MOBILES POUR L*ACCORD DES PRO- LONGEMENTS DE CORDES
^ Application du système au violoncelle
1 Les noies défectueuses du violoncelle sont fa naturel et fa dièse sur la troisième corde. Certains instruments n'ont de mauvais que le fa naturel; d'autres \efa dièse; quelques violoncelles ont les deux, mais alors presque jamais au même degré. Les interférences qui les produisent nous paraissent avoir une autre cause que celles qu'on remarque sur le violon. Nous en voyons plus particulièrement la cause dans le volume d'air contenu dans rinstrumenl(l); l'expérience suivante justifie, ce nous semble, celte opinion. Lorsqu'on produit un son avec la voix près de l'ouverture des ff et que ce son rencontre l'unisson de la note donnée par le volume d'air dont nous parlons, on remarque que cette note est très voisine des notes défectueuses ; de là peuvent naître les interférences qui nuisent à la sonorité du fa naturel ou du fa dièse. Quoi qu'il en soit, les moyens que nous proposons pour la correction des mauvaises notes du violoncelle sont analogues, quant au principe, à ceux que nous employons pour le violon, mais ils diffèrent quant au mécanisme.
^ Le seul prolongement de corde que nous pourrions employer pour ia correction du fa naturel et du fa dièse de la troisième corde est celui de la quatrième corde. Mais le degré de tension qu'atteint cette corde en raison de son fort diamètre l'empêche de donner la vibration et la sonorité nécessaires pour combattre la mauvaise qualité de son des notes défectueuses ; c'est pourquoi nous avons recours au moyen suivant. Nous avons fait ajuster sur un violoncelle un appareil fort simple, dont nous devons la construction à la complaisance d'un luthier très habile, M. Chanot, qui nous a prêté, pour cet essai, le concours le plus intelligent et le plus désintéressé. Cet appareil consiste en une petite pièce de bois placée sous la touche, à la naissance du manche ; elle est disposée de façon qu'on puisse y adapter une cheville destinée à tendre une corde qui a son point d'attache sous le cordier. Cette corde sera d'abord fixée sous le cordier, passera ensuite dans le centre du chevalet par une ouverture pratiquée pour cela un peu au-dessous du cœur du chevalet, puis poursuivra sa roule en passant sous la touche, jusqu'à la cheville destinée à la recevoir. C'est par l'influence de sa vibration que nous parve-
(1) J'ai expliqué plus haut, dans une note de la page 272, que c'est à cette même -cause que me paraissent dus les elTets d'interférences constatés sur le violon. Seulement, pour le violoncelle, j'ai constaté que les notes défectueuses peuvent aller du mi au i'o/, suivant la taille de l'instrument et par conséquent suivant le volume intérieur de sa caisse sonore. (A. T...)
nons à corriger les notes défectueuses du violoncelle. Cette corde devra s'accorder au moyen de sa cheville, à Tunisson du fa naturel ou à celui du fa dièse de la troisième corde, suivant le défaut de l'instrument. C'est un sol d'alto, que nous faisons filer à la longueur nécessaire (i). La pression exercée sur le chevalet par cette corde d'un faible diamètre, surtout à la tension que nous lui donnons, ne peut en aucune façon nuire à l'équilibre de l'instrument.
» L'appareil dont nous venons d'expliquer la construction et l'emploi est d'une application très facile ; la place qu'il occupe sur le violoncelle et sa très petite dimension le rendent presque imperceptible. »
Comme on le voit, le système de correction des notes défectueuses préconisé par M. Dien est extrêmement ingénieux. A. ce titre, il mérite d'être connu de tous et je m'en serais voulu de ne pas l'avoir signalé dans ce livre. Malheureusement, je doute que les artistes consentent Volontiers à faire à leur instrument une adjonction quelconque, si peu visible qu'elle soit ; c'est pour cela probablement que l'invention de M. Dien n'a pas été, depuis longtemps, mise à profit par tous ceux qui jouent d'un instrument à archet.