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LES FOURNITURES
Ces tronçons doivent êlre fendus à la liaclie (coiilre), de manière à ce que les quartiers soient toujours de fil et toujours sur maille (Fig. 38 et 39).
Cest la partie mc^diane de la bille qui est la u]cilleuri\ Malheureusement les intérêts commerciaux des fabricants sont en opposition avec les observations que je viens de faire, car, les bois . , ^
devenant tous les jours plus rares et plus chers, on a tout intérêt, pour éviter les déchets, à les débiter à la scie à ruban sans sMnquiéler s'ils sont de fil ou non.
On débite les tables de deux manières : en une ou en deux pièces (Fig. 40). Contrairement à l'opinion générale, je préfère les tables en deux pièces, pour la raison suivante : la partie du bois la plus près de Técorce est toujours la plus serrée et la plus ferme ; de sorte qu'en collant côte à côte les deux parties jumelles d'un même quartier, on pourra le faire de façon à placer la partie du bois la plus résistante au centre de l'instrument, sous les pieds du chevalet qui, en raison du poids mort
constant et considérable de celui-ci, tendent tou- „. ... ^ , ,, ^^, ^^
. Imjç. 40. — Pièce de bois
jours à déprimer la surface sur laquelle ils repo^ débitée poub table de sent. De plus, n'est-ce pas le centre, la place iïar- "'''''''''' """^ '''''''' '''^'^^^' mes comme l'appelait Rambaux, qui ébranle le reste de Tinstrument et qui, par conséquent, doit être le plus robuste? On comprendra maintenant que, les deux morceaux du même quartier étant joints comme les deux côtés d'un livre ouvert, la table se trouvera absolument équilibrée.
Il convient de choisir un bois un peu plus large d'accroissement pour les basses que pour les violons. Le bois doit toujours être un peu ferme, brillant sous l'outil, sans nœuds ni tournants, sans taches d'aucune nature, sans piqûres de vers, bien de fil, naturellement, et bien sur maille, c'est-à-dire que les côtes (accroissements) doivent se diriger perpendiculairement à la surface de la table. Il doit avoir été abattu en arrière-saison, et cela depuis 4 ou 5 ans; être resté en quartiers pendant tout ce temps, avoir séché dans un endroit bien aéré, non humide, sans être passé à rétuve et encore moins au four (1).
(1) On prétend pouvoir sécher les bois en très peu de temps au moyen de rozone. Ne connaissant pas assez ce procédé employé déjà dans quelques grandes maisons de facture de pianos, j'engage mes lecteurs à se renseigner.
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Sans toutes ces conditions, qui doivent guider le choix des bois, on ne fera pas de bonne besogne, car les tables insuffisamnient sèches, étant maintenues par les coins, les tasseaux et les contre-éclissesetne pouvant par suite se rétrécir librenient, se décolleront aux flancs, perdront une partie de leur bord ou se fendront, ce qui sera pire. De toute façon, les bois défectueux ne pourront faire que des instruments médiocres.
Les anciens luthiers parisiens de la valeur des Boquay, Médard, Renaudin, Louis Guersan, Louvet, Nicolas, etc., étaient certainement des ouvriers autrement habiles que les Testore, Gaspar da Salo, Grancino, Celoniati, etc., et j'en passe de plus médiocres encore, et cependant les tables de résonnance employées par ces derniers étaient d'excellente qualité, tandis que celles de toute Tancienne lutherie parisienne étaient de ce bois sans canaux résinifères qui est dur et peu vibrant.
Si la facture de ces luthiers italiens de troisième et quatrième ordre était défectueuse, ceux-ci avaient encore pour eux leur vernis qui était généralement souple, de riche nuance et qui rachetait par son éclat les lacunes d'une exécution lâchée. N'est-ce pas d'ailleurs à cause de cette 7^obe, qui fait les trois quarts de leur valeur, que ces instruments sont recherchés aujourd'hui des amateurs? Que seraient-ils sans l'habileté des luthiers parisiens modernes qui refirent toute leur structure intérieure, remirent d'épaisseur, doublèrent les parties faibles, rebarrèrent, etc., tout cela pour la plus grande gloire d'ouvriers peu habiles dont bien des produits seraient désavoués par des apprentis luthiers de deuxième année? Il est à croire d'ailleurs que si tous ces petits luthiers italiens revenaient au monde, ils seraient bien étonnés de voir leurs noms devenus célèbres et accollés à ceux des Amati, Stradivarius, Magini, Guarnerius (Joseph del Jesu), Steiner et Lupot, ces véritables maîtres violoniers.