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LES CONTRE-ÉCLISSES

L'ajustement et le collage des contre-éclisses demandent quelques soins pour être bien faits. On commencera par les CC qui devront s'entailler de 2 lignes environ dans les coins. Les contre-éclisses du devant et du derrière devront forcer un peu en longueur et faire queue par bout -contre les coins et les tasseaux. Ce n'est pas obligatoire; mais le travail -est ainsi plus solide et moins sujet au décollement.

Pour que le collage des contre-éclisses soit parfait, je conseille de se servir de contre-parties de laiton d'un millimètre d'épaisseur et de la largeur de la contre-éclisse sur laquelle on les appliquera après les avoir cintrées exactement. Ces contre-parties métalliques auront l'avantage de permettre la diffusion du serrage des béquettes, de faire disparaître les ondulations du ployage et d'éviter par conséquent un collage inégal.

Lorsque les contre-éclisses seront sèches, on les taillera en chanfrein^ c'est-à-dire qu'on en maintiendra toute l'épaisseur à la partie qui recevra le fond et la table, et on les diminuera, sans les amaigrir, à la partie opposée, pour les finir à zéro contre l'éclisse. On doit aussi laisser un petit congé dans l'épaisseur à chaque départ du chanfrein de la contreéclisse de chaque côté des tasseaux et des coins. Ce détail donne une certaine élégance au travail intérieur; il se fait au canif et se termine à la lime et au papier de verre n^ i (1). Ensuite on dressera et dégauchira à la

(i) Pour les contrebasses, les contre-éclisses seront doublées dans les CC, afin de donner une plus grande solidité à cette partie de l'instrument.

règle la surface des éclisses, contre-éclisses, tasseaux et coins sur laquelle sera collé le fond. En ce qui concerne les tasseaux et les coins, on tracera au crayon, et suivant un gabarit, la portion de leur surface qui adhérera au fond ; on chanfreinera au canif jusqu'au trait ainsi fait, et ce n'est que lorsqu'on aura démoulé, qu'on pourra terminer ces tasseaux et ces coins au ciseau et à la lime par l'autre côté, celui de la table. On pourra alors finir le travail en donnant un dernier coup de polissage aux éclisses et en collant les tasseaux et les coins qui recevront bientôt le fond. Par les détails que je viens de décrire, on se rendra compte combien le moule en creux, dit moule en dedans, présente d'avantages sur le moule

Fig. 50. — Montage d'un molle en crelx or en dedans.

en dessus dont j'ai décrit le montage. Ce dernier, en effet, encombre tout l'intérieur de l'instrument; il oblige de s'y reprendre à deux fois pour contre-éclisser, finir les coins et les tasseaux ; enfin il rend la régularisation des différentes hauteurs (devant et derrière) plus difficile, l'affleurement, l'horizontalité et la reclitude générale moins rigoureuses, le serrage des collages moins facile et moins sûr (Fig 50).

Le moule en creux ou en dedans a encore sur celui en dessus un avantage réel d'exactitude : on est sur de monter d'équerre, puisqu'il a la hauteur totale des éclisses, et par conséquent d'éviter tout dévers. Tout se monte ensemble : les CG ont leurs becs préparés pour recevoir les extrémités du devant et du derrière qui viennent les recouvrir ; les coins sont ajustés et, en venant se coller, maintiennent le tout en place; les tasseaux se posent les derniers; les contre-éclisses consolident encore Tœuvre parce qu'au lieu de tendre, comme dans l'autre système, à déformer les éclisses, elles les font au contraire adhérer au moule. Quant au travail intérieur, il est simplifié, parce que dès que les happes sont enlevées tout est libre. Enfin, la régularité de celte méthode est si grande, qu'on peut rogner d'avance fond et table au gabarit, et que ces pièces vont de n'importe quel côté; seulement il est nécessaire que les éclisses soient d'une épaisseur très égale, car l'ajustage rigoureux du bec des coins en dépend. De plus, comme les éclisses doivent être moins hautes sur le devant de l'instrument que sur le derrière, le champ de ce moule étant aminci régulièrement de chaque côté, la construction des éclisses est logique, ce qui n'est pas dans celle du moule en dessus, où seul le côté de la table est abaissé vers le manche.

Pourtant la routine a encore ici le pas sur le progrès, car, malgré l'évidence incontestable de la supériorité d'un procédé sur l'autre, c'est le plus pratique qui a été presque complètement abandonné (1). L'habileté de l'ouvrier doit suppléer à l'insuffisance des moyens a Nous avons toujours fait comme cela », vous sera-t-il répondu, et c'est paraît-il une raison péremptoire.

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