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I. Épreuves par le protosulfate de fer

Dans le séance du 28 mai 1858, à la société française de photographie, M. Delahaye présente, au nom de M. Houdoy de Lille, quelques spécimens d’épreuves obtenues par l’azotate d’urane.

Les épreuves faites par >1. Houdoy ont, sur celles qui ont généralement été obtenues par l’azotate cl’urane, cette grande supériorité que l’image est plutôt à la surface du papier que dans la pâte, de sorte que, au lieu de gagner à être vues par transparence, elles montrent une grande supériorité par réflexion.

Depuis la bienveillante communication qu’a bien voulu me faire M. Houdoy, j’ai été à même de répéter, et toujours avec succès, les mêmes expériences : il est probable qu’on obtiendrait une grande variété de tons en essayant d’autres agents que le protosulfate de fer dont s’est servi M. Houdoy pour ses recherches : c’est une nouvelle voie déjà riche d’avenir ouverte à l’investigation des photographes. Voici le procédé.

Je prépare, dit M. Houdoy, mon papier à la gélatine et à l’azotate d’urane, suivant la méthode indiquée par M. de la Blanchère. Après l’exposition au soleil, comme agent révélateur, je me sers du bain d’acéto-nitrate d’argent dont on fait usage pour les épreuves négatives sur papier. L’exposition au soleil varie, suivant la nature du cliché, depuis une minute jusqu’à dix; elle doit être assez longue pour que l’épreuve apparaisse après trente à quarante secondes sur le bain d’acéto-nitrate; je la retire alors pour la poser sur le bain suivant :

400 grammes.

Eau.

Protosulfate de fer.

Acide acétique. . .

PAR LES SELS d’üRANE.

L’image acquiert sur ce bain une grande vigueur et sort pour ainsi dire de la pâte du papier pour apparaitre à la surface. En effet, les épreuves au nitrate d’urane qui n’ont pas subi cette réaction ne sont bonnes que vues par transparences ; celles au contraire qui ont subi l’action du bain de fer ne sont vigoureuses que par réflexion, l’image est à la surface du papier.

Si la pose au soleil avait été exagérée, il faudrait laver légèrement l’épreuve au sortir du bain d’argent avant de la déposer sur le bain de fer.

En sortant du bain de fer, les épreuves ont généralement une teinte sépia plus ou moins foncée, on les fait virer au noir par le chlorure d’or (sesquichlorure 1 gramme, eau distillée 1000) : lavage ensuite à plusieurs eaux. L’action du bain de fer étant assez rapide, il faut avoir à côté de soi une grande cuvette pleine d’eau pour y plonger promptement la feuille de papier dès que l’image a obtenu la vigueur décisive : le point doit être un peu dépassé lorsqu’on se propose d’avoir une épreuve à faire virer au noir par le chlorure d’or.

Le temps de pose est environ de au soleil pour avoir une reproduction de gravure et 10' pour un portrait.

Le bain de fer doit être très-faible; si l’image a posé convenablement, elle commence à apparaître en gris sur le papier. La richesse du bain ne doit pas dépasser 1 pour 100, et d’ailleurs il doit être fortement acide*

Dans ces circonstances, l’épreuve se développe très-bien, sans aucun voile, si le bain d’azotate d’urane a été de 1 0 à 15 pour 100.

Au sortir du châssis, l’épreuve est posée 20" à 30" sur le bain ordinaire d’acéto-nitrate, au bout de ce temps l’image doit être terminée ; elle se présente toujours avec le ton roux et désagréable des sels d’argent ; on la passe au bain de protosulfate de fer, où elle prend d’abord un ton plus brun, puis enfin noir; on lave, et on met au bain de chlorure d’or.

En remplaçant le protosulfate de fer par d’autres protoseîs métalliques, on obtient les mêmes résultats, mais avec des colorations diverses.

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