Dessin possédé par M. le comte de la Beraudière
édition de Rodogiine imprimée sous ses yeux, avec ^indication Versailles, au Nord.
Pour M. de Marigny, Cochin en était devenu Finséparable , Fhomme de compag'nie attaché à sa personne, le suivant habituel, ne manquant jamais dans ce groupe de familiers escortant le frère de M™* de Pompadour à l'ouverture des expositions du Salon . Il ne suffisait pas à M. de Marig-ny de l'avoir sous sa main au Louvre; il l'emmenait dans son voyage de Flandre et de Hollande. Et à la vente de sa succession, on vit passer le souvenir de tous les séjours de l'artiste à Marigny, dans cette série de vues de tous les côtés du château, du marché, des environs et du joli hameau au joli nom : Ecoute s'il pleut \ Si près des bontés du frère, si près des grâces de la sœur, Cochin ne pouvait manquer d'accumuler les places, les honneurs, les bénéfices. Le 25 janvier 1755, il était nommé secrétaire et historiographe de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Depuis longtemps déjà, logé au Louvre, il y
I. Catalogue de différents objets de curiosité dans les sciences et arts qui composaient le cabinet de feu M. le marquis de Menars, par Basan et JouUin. Paris, 178 1.
occupait deux logements ^ Au mois de mars 1757, ses protecteurs lui faisaient conférer des lettres de noblesse-, et plus tard le cordon royal de Saint-Michel. Tout' doucement, par l'ascension naturelle de sa position, il devenait le conseiller de la surintendance, l'homme entièrement chargé du détail des arts, — cette dépendance ordinaire de la place de premier peintre dont s'était fait décharger Carie Vanloo, — l'arbitre des récompenses et des encouragements, l'examinateur des projets, le rapporteur bienveillant des requêtes, ainsi que le témoigne cette longue lettre :
Monsieur j
Vous me perinettei de vous présenter mes idées sur les bienfaits que vous avei à répandre. Cette confiance que vous me faites l'honneur de m' accorder est ce qui pouvoit m' arriver de plus Jlatteur^ mais elle m' alarme sur mes lumières; et je ne puis m'empêcher de craindre de ne pas réjîéchir avec asseï de justesse. Je ne me rassure quen pensant que vous me pardonneriei si je n' envisageais pas toujours les choses du côté le plus convenable^ et que vous redresserei mon jugement en ne lui donnant que le degré de valeur qu'il pourra avoir