‹ L'art du luthierChapitre 6 sur 106 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

dans celte facture artistique. Les ateliers parisiens sont également renommés pour leurs travaux de réparation, dont ils ont pour ainsi dire le monopole, Mirecourt ne fabriquant guère que du neuf.

Après avoir fabriqué, à partir du xvi^ siècle jusqu'à la fin du xviiie, cette variété énorme d'instruments comprenant : violons, altos, ténors, violoncelles, contrebasses de différentes formes, violes d'amour, basses de violes, violons d'amour, quintons ou pardessus de violes, guitares, luths, théorbes, etc., la lutherie parisienne actuelle est limitée à la construction des violons, altos, violoncelles, qui ne sont en réalité que le même instrument à des échelles différentes. Quant aux contrebasses, elles sortent presque toutes des ateliers de Mirecourt où on en fait encore de fort belles. La maison Gand et Bernardel frères (aujourd'hui maison Caressa et Français) est à peu près la seule, à Paris, qui construise ces instruments, mais elle le fait avec une incontestable maîtrise.

La fabrication des instruments à cordes pincées ressort également de la lutherie ; elle se réduit à peu près aujourd'hui à deux types : la guitare et la mandoUne, qui sont devenues des instruments presque exclusivement réservés à l'exportation. Cette facture est pour ainsi dire monopolisée par Mirecourt. Les anciens ateliers des luthiers guitaristes parisiens ont suivi la fortune des instruments qu'ils fabriquaient et se sont fermés les uns après les autres. Lacôte, qu'on avait surnommé le Stradivarius français de la guitare, a été le dernier d'une brillante pléiade.

On a cherché, en ces dernières années, à faire revivre la guitare, sans doute à cause de la grâce que savent déployer les femmes lorsqu'elles s'en accompagent en chantant. Mais la tentalive n'a pas réussi et la pauvre guitare est restée reléguée au rôle modeste et traditionnel d'instrument d'accompagnement des chanteurs ambulants. Seuls quelques pays, tels que l'Espagne, la tiennent encore en honneur ; alTaire de sérénades !

Quant aux autres types d'instruments à cordes pincées ou à roue tels que la awndore, le cistre, le luth, l'archi-luth, la vielle, etc., ils ont tous disparu après avoir eu leurs beaux jours el même leur littérature musicale, et plus d'un luthier serait fort en peine aujourd'hui de construire ou même de montrer l'instrument qui a donné son nom à sa profession. Il faut voir la cause de ces abandons dans Tinsuflisance de sonorité des instruments délaissés, mais on peut également l'attribuera la mode qui, dans la musique autant que dans toutes les autres branches de l'activité humaine, dicte des arrêts souvent sans appel.

ct; o

ce;

O co

Page 1