‹ L'art du luthierChapitre 70 sur 106 · VIOLON DE SULEAU · texte numérisé non relu

VIOLON DE SULEAU

Parmi les dilTéreiites tentatives plus ou moins heureuses de quelques chercheurs pour donner une plus grande puissance de sonorité ali violon^

il faut mentionner les violons à tables et à fonds ondulés, dits violons à là Suleau, du nom de leur inventeur.

Cet estimable artiste, originaire de Dijdn, jouait fort bien du violon et avait quelques notions de lutherie. Il s'était imaginé qu*en donnant une surfoce pliis éteiidue à ses tables, if faciliterait les vibrations et par conséquent obtiendrait plus de sonorité et de force. Comme il se trouvait limité d'un côté par la longueur du diapason qu'on ne peut modilîer, et de l'autre par la largeur du coflVe qu'on ne peut étendre sans en arriver à faire un alto, son esprit s'attacha à tourner cette double difficulté et lui suggéra l'idée suivante :

Au lieu d'avoir une table et un fond simplement voûtés, il y creusait des sillons longitudinaux, pi*ofonds, formant une succession de saillies et de creux, tout en maintenant partout une épaisseur normale.

L'idée était originale et ingénieuse, puisqu'elle permettait en effet d'amplifier les surfaces vibrantes sans modifie** la forme générale de Tinslrument. Mais elle n'était malheureusement que cela, car celle sorte de gaufrage donnait de la raideur à la table et en paralysait les vibrations au lieu de les développer. Le malheureux inventeur en tenait cependant pour son idée : après avoir essayé les ondulations en long, il les fit en travers. Le résultat fut encore plus déplorable, car cette succession d'entailles tranchant le fil du bois en travers désagrégeaient toutes les propriétés vibratoires du sapin et dé l'érable et étaient funestes pour la sonorité, au lieu de l'amplifier (Fig. 77)-

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Fig. 77. — Violon de Slleac.

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