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composition qui flotte dans sa tête. Voilà, sous sa main d'abord hésitante, les jeux charmants, les jeux vivants de la lumière et de l'ombre, des figures, des groupes, des tableaux essayés et comme cherchés à tâtons par le crayon. Puis, de croquis en croquis, c'est une accentuation plus osée, plus magistrale, un modelage plus étudié, plus savant et plus simple, jusqu'à ce qu'enfin le plein rayon de la création éclate sous sa main victorieuse, éclairant la troupe de Grâces décentes, et le chœur de ces allégories morales déjà indiquées sur son album d'Itahe.
Déjà, en 1791, Prudhon avait envoyé au Salon de Paris un dessin à la pierre noire, représentant un jeune homme appuyé sur un dieu Terme. Le Salon de 1793, qui montrait de lui trois peintures, un portrait d'homme, un portrait de femme et V Union de l'Amour et de l'Amitié, montrait aussi deux dessins du peintre, tous deux à la plume. Le sujet de l'un était tiré du premier acte à' Andromaque . L'autre était V Amour réduit à la Raison, « faisant partie de la collection du citoyen d'Arlet », nous dit la gravure de Copia, ce qui semblerait indi-
quer que le dessinateur était déjà apprécié par les amateurs et les collectionneurs.
Étrange œuvre pour un tel temps, VAmom^ réduit à la Raison! Imaginez dans un coin de ce salon, envahi par la tragédie, la déclamation, le tumulte et l'orage, un eidulion de la poésie grecque , un petit tableau d'Anacréon ; et n'est-ce pas le luth même du poëte, ce luth rebelle à chanter les Atrides et les travaux d'Hercule, ce luth qui ne veut chanter que l'amour, dont le peintre a retrouvé les cordes divines et l'immortelle harmonie?
A un anneau scellé dans une gaine qui porte la tête de Minerve casquée, l'enfant Amour est lié par les deux mains. Dépité, furieux et vaincu, se débattant contre ses liens, il retourne et renverse en arrière son Joli visage, crispé par la colère et les larmes. La plainte et la rage d'un enfant gâté se mêlent dans le cri de sa bouche entr'ouverte. Vainement il bat de l'aile, vainement, du pied gauche, il bat impatiemment la terre. Assise en face de la Minerve, les bras nus et le sein à demi dévoilé, le chiton aux plis fins et serrés noué au-dessus de la taille, une draperie aux grandes
lignes jetées sur les genoux, le corps balancé par l'avance d'une jambe et la retraite de l'autre, une femme, les deux bras levés en l'air, approche l'une de l'autre ses mains pour applaudir : c'est la Raison qui sourit avec une douce moquerie en penchant sa tête sur son épaule,
L'Amour réduit à la Raison n'attendait pas longtemps son pendant : Le Cruel rit des pleurs qu'il fait verser. La femme ici courbe la tête, et ses cheveux, dont les tresses se dénouent, pleurent sur ses épaules. Tout son corps s'affaisse. Elle se soutient d'un bras, laissant pendre l'autre dont le mouvement vient mourir sur sa jambe. Une larme tremble à son œil. Auprès d'elle, une rose eifeuillée gît sur le sol, — ruine et débris d'un rêve qui semblent, semés çà et là, les morceaux du passé et les parfums d'hier. Et devant l'Ariane, voilà le même enfant, mais cette fois c'est l'Amour libre, maître et vainqueur. Immobile et léger, une jambe passée sur l'autre, les deux bras noués sur son arc droit et qui le porte sans plier, le menton posé sur les mains, il avance et semble balancer narquoisement sa petite tête serpentine oii la
bouche rayonne d'ironie, dont Fœil est noir de vengeance, et qui montre, dans Féclair du triomphe, une mahce de faune, une joie d'enfant, un rire de dieu!
Puis c'étaient tant de dessins immortels! Un jour, d'une page déchirée d'Ovide, le crayon de Prudhon faisait une page de Michel- Ange. C'était ce sujet longtemps cherché par Prudhon, et dont le baron de Joursanvault a gravé à l'eau-forte la première idée. Cérès à la recherche de sa fille, Cérès attablée et ailamée, penchée sur la bouillie dont une vieille femme lui fait la charité, la cuiller suspendue aux lèvres, foudroyant de son regard et du froncement de son sourcil de déesse le petit Stellion dont la bouche se fend déjà en rire batracien. Un autre jour, il allait chercher la volupté dans l'Ancien Testament, et dessinait ce beau torse de la Passion qui se penche sur Joseph et semble s'enrouler autour de lui. Ou bien c'était la vierge de l'Ile-de-France qu'il montrait sur le pont du vaisseau, violée par le vent et la mort, mourante, et, d'un geste de modestie suprême, voilant son agonie. Puis, ses crayons revenaient à la patrie de ses idées,
à la Grèce 5 et l'on eût dit que le dessinateur tirait du jardin de ses temples écroulés les statuettes de ses dieux, un petit Panthéon où le blanc caresse le papier bleu comme un rayon de lune caresserait une frise de marbre. Ici c'est Pallas, ici Minerve; là c'est la troupe des Muses, menée par Apollon; partout c'est la bande libre et mutine des Amours allumant des torches, aiguisant des flèches, petits dieux aux membres arrondis, que Prudhon répand dans son œuvre pour l'animer du mouvement et des jeux de l'enfance.
Rien de plus intéressant que de surprendre la main de Prudhon et de suivre les enfantements de son dessin dans les études possédées par M. E. Marcille, M. Laperlier, M. de Boisfremont, véritables révélations, précieuses confidences de son faire, qui nous permettent de regarder par -dessus l'épaule du peintre la marche de son crayon, et d'assister poiw ainsi dire à son travail. L'originalité, la force, la marque du génie de Prudhon est d'aller toujours de l'intérieur à l'extérieur de sa figure. C'est le dessin de la lumière qu'il cherche avant tout sur le corps humain : le rayon, voilà sa
ligne. Aussitôt qu^il a jeté sur le papier bleu le tracé léger du contour et des ombres, marqué ses places, embrassé ses proportions, il donne sur ces premières indications un coup de mouchoir qui fait fuir le crayon noir dans le nuage d'une préparation de fusain. Il commence à sortir son académie du fond tendre et de la nuit claire de son papier avec des traits droits de crayon, largement espacés, qu'il conduit dans le sens du courant des muscles, et qu'il ne croise qu'à la rencontre des emmanchements. Dans ce réseau, sous cette armature de blanc, vous croiriez voir se lever dans un crépuscule un écorché de lumière ; puis les ombres se renforcent de sauce; d'un trait gras et large le dessinateur enveloppe, plutôt qu'il n'arrête, le contour de sa figure, et le laisse flotter dans le linéament indécis, baigné de la lumière ambiante, avec lequel la nature accuse, en les caressant, les extrémités d'une forme. Et le voilà revenu à son modelé de lumière 5 il recharge ses valeurs, il masse et presse les raies de crayon blanc, qui se rencontrent en losanges aux reliefs des attaches, aux ressauts des membres et promènent en traînées d'ar-
gent, sur les pectoraux, le relief rayonnant des cavaliers du Parthénonj puis une estompe de mousseline l'Inde amortit tout ce travail dans une fonte générale. La sauce frottée a laissé le reflet sourd et moelleux du velours gris aux parties d'ombres auxquelles Prudhon ne touche plus que pour les accentuer dans les valeurs de rayures de crayon noir qui vergent le papier. Le moment du dernier travail est venu : le crayon blanc est repris, et ses raies recommencent; mais, cette fois, Prudhon le pousse à petits coups sur cette £gure, qu'il semble lisser et polir amoureusement; il nuance les plus petites indications de lumières, il fait sentir la moindre dégradation des plans, et il ne s'arrête que lorsque l'image humaine vit et palpite sous les mille petites lignes juxtaposées de son crayon comme sous une trame de jour*.
I. Sur la signature des dessins de Prudhon, une lettre de Prudhon à Constantin, publiée par M. Clément, est toute une révélation :
« ... Ton père signait pour moi les dessins de moi qui lui tombaient dans les mains, car jamais je n'en ai signé aucun. Si ceux dont tu me parles, tu les reconnais de moi, rien ne t'empêche d'en faire autant, de plus tu as ma signature au bas de ma lettre : elle peut te servir de type. »
Esquisses, projets de tableaux, de portraits, de vignettes, Prudhon les traite de même, presque toujours sur ce papier bleu où les premières pensées de ses conceptions semblent se débattre dans une aube; car, à ce grand maître, Fidée du mouvement, le projet de la composition apparaissent, aussi bien que la ligne du dessin, dans une vision lumineuse. Du blanc, du noir, des balafres de crayon, des hachures brutales, cela lui suffit pour fixer le premier éclair de son imagination. Rien qu^un barbouillage, et vous verrez déjà s'agiter sous un baiser du soleil le groupe à'Innocence et Amour; rien qu'un nuage, et vous aurez réblouissement de FOlympe, cette voûte toute rayonnante d'un fourmillement de dieux, sur laquelle se détache la Diane aérienne et volante qui pose ses mains sur les genoux de Jupiter.
Prudhon vécut longtemps de ses crayons.
Il demanda son pain à des dessins de circonstance. Sous la République, il dessina des Lois, des Libertés ; il fit une allégorie de la Constitution française de 1793, rêve de bonheur du patriotisme qui semble le fronton d'une uto-
pie ; et, dans tous ces dessins, il sut prêter l'idéal d'une force sereine ou d'une grâce monumentale aux passions comme aux illusions de son temps. Pendant des années, il usa ses crayons sur des vignettes banales, des fleurons d'imprimés, des tètes de lettres administratives, illustrations microscopiques, figures d'un pouce, qu'il savait signer de son style et où il enfermait sans effort la grandeur et le mouvement qu'un Pyrgotelès fait jouer dans le cercle d'une pierre gravée. Quoi encore? des culs-de-lampe minuscules , des en-têtes de factures et de traites commerciales, des sceaux de maisons de commerce, les plus misérables petites œuvres du métier, tout cela sortait de sa main, comme un Olympe de Lilliput, ennobli d'une vénusté magistrale. Les cartons des amateurs, les reliquaires des curieux ne gardent-ils pas de lui des cartes d'adresse où Prudhon fit tenir son génie? N'a-t-il point laissé tomber de ses crayons cette adresse d'un bijoutier du Palais-Égalité, dont il répétait le dessin sur le verre de la boutique? Vous retrouverez les morceaux brisés de l'enseigne chez M. de la Salle. Et pour la veuve du bijou-
tier^ c'était cette autre adresse, un tableau de Parrhasius retrouvé dans un carré de papier : cet Amour faisant briller entre ses doigts les bijoux de ce coffret ouvert, d'où la Tentation s'envole comme d'une autre boîte de Pandore, tandis qu'une femme au torse nu attache à son oreille les tryglèmes d'or avec une coquetterie de bacchante. Et ne met-il pas l'immortalité de sa grâce jusqu'en des images de confiserie, jusqu'en cette Léda dont il pha les reins et roula l'écharpe dans le cadre d'une bonbonnière? Imaginez des vers d'André Chénier tombés dans une boîte du Fidèle Berger!
La misère, la famine de 1794 chassaient Prudhon de Paris. Il se réfugiait et s'établissait en Franche-Comté, à Rigny, près de Gray, où il avait la bonne fortune de trouver à faire des portraits au pastel, portraits à la grosse, mais où le peintre, qui ne pouvait toucher à rien sans y mettre son originalité, essayait déjà ces tons laqueux et sans mélange de jaune, ce
martellement de la touche, ces égratignures hardies de bleu dans les ombres, qui devaient donner plus tard à ses pastels cette fraîcheur humide et cette sorte de clapotement de lumière avec lesquelles ses crayons peignent la chair. Prudhon quittait la Franche-Comté avec Targent de ses portraits et la protection de M. Frochot, dont il avait fait la connaissance; il revenait à Paris sans doute vers le commencement de Tannée 1796 ^ On ne voit rien de lui au Salon de Tan IV (1795), et au Salon de Tan V, qui est l'année de son retour, son envoi, le portrait du citoyen C..., n'est point terminé : une note du livret dit que le temps n'a pas permis à l'artiste de finir les
I. A son retour à Paris, Prudhon fit quelques visites à ses confrères, visites que M. Clément raconte ainsi : a David et Girodet le reçurent assez mal. Seul parmi les peintres en renom, Greuze l'accueillit d'une manière bienveillante. Avec sa brusquerie habituelle, il lui dit : « Avez-vous du talent? — Oui, répondit le candide Prudhon. — Tant pis, reprit Greuze. De la famille et du talent, c'est plus qu'il n'en faut pour mourir à la peine. Que voulez -vous faire avec du talent, aujourd'hui qu'il n'y a plus ni Dieu, ni diable, ni roi, ni cour, ni pauvres, ni riches? Moi qui vous parle, vous savez que je suis tout aussi grand peintre qu'un autre ; voyez mes manchettes ! »
mains ni les vêtements. Cependant les dessins ■ qu^il exposait, les trois dessins de Daphnis et Chloê, commencés en 1793, pour Pédition de Didot, et les dessins de l'Art d'aimer de Bernard, faisaient prendre aux éditeurs le chemin de son atelier, et le voilà gagnant, par-ci parlà, quelque six louis avec les Renouard du temps \ Au Salon de Fan VII (1798), Prudhon exposait un projet de frise représentant une bacchanale : ne serait-ce pas le dessin qui est en si belle compagnie de dessins du maître dans la collection de M. G. Marcille, cette Vendange qui chante Vepilemios avec le rire du vin nouveau? Cette année-là, Prudhon exposait encore la belle gravure de Phrosîne et Melidor; car ce talent souple et multiple, qui se plie à toutes les formes de Fart, manie d^inspiration tous ses outils. 11 y a un graveur dans Prudhon, un graveur qui s^est bien peu témoigné, mais qui a formé Copia et Roger, et qui a dicté à leur burin le procédé tout à la fois
I. M. Laperlier nous communique la quittance suivante de Prudhon : « J'ai reçu du citoyen Roger pour le citoyen Renouard^ la somme de 6 louis pour un dessin de Daphnis et Chloé, qiie je lui ai livré à Paris ^ ce f messidor an IX. Prudhon, peintre. »
gras, moelleux et ferme, qui convenait à la traduction de ces dessins. C'est le maître qui a donné à ces hommes habiles le goût et l'idée de tant de charmantes interprétations, dont vous trouverez le modèle et le type dans ces dessins à la plume de Prudhon, qui ne laissent au burin que la peine de la copie. Ce pointillé, qui, dans les planches des deux graveurs, rend avec tant de vaguesse et d'une façon si voluptueuse les nus de Prudhon, n'est-il point tout indiqué dans cet Enlèvement d^ Europe, où la plume de Prudhon pique si doucement les chairs d'un semis de points, et entre-croise si finement les menues tailles dans les ombres? Ou bien, prenons cette figure de LaRéveillère, le Pape des The'ophilanthropes , dans laquelle Prudhon a retrouvé la grande caricature du Vinci : que fera Copia, sinon de suivre fidèlement ce caressé précieux du modelé et ces accentuations de la face, estompées par la plume avec un travail si ressenti et si patient, qu'elle ne laisse guère à la pointe du graveur que le mérite d'un instrument de précision?
Enfin, en l'an VIII (1799), Prudhon exposait un grand tableau allégorique de plus de
trois mètres : La Sagesse et la Vérité descendant sur la terre, et les ténèbres qui la couvrent se dissipant à leur approche. C'était le tableau pour ^exécution duquel il avait obtenu, sur un dessin, à son retour de Franche-Comté, un logement et un atelier au Louvre. Avec ce tableau, Prudhon envoyait quatre frises, commandées par le riche fournisseur Delonois pour orner un petit salon de son hôtel, l'ancien hôtel Saint- Julien, rue Céruti. Ces frises devaient accompagner la décoration d'un autre salon où Prudhon avait représenté, en quatre grandes figures, la Richesse, les Arts, les Plaisirs, la Philosophie, avec des bas-reliefs imitant le bronze et quatre dessus de porte : le Matin, le Midi, VAprès-Midi, le Soir, personnifiés par des femmes peintes en grisailles. Cette décoration, qui fut la nouvelle etle bruit de Paris enl'an VIII et en l'an IX, ce grand tableau de la Vérité et de la Sagesse, auquel Bruun-Neergaard ne reprochait qu'un peu de lourdeur dans la tête de la Minerve, sortaient tout à coup Prudhon de l'obscurité où il s'était si longtemps débattu. Aussitôt des voix s'élevaient contre cette fortune subite d'un nouveau nom; des critiques
jalouses proclamaient que le peintre n'avait pas d'avenir, et le renvoyaient à ses vignettes avec une brutale insolence. Prudhon était devenu un rival.
Neuf ans après, Prudhon était un maître. Le grand peintre qu'annonçait le beau plafond de Diane au musée des Antiques arrivait à se posséder tout entier. Prudhon envoyait au Salon de 1808 la Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime, et l'Enlèvement de Psyché par les Zéphyrs. Bientôt le Zéphyr et Vénus et Adonis faisaient reconnaître par le public un talent qui n'avait eu guère jusque-là d'autre consécration que l'applaudissement sans écho de quelques gens du métier.
Le beau et mâle tableau, cette Justice divifie poursuivant le Cî^inie ! quelle grandeur simple de composition ! quelle sérénité pathétique, dont la terreur semble l'horreur divine des anciens et n'ôte rien à la majesté de l'idée morale! Et quelle exécution large, franche, vigoureuse! quelle science dans les luttes du clair de lune et de la lueur de la torche dans les ombres et les reflets! Rappelez-vous ce sauvage paysage, et que d'air! ces belles
figures volantes, ce corps d'Abel!... C'est le chef-d'œuvre de Prudhon.
Une lég-ende rapporte à M. Frochot l'honneur d'avoir inspiré à Prudhon la première idée de son tableau. C'était dans un dîner à l'Hôtel de ville; sur cette citation faite par M. Frochot des vers d'Horace :
Raro aiitecedentem scelestum Deseruit pœna...
Prudhon se levait de table, et, au bout d'un quart d'heure passé dans le cabinet du préfet, il rapportait le dessin de la Justice divine. Il n'est point à croire que cette grande image apparut ainsi à Prudhon tout à coup et toute formée. Il la tourna et la retourna, au contraire, longuement dans sa tête; il la chercha, sans se lasser, sur le papier. Et c'est à cette poursuite passionnée, à l'obsession de cette inspiration, qu'il faut rattacher le magnifique dessin dii Louvre % où Prudhon semble chercher la Calomnie d'Apelles. Un ange vengeur,
I. L'admirable dessin donné par Constantin fils à Ledru- RoUin et acheté par le Musée 3,500 francs.