SCHLITTGEN. — LES REINICKE. — FACÉTIES ET PEINTURES DE MŒURS
Quels que soient le talent et les efforts dépensés dans les nombreux recueils
périodiques qui ont pris en ce siècle le rire pour moyen et pour but, il sera reconnu sans conteste que les deux plus considérables, les deux monuments de l'art caricatural, sont la Caricature de 1830, à Paris, et les Fliegende Blàtter de 1844, à Munich.
La Caricature, nous l'avons vu, dura peu, mais ce qu'elle perdit en durée, elle l'eut au centuple en intensité. Les Fliegende Blàtter, près de leur demi-siècle, sont plus jeunes et plus vivants que jamais.
Au surplus, les deux recueils ont leur caractère bien tranché, et il ne saurait être discuté ici
Vignette i)our les Aphorisyncs philonophiques, de M. VON ScHWiND. , , .
sur des mentes comparatifs. La Caricature fut un admirable exemple de la satire politique et montra, avec
LES « FLIEGENDE BLATTER ».
plus de force qu'à aucune époque, quelle véhémence, quelle impétuosité, quelle énergie l'opposition peut atteindre en France. Il n'est aucun exemple d'une telle suite, d'une telle méthode dans l'art des barricades, et aussi d'une pareille éloquence, puisée dans la conviction.
Les Fliegende Blàtter, au contraire, ont toujours évité la politique, ou si jamais ils l'ont effleurée ce fut par allusions si rares, si voilées, si indirectes qu'il vaut autant n'en point parler. En revanche, ils apportèrent dans la peinture humoristique des mœurs la môme attention, la même conscience et l'appoint d'une collaboration non moins artiste, étant tenu compte des différences de race et de climat, que la Caricature dans la peinture satirique des abus et des travers politiques. Tandis que ce recueil - ci est sombre, amer, cinglant, et qu'on juge prudent de le bâillonner et de l'assommer au bout de peu d'années, l'autre est souriant, aimable, sans méchanceté et sans haine.
On voit que les deux carrières sont trop différentes, le but trop dissemblable pour qu'on ait à discuter la supériorité de l'un ou de l'autre. Par tout artiste, ces deux recueils seront considérés comme les deux plus vastes arsenaux, l'un du rire sarcastique et agressif, l'autre du rire insouciant et bon enfant.
11 n'est point aisé de retracer en quelques lignes le résumé de plus de quatrevingts volumes, bourrés de croquis et de fantaisies de toute sorte. D'ailleurs il suffira d'esquisser rapidement l'histoire du recueil, d'en indiquer le caractère et de signaler les mérites divers des principaux collaborateurs.
Ce furent Kaspar Braun et Friedrich Schneider qui fondèrent les Fliegende. L'en-tête du journal n'a point été changé : sur la banderolle qui porte le titre chevauchent deux Fols qui font des bulles de savon ; puis un troubadour avec son chapeau emplumé et son luth ; puis deux damoiselles rêveuses ; enfin, dans les replis de cette banderolle, se dissimulent deux de ces nains légendaires dont fut peuplée la Forêt-Noire.
Vignette d'Ed. Ille. (Fliegende Blatter.)
Sans doute le style de cette petite composition paraît aimablement vieillot et forme souvent un contraste marqué avec telle composition de René Reinicke ou de
Oberlander. — Diane à la chasse. (Flkgende Blatter.)
ScMittgen, où sont notées les élégances de la mode d'aujourd'hui et même celle de demain , ou bien encore avec telle fantaisie d'Oberlànder et de Hengeler, d'une bouffonnerie éclievelée. On a bien fait cependant de conserver cette gentille enseigne
qui résume si bien les tendances du recueil : un mélauge de rire, de rêve, de poésie et de légende. Les costumes ont changé, la folie a pris des allures plus audacieuses, mais le fond reste le même ; un fond de rêverie souriante et de franche, mais toujours ingénieuse gaieté.
C'est, en effet, le caractère commun à tous les artistes qui ont passé par les Fliegende : ils ont pu se montrer de valeur artistique très inégale, l'exécution chez quelques-uns a pu être insuffisante, mais tous se sont toujours donné la peine d'i/we?iter. Cette invention est très variée, compliquée souvent, mais l'effet en est généralement sûr. C'est de la gaieté
Oberlander.
Une idylle dans une forêt vierge. (Filet;. Bl.)
LES « FLIEGENDE BLATTEE ».
à double et même à triple détente. Il faut souvent suivre toute une série d'épisodes dont le trait final amène seul l'éclat de rire, invinci})l(!ment ; et alors on remonte
Oberlander. — Aventures d'un soldat en congé au temps des croisades. Fragment. (Flieg. Bl.)
avec plus de plaisir cette histoire, pour en apprécier de nouveau le curieux agencement. C'est, en un mot, du comique par association d'idées, et surtout le comique d'une race qui réfléchit et prend son temps. Aussi aucun journal n'a-t-il mieux réussi dans ce genre, souvent imité chez nous, des histoires comiques sans paroles.
Oberlander. — Deux conspirateurs. Fragment d'une histoire sans paroles. {Flieg. Bl.)
Prenons un exemple entre mille, et tout à fait au hasard ; voici une histoire d'Émil Reinicke. Un savant est absorbé dans la lecture de bouquins imposants ; son chien est derrière lui, mais, comme cette bête ne Ut pas, elle songe à la vie
pratique. Le tonton se lève et va tirer le cordon de sonnette qni communique avec l'office. La servante arrive, met le couvert, apporte les plats et se retire. Le savant est toujours absorbé dans son travail et multiplie les objections et les réponses victorieuses. Pendant ce temps le chien dévore tranquillement le déjeuner et s'endort sur le tapis, la conscience et l'estomac satisfaits. On débarrasse la table. Le savant se lève, regarde : « Tiens! on dessert! C'est que j'ai dû manger sans m'en apercevoir. » On citerait des quantités de semblables scènes qui sont toujours d'un effet certain, parce qu'elles sont soigneusement déduites et que leur bouffonne logique
est calculée, à un geste près, du premier tableau jusqu'au dernier.
Dans Oberlànder, un des plus réputés
de la pléiade, semblable invention, mais le
plus souvent condensée
en deux ou trois, ou même en une seule image.
Alors ce sont des applications inattendues d'une situation simple, pour ne pas dire banale, des scènes de la vie humaine, par exemple, drolatiquemeut transportées dans le monde animal, et réciproquement.
Un autre caractère des illustrations des FUegende Bïàtter, c'est, dans la proportion au moins de la moitié, de faire étroitement corps avec des légendes très littéraires, souvent d'une grande subtilité, et qui atteignent parfois le développement d'un petit poème ou d'une courte nouvelle. Elles sont presque toujours un fidèle reflet de la vie dans tous les milieux. Il y a pour cela une excellente raison, c'est que, outre la rédaction fixe du journal, les collaborateurs les plus assidus sont... tout le monde !
De tous les points de l'Allemagne on envoie des légendes aux Fliegende. Quand un bon mot est dit à table, ou dans un salon, ou durant une promenade ; quand une observation piquante et caractérisant étroitement une profession, un milieu, est faite par ceux qui vivent dans ce milieu, exercent cette profession, le premier mot qui vient à la bouche est celui-ci : c( Tiens! elle est bien bonne ! Il faut envoyer cela aux Fliegende Blàtter! » Et on envoie. Le journal fait le triage parmi les innombrables correspondances et a pour principe de payer ces collaborateurs de rencontre. Chaque légende gardée est, au besoin, remise sur pieds, puis distribuée suivant sa tournure au dessinateur auquel elle paraît le mieux convenir.
Oberlànder. — Causant avec une ieune dame.
LES « FLIEGENDE BLATTER ».
N'est-ce pas curieux? Mais cela n'est guère faisable que dans un pays où les choses se passent pour ainsi dire en famille, quelles que soient les distances et la masse de la population. Chez nous ce serait plus difficile. Le public aime qu'on le divertisse et il ne veut i)as se donner la peine de fournir lui-même son propre amusement. Le plus souvent, les choses qu'on envoie aux journaux (il suffit d'être un i)eu accointé à la profession pour s'en rendre compte) sont d'une parfaite insignifiance quand elles ne sont pas navrantes ; les exceptions sont rarissimes.
A Munich, les directeurs des Fliegende sont gâtés. Il est des correspondants qui leur expédient par semaine, non pas senlement des douzaines, mais des cinquantaines et même des centaines de bons mots. Ceux qui se bornent à trois où quatre sont l'exception. Maintenant, de l'aveu même des directeurs, il s'en faut que tout soit digne d'être gardé ; puis il faut forcément éliminer, sous peine d'avoir à faire des suppléments hebdomadaires. On en jette beaucoup au panier. Mais quelle tâche encore que celle de MM. Julius Schneider, Braun, Hermann Schneider, de dépouiller tout cela, de distribuer la pâture aux dessinateurs, en un mot de diriger cette vaste et unique entreprise !
Ces légendes, d'une manière même très générale, chercherons-nous à en analyser le sel ? Cela nous paraîtrait un peu téméraire, car le rire est difficilement traduisible quand il ne résulte pas exclusivement de la mimique. Un dessin des Fliegende Blàtter, quand il est réussi, nous mettra toujours en gaieté, car il est impossible de se montrer plus fantaisiste et de trouver des rapprochements plus inattendus que certains de ces illustrateurs. Mais pour une légende ce serait autre chose, car cet esprit est trop local ; les bons mots n'ont pas le même tour et ne procèdent pas du même esprit que les' nôtres ; ils sont plus subtils, moins à l'emporte-pièce. C'est toute une étude du caractère allemand qu'il faudrait entreprendre pour faire appré-
Hengeler. — Émotion mal comprise.
La femme. — Comme tu étais ému pendant la cérémonie, mon chéri !
Dis-moi maintenant à quoi tu pensais ?
Le mari. — Volontiers, ma chérie, je me disais : « Seigneur! pourvu
que la semelle de mes bottes ne soit pas trouée! » (Fl'-'ç. Bl.)
cier tel mot rapidement devenu célèbre; — mais, au bout de notre explication, le lecteur aurait déjà oublié le mot. Il nous suffira de dire que, pour la plupart, légendes et dessins rentrent dans la classification : études de mœurs. Les deux genres qui sont le plus eu faveur après celui-là, et qui avec lui forment à peu près exclusivement le répertoire, si varié pourtant, sont les scènes humoristiques de la vie des animaux ou sujjposée telle, et les fantaisies sur dos thèmes architecturaux ou décoratifs du moyen âge et de la Renaissance.
Les premiers collaborateurs des Fliegende? D'abord Braun et Schneider, qui, entre autres histoires bouffonnes, contèrent, par la plume et le crayon, celle d' « Edouard et Cunégonde », de « Rinaldo Rinaldini », etc., et, entre antres types célèbres, créèrent ceux du baron Beisele et de son compagnon Eisele, infatigables voyageurs à travers l'Allemagne, ses mœurs et sa politique. Puis vinrent Maurice Schwind, dont le talent était porté surtout à retracer les vieilles légendes rhénanes; Spitzweg, H. Dyck, Reinhardt, qui a laissé une composition célèbre, remarquable d'entrain et de drôlerie, le Lion échappé dans une fête foraine ; Franz Pocci, à qui on doit le plaisant type de fonctionnaire, dont le nom expresif de Staatshœmorroïdarias a à peine besoin de traduction; Haider, Muttenhalter, E. Frohlich, Heil, H. Konig, Schmolze, Seitz Dietz, Schrœder, Lichtenheld, Lœffler, etc. ; enfin Ille, ingénieux caricaturiste d'animaux dans le genre de notre Grandville, et qui prend encore actuellement une part active à la publication des Fliegende Blàtter.
Avant de passer aux principaux collaborateurs actuels, il conviendrait encore de faire une remarque qui leur est à tous commune : leur rh-e est toujours de bonne comi)agnie, même dans les plus extravagantes imaginations. La gravelure est inconnue dans le recueil, tout au plus s'y glisse-t-il de temps en temps un grain de flirtage sentimental, mais cela aussi est dans les mœurs, et l'on n'y attacherait
Hengeler. — Villégiature.
La Comtesu-. — Jean, nous pai'tons pour ma maison de campagne. Je ne peux pas souffrir les cris des animaux. Allez prévenir le régisseur qu'il fasse museler les cochons. (Flkg. Bl.)
EENÉ REINICKE. — Au bal masqué.
On fait annoncer qu'il a été trouvé une alliance. (/'/îV^. B/.)
EMIL KEINICKE. — Le Huit-Coi:i'S jus en fuite. (/•Vù-^. Z,7.)
Emil Reinickk.
Les deux chiens et la iDapillotte. {Flieg. Bl.)
point le sens égrillard que, chez nous, l'on s'empresserait de chercher et de cnltiver,
ponr gratter le public des jouruanx amusants où cela le démange.
Oberlànder, nous l'avons dit, est en ce moment de beaucoup le plus célèbre. Il est étonnant d'imagination et de verve ; mais notre admiration pour lui n'ira pas sans une légère restriction relative à la forme : si, dans l'invention et dans la composition, c'est une des plus étonnantes natures qui soient, le dessin très soigné, le j^rocédé presque impersonnel met presque tout en égal valeur; il manque d'effet, au sens strictement peintre du mot. Mais c'est là une observation à laquelle il ne faut pas trop s'arrêter, car d'abord elle échapperait certainement au public qui attache, moins d'importance aux moyens d'expression qu'aux choses exprimées ; puis les artistes eux-mêmes, à mesure qu'ils feuillettent l'œuvre d'Oberlànder, se sentent trop entraînés, trop divertis, pour ne pas accorder que ce trop de soin dans
la facture n'arrive point à atténuer la force comique, ni l'imprévu du contour.
Faire un choix parmi
ses albums ies plus réussis est également impossible.
Oberlànder a une prédilection pour certains sujets, thèmes sur lesquels sa fantaisie brode des variations incessantes. D'abord les ty})es de la rue et certaines exagérations de la mode lui fournissent matière à d'ingénieuses observations. Puis les caricatures de la vie des nègres et de celle des grands fauves ; il se passe alors dans le désert des scènes inénarrables des chasses burlesques.
LES « FLIEGEXDE BLATTER »,
des concerts donnés aux lions par des artistes intréi)ides, ou bien des marchés oh les bons nègres font de bizarres emplettes : entre autres une sorte d'Hôtel des
ScHLiTTGEN. — Scèue moudaiiie.
La (lame. — Je vous assure, excellence, que je me suis délicieusement amusée au bal de mon oncle.
L'officier de uhlans. — Impossible, chère madame, il n'y a là en garnison qu'un bataillon d'INFANTERIE ! {Fl. Bl.)
ventes de Tombouctou, où l'on voit les acheteurs, avec leurs yeux en boules de loto avivés de convoitise, désigner, de la pointe du couteau, sur un tableau de nu, le morceau qui leur convient.
Il aime de temps en temps les architectures ou les costumes rétrospectifs, et ce sont des drames qui se jouent entre la i)otenio et les oubliett^'S de quelque massif
château-fort ; des troubadours qui s'exposent à de terribles vengeances de maris ; des châtelaines plus qu'éplorées. Parfois aussi, dans cet ordre de sujets, Oberlànder se contente de prendre pour héros des personnages de théâtre, et alors il imagine, en charge, tout un opéra romantique. Enfin, il va sans dire, les ivrognes, les pédants, les importuns, les rustres, les prétentieux ne sont pas ménagés dans son oeuvre, et que par là il est plus qu'un amuseur et atteint le ton d'une excellente satire de moeurs. L'artiste est né à Ratisbonne en 1845 ; il vint très jeune à Munich, et en 1861 il était élève de Piloty, peintre romantique qui nous paraît maintenant bien acadé-
— Vous ne chassez donc pas avec moi ? Vous n'avez pas d'armes ! ™ Inutile de m'embarrasser. Jean tire pour moi. {FVieg. Bl.)
mique pourtant. Cette éducation semble avoir exercé une indélébile influence sur le dessinateur. Il est vrai que, s'il garde parfois tant de netteté au milieu même des plus étranges contorsions, plusieurs de ses fantaisies rétrospectives ne nous paraissent pas dépourvues d'une certaine malice à l'égard de l'École.
Peut-être est-il regrettable qu'Oberliinder n'ait pas été, comme Bnsch, poussé dans sa jeunesse à longuement méditer devant les œuvres des petits Hollandais. Quoi qu'il en soit, on le considérera certainement, après Busch, comme le plus franchement joyeux des humoristes allemands, bien que sou caractère, à ce qu'on nous a raconté, soit grave et presque mélancolique, un contraste souvent remarqué chez ceux qui font profession de rire.
Deux autres dessinateurs des Flicgende Bl'àtter devront être cités aussitôt après lui: Hen<i:eler et Emil lîeiniclce.
LES (( FLIEGENDE BLAÏTER ».
Hengeler n'a pas beaucoup dépassé la trentaine et déjà il a marqué sa i)lace d'une façon très personnelle ; son dessin est accentué, trappu et très poussé au grotesque, et ses compositions sont pleines de bonne liumeur. On appréciera dans un grand nombre d'entre elles certains détails de paysages ou d'intérieur très finement vus et rendus. On peut attendre beaucoup de cet artiste lorsqu'il aura davantage encore observé la figure humaine, et que, pour la rendre parlante, il voudra un comique un peu moins superficiel.
Quant à Emil Reinicke , il est moins physionomiste , et il affuble volontiers ses petits personnages de nez par trop invraisemblables, mais il est excellent arrangeur d'histoires , et son invention est très cocasse. Il dessine beaucoup au trait et surcharge peu son dessin de hachures, ce qui lui donne un aspect clair et gai.
Meggendorfer a été autrefois un collaborateur assidu des Fliegende Blàtter. Il a depuis quelque temps fondé à Stuttgard un journal à lui, Lothar's Meggendorfer huniouristiche Blàtter. Son dessin est à peu près complètement dépourvu d'art, mais non de drôlerie. Il s'est créé un genre spécial :
les albums à découpures mécaniques pour les enfants. Cela échappe un peu à notre examen.
Parmi les autres artistes remarquables par leur verve comique, on ne saurait oublier non plus Albrecht, Zopf, Gràtz, Stuck, Flashar ; Schliessmann, qui a un petit coup de pTume menu et serré très reconnaissable ; enfin, Mandlick, Erdmann "Wagner, Steub, Stauber, etc.
Mais il s'en faut que la liste soit épuisée, car nous n'avons pas encore parlé de ceux qui, avec un moindre penchant à la charge, se consacrent plus strictement à l'étude des mœurs proprement dite.
René Reinicke et Schlittgcn sont les plus remarquables dans le genre mondain et élégant. Le second est plus particulièrement intéressé par les uniformes étroitement ajustés ; Von Nagel, au contraire, habile dessinateur de chevaux, aime mieux étudier
Hermann Togel. — Le renard et le coq.
{Flieg. Bl.)
278 DU JilRE ET DE LA CARICATURE.
le militaire an camp ou en manœuvres. Bechsteiu a varié à l'infini sur le thème des
HarburgeIw — Scène de mœurs. {FUeg. Blatt.)
La» cabaretiùre... Servez -vous vous-mêmes, je suis trop bien pour me déranger.
modes féminines, trouvant, entre la coupe des costumes et certains objets ^^^^ Ui '^0^\ d'utilité ou d'alimentation, des rappro- "' " Ik cliements assez divertissants.
'' Enfin Harburger, avec beaucoup
de réalité (on s'en convainc aisément pour peu (pi'on se soit assis quelques instants
LES (( FLIEGENDE BLATTEIl ... 279
dans une brasserie de Munich), a dessiné largement de plantureux types de bourgeois, d'étudiants, et aussi de paysans. C'est également un peintre distingué, et ses intérieurs, ses tableaux de buveurs ont une saveur quasi-hollandaise.
Voilà, sommairement caractérisés, les principaux illuf^trateurs actuels de ce curieux et si varié recueil des FUrgende Blàtter. Ils apportent tous une égale conscience à leur tâche, et aucun de leurs dessins n'est jamais bâclé. Pour y apporter tout ce soin et pour demeurer toujours de bonne compagnie, ils n'en sont pas moins de bons et gais compagnons, et leur rire n'en est pas moins sonore et communicatif. La leçon n'est pas à dédaigner.