‹ L'art du dix-huitième siècleChapitre 36 sur 63 · Ma chemise brûle j gravée par Augustin Legrand · texte numérisé non relu

Ma chemise brûle j gravée par Augustin Legrand

jaillit ce déluge \ Fragonard adore ces espiègleries du temps qui éclaboussent de lumière un corps de femme surpris dans l'inconscience du premier mouvement. La niche des jets d'eau recommence dans le verre d'eau que tient au pied du lit une jeune fillette, guettant en souriant la jolie réveillée, les reins à l'air et au jour, une jambe repliée, l'autre tout allongée nerveusement sur les draps qu'on lui retire, le haut du corps et les yeux encore engourdis et pesants de sommeil, les doigts de la main retournés dans la ruche de l'oreiller ^ Mais surtout Fragonard est charmé par les jeux de la femme, le matin, avec ellemême, dans la blancheur et la chaleur du lit, alors qu'elle se renverse, s'allonge et se tiraille dans le réveil. Il aime ces moments abandonnés où sa chair respire le soleil, s'oublie à la lumière, où son corps échappe aux draps, reprend ses élasticités, où sa chemise roulée sous elle par la nuit ne la voile plus qu'à moitié. C'est la volupté ingénue de cette

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