LES PHÉNICIENS ET LE DIEU PATÈQUE
Sons quel nom le désigner? Le dieu grotesque 13ès? Phtali, ou Pygmée? Ainsi, à travers les temps, ils nous apparaît énigmatiquo, avec sa double face belliqueuse ou plaisantine. Il était le caricatural Oroqnemitaine que les enfants redoutent sans y croire. Sous son nom de Phtah, il a été rencontré par Hérodote dans ses voyages, et le bon vieil historien l'a grécisé Patèque. En tant que Pygmée, il a été le père d'une innombrable lignée de nains burlesques, Pygmées chez les Grecs et les Romains, Kobolds et Goblins chez les peuples du Nord. En cherchant bien, on retrouverait quelques rares spécimens de sa progéniture, encore aujourd'hui, sous quelque champignon de la Forêt Noire.
Et maintenant, j'entends l'objection qu'on ne manquera pas de faire plusieurs fois au cours de ce livre : « Ce n'est pas une caricature. La naïveté et la maladresse des artisans ont seules donné à ce petit dieu ses lignes difformes. Il n'est une caricature qu'à nos yeux, comme le seraient aussi les idoles polynésiennes, objet de respect pourtant de la part des sauvages qui les ont taillées dans le bois. »
La comparaison serait inexacte. C'est une main expérimentée qui a façonné notre dieu Bès ; les intentions de difformité et de bouffonne laideur sont évidentes. Tout au plus peut-on dire que c'est simplement une figure non comique, mais fantastique.
Nous nous emparons aussitôt de ce mot, et nous revendiquons nettement le fantastique comme un des tributaires de la caricature. Il est le frère du grotesque. Mais les frères, quoique issus de la même origine, ont parfois des dissemblances profondes. Le grotesque est la caricature pour faire rire ; le fantastique est la caricature pour faire peur.
PVi
LA GAIETE CHEZ LES GRECS