnement sur cette opinion qu'ils ne cessaient de manifester, que l’eaude-vie tire toutes ses vertus du feu , et que par cette raison il est indispensable de la

conenaprsmlieenenmmntetnetmemmncnnonn pen pen etmnnnnnn nmnr en me ent)

(1) Ego quidem arbitror multiplicatam distillationem magis conferre, et sic eam quintæ essentiæ appropinquare magis, cüm ex multiplicatione distillationis sic continuè subtilietur magis et naturam elementarem magis deserat, sitque suâ in complexione mitior cum rarior indé reddatur, Mich. Savonarola, de conficiendé aquävitæ. Bâ!e, 1560,

laisser long-temps en contact avec lui, afin qu’elle s’en imprégne de plus en plus.

J'asqu'au temps où vivait Porta, il ne paraît

pas qu’on eût employé, généralement parlant, d’autre matière que le verre pour confectionner les vases qui servaient à la distillation. Il nous donne cependant à entendre que quelques chimistes employaient le cuivre et l'étain, … Dans le temps de Savonarole, la distillation du vin paraissait acquérir une certaine importance, puisqu'on se servait déjà de vases d’une assezgrandecapacité. Ladescription qu'ildonne de l’appareil usité à cette époque mérite de trouver place dans cetouvrage, d'autant que c’est le seul monument que nous ayons pu nous procurer pour fixer à-peu-près l’époque à laquelle remonte la distillation des vins en grand.

L'on se sert, dit-il, d’une grande cucurbite étamée en dedans ; elle a trois orifices , dont Jun , qui est placé à la partie supérieure de ce vase , et par côté, sert pour introduire le vin qui doit être soumis à la distillation ; le second , qui est placé au milieu de la partie supérieure de la eucurbite , sert à recevoir le cou du serpent (1) par lequel l’eau-de-vie

(x) Il est bon d’observer que par le mot vitis qu'em=

distille. Le troisième est placé au fond du vase, afin qu’on puisse en faire sortir le résidu de la distillation, sans être obligé de retirer la cucurbite du fourneau. La manière de fabriquer cette chaudière devait être tout récemment imaginée à cette époque, puisqu'il ajoute : l’on pratique ces trois orifices à la . cucurbite lorsqu'elle doit rester stable dans son fourneau ; dans le cas contraire, deux suffisent et l’on supprime celui du fond. Il y a apparence que cette construction n'était pas générale, et que nous devons la regardercomme une invention du temps.

Au-dessus de la chaudière ou cucurbite est placée, continue l’auteur, une cuve en bois pleine d’eau froide, dans laquelle est logé le serpent. Elle est assez élevée pour qu'il y soit totalement immergé. Le bout du bec du serpént porte l’esprit dans le récipient (x). |

ploie l’auteur, il désigne la même pièce que Porta a appelée “serpentinum , et que nous traduisons par le mot serpent. Savonarole l’appelle witis parce qu'il est tortueux comme le sarment. C’est d’ailleurs le sentiment de tous les auteurs.

(1) Vas autem in quo vinum in primis locatur, cucurbita magna est et ænea intüs stanno ornata, in quâ trina confixa sunt rostra, quorum primum parte in superiori lo-

Quelques auteurs , qui ont traité de la distillation , ont pensé , d’après le texte même de Savonarole, que nous venons de rapporter tout au long , que le serpentin, tel que nous le connaïssons aujourd’hui , ou un instrument analogue , avait été inventé de son temps. Ils

catur , per quod vinum imponitur. Alterum ad medium eucurbitæ situatur, cui et vitis rostrum conjungitur , per quod distillatur aqua. Reliquum in fundo vasis ordinatur, per quod inutile remanens ejiciatur, Quæ res sic præcipuë ordinatur, cum cucurbita fuerit cum fornace conjuncta : quod si ab eâ separata erit, duo nobis rostra sufhcient, primum videlicet et secundum. Namque cucurbitam im fornace decenter locabimus, ut si rostrum medium super emineat, cui tina adhærebit sivé ligneum vas, vitis quantitati proportionatum , aquâ frigidà plenum in quo vitis ipsa resideat. Cujus superior extremitas cum cucurbitæ rostro medio ipsum penetrando contiguetur : posteàque sapientiæ luto optime sigilletur, ne indè fumus sive vini spiritus egrediatur; reliqua verû. vitis extremitas inferior in orificium recipientis vasis penetrando ingrediatur; hæc, ut actum, luto eodem conglutinentur. Sit itaque ignis lentus, clarus, suavis. Et ne instrumentum fervore aquæ destruatur et vaporum elevatio, nec resolutio fiat, opus est” quasi continuè tinæ aquam innovare, et ne ebulliat defendere. Quapropter qui ardentem aquam magnâ in quantitate conficiunt, currentis aquæ loca quærunt, cüm ejus frigiditas

non nocere, verüm adejus perfectionem videatur acce= dere, Mich. Savonarola, ibid.

D'EAUX-DE-VIE ET ESPRITS. 6f.

disent, en fondant leur opinion sur ce texte isolé, que, puisque notre auteur prescrit d’unir la partie supérieure du serpentin avec le cou de la cucurbite, et que c’est par la partie inférieure que doivent se rendre, dans le récipient, les vapeurs condensées, Savonarole doit avoir eu en vue de décrire un serpentin tel que nous le voyons dans nos ateliers modernes. Si nous n'avions eu que ce seul passage du même auteur à consulter , il n’y a pas de doute que nous aurions été du même avis; mais, lorsque nous avons rapproché ce texte de celui qui suit quelques lignes plus bas , nous avons été forcés d'adopter un avis contraire (1). En effet, dans ce dernier passage, Savonarole afhirme

(1) Quanto aqua hæc temperamento humano quintæ essentiæ propinquior, tanto eligibilior habenda est. Sed

quæ ex vite exit, hujus modi est : itaque eligibilior dig- niorque dicetur. Hæc autem per tot circulationes pluresque multo ea quæ ex vitro exit de naturâ elementari deserere cælestique sic magis appropinquare videtur, cum. sic circulando continuè subtilietur magis. Aiunt enim philo-. sophi sic per circulatas distillationes multiplicatasque quintam fieri essentiam : potentioremque afirmant cùm vini spiritus sic uniti magis transeant ob contrarietatis continuam persistentiam, sicque penetrabilior ac suis in effectibus potentior. Mich. Savonarola, ibid,

que toute la liqueur qui sort du serpentin; ainsi plongé dans l’eau , est plus spiritueuse, plus pure, que c'est cette eau divine, céleste, qu'on nomme , à juste titre, la guinte-essence. Nous n’avons pas cru po voir donner un autre sens au texte de notre auteur , sans le faire tomber en contradiction avec lui-même. En effet , si Savonarole avait prétendu condenser | dans le serpentin tout ce qui s'était arrêté dans le chapiteau ,ilest certain qu'il aurait recueilli tout à-la-fois les flegmes , c’est-à-dire, les vapeurs aqueuses avec l'esprit , et alors il n'aurait pas pu dire avec vérité , comme il l’affirme , que tout ce qui sort de son serpentin est ce qu’il y a de plus pur, de plus parfait. En rapprochant les deux passages , on voit clairement qu'il a fait une inversion des deux mots superior et inferior , et que par la contexture de ses expressions, il a entendu donner son serpentin comme un condensateur et non comme un condenseur. C’est là notre opinion , et nous la croyons fondée. Du reste nous prouverons plus bas que le serpentin condenseur est une invention plus rapprochée de nous. L

On voit clairement que cette cuve pléïne d’eau, danslaquelle son serpentin estimmergé,

n’est autre chose qu’un réfrigérant semblable à ceux dont on a enveloppé les chapiteaux des alambics , pour n’être pas assujetti à appliquer dessus des linges mouillés qu’on était obligé de changer à tout instant ; c’est un perfection nement qu'on avait ajouté aux inventions précédentes.

Si effectivement nous avons bien saisi le sens de Savonarole dans la description de cet appareil, il devient incontestable que plusieurs de ceux qu’on a introduits de nos jours dans l’art de la distillation, sont non pas des inventions nouvelles, mais bien des imitations de ce procédé qui trouva même de son temps beaucoup de contradicteurs , comme il le rapporte lui-même. Les uns prétendaient que toutes les circonvolutions que les vapeurs étaient obligées de suivre, ne tendaient qu’à diminuer la force de la liqueur qui était forcée de déposer dans sa route une grande partie de cette chaleur qui constituait son essence. D'autres assuraient que le bain d’eau continuellement froide dans lequel était plongé le condensateur, ne pouvait qu’affaiblir la liqueur , et lui enlever une#partie de ce feu qu'il était important de lui conserver, puisque, disaient-ils, ce n’est qu’en lui que réside toute

sa vertu. Ceux-ci, par un raisonnement pitoyable, tâchaient de prouver leur assertion en comparant ce procédé de condensation avec la manière dont les forgerons en usent dans leurs fourneaux. Dans la vue d’attiser leur feu, ils yjettent de tempsen tempsquelques gouttes d’eau ; mais ils finissent par l’éteindre lorsqu'ils y en versent une trop grande quantité(r). Ces raisons, quelque mauvaises qu’elles soient , trouvèrent sans doute des apologistes, puisque l’on abandonna cet appareil pour recourir aux anciens procédés. Cependant , qu'avait -on à faire pour le perfectionner ?

entretenir l’eau dans laquelle baignaïit le serpent, à un certain degré de chaleur constant. C’est ce qu'ont fait nos distillateurs modernes, et ils ont atteint le vrai but. [es découvertes

(1) Adversantur autem moderni arbitrantes tot circuitiones ad ejus debilitatem accedere, cum sic densam substantiam spiritus tàm longâ in vià plurimum derelinquant. Addunt prætereà continuà ex aquæ frigidæ persistentià debilitari magis, eüm contrarium forte sui adversantis potentiam minuat, et debile forte faciat, ut in fabrorum actionibus in dies cernimus. Cum enim fornacis ignem vigorare curants, aquâ frigidà ipsum leviter aspergunt. Cum verd extinguere tentant, plurimam super infundunt. Mich. Savonarola, ibid.

les plus précieuses ne se font j japnais qu'à pas de tortue. |

Nous aurons occasion par la sa ER Een comparant les appareils nouveaux avec DU qu'a décrit Savonarole, de rappeler. les passages que nous venons de.citer ; nous prions le Jecteur de ne pas les perdre de vue. ,

IT paraît, par les observations. qui suivent dans la. narration de notre auteur, que. cet appareil ne trouva pas beaucoup de partisans ; il se laissa lui-même entraîner par. les réflexions.des critiques , puisque, quelques pages plus bas, il conseille de revenir au travail en petit ts alchimistes auquel il donne la préférence, Les uns, dit-il, placent la cucurbite dans le fumier if ter 2 ils l'y: enfoncent jusqu'au chapiteau qui, se trouvant exposé à l'air , en est sans cesse frappé. Par ce moyen les vapeurs .se trouvent. suffisamment condensées et donnent la quinte-essence. D'autres exposent | leur appareil aux rayons du soleil, et distillent, par cette seule chaleur, sans lintrs mède du feu artificiel. C’est par cette raison qu'ils appellent divine, céleste, la liqueur qu'ils obtiennent par ce mode de distillation , parce qu’elle est produite par la chaleur divine, céleste de l'astre du jour. Il observe cependant que,

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