‹ L'art du dix-huitième siècleChapitre 46 sur 63 · II · texte numérisé non relu

II

(( Je vous prie d'assurer mesdemoiselles Dembruns de mes respectueux devoirs et de leur souhaiter de ma part tout ce qui peut remplir leur souhait.

« A Cluny. ce 8 janvier 1780. »

« Cluny, ce 4 mars 1780.

(( Monsieur,

Il Votre charmante lettre nia comblé de joie et de plaisir ; vous m'assurei donc que je suis redevenu votre bon ami. que vous sériel peiné de rompre le vœu que vous en faites, et bien moi pour vous en témoigner ma vive reconnaissance . Je veux faire mon possible pour m'en conserver éternellement le titre.

(( // faudrait que je fus singulièrement bigarre pour me brouiller avec vous pour les justes raisons que vous avei de ne m' aider ni de me conseiller dans mon voyage projeté à Dijon, assurément je me voudrais mal d'en avoir eu seulement Vidée. Cependant je crois. Monsieur, vos craintes pour Naigeon un peu hasardées, et votre prévention pour mon médiocre et très médiocre talent un peu forte . car n'ai je pas tout lieu de craindre qu'un travail de trois ans après d'excellents models et sous un maître éclairé^ ne l'ait mis ainsi que beaucoup d'autres bien au-dessus des faibles efforts que je pourrai faire pour me distinguer dans le concour : je ne vois pas il est vrai de moyen quoique très-douteux plus prompt pour sortir de ma situation actuelle que ce concour de Dijon; mais ne crains- je pas aussi et avec raison de n'y faire que des tentatives infructueuses et trois années perdues ne me donnent elles pas de justes aprehensions et malheureusement trop bien fondées : la seule raison qui m'engage fortement à ce voyage ce sont les études que je serai dans le cas et à portée de faire et qui je crois ne me seront pas inutiles.

« Parlons un peu d'autres choses. Vous m'enhardisse^^ Monsieur^ et je redoublerais avec ardeur mes instances peur vous engager à venir à Cluny si Je ne consultais que mon cœur et si je ne craignais aussi de vous incommoder , car je préférerai toujours quoiqu'il m'en coûte votre commodité et vos goûts à mes désirs quelques violents qu'ils puissent être, cependant, je ne puis m'en tenir là quand je pense au plaisir de voir deux amis et un bienfaiteur ; allons monsieur et mademoiselle faite moi cette grâce sans répugnance, vene^ y; mon beau père, ma belle mère, mon épouse la désirent également et joignent leurs instances aux miennes pour obtenir de vous cette grande faveur, vous voye^ monsieur, mon c.œur l'emporte et me fait déjà oublier que vos goûts et votre volonté doivent être les miens.

« Je commence aujourd'hui votre gravure que je soignerai du mieux qu'il me sera possible, vos observations à l'égard de Cipris et de la tombe sont fort justes et je m'y conformerai dans l'exécution de la planche.

« Donnei moi s'il vous plaît et au plus tôt les nouvelles de votre santé qui m'intéresse infiniment. Je crois que ces diables de rumes tiennent tout le monde, car à Cluny on en est assommé.

« Je suis. Monsieur, avec tout le dévouement et le respect possible,

« Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

« Prudhon, peintre, « Mille choses de ma part à mademoiselle D embrun ^ . »

Cette liaison de patronage et de reconnais-

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