AU SALON
Fragonard n'a exposé qu'à (leux salons,
Le Grand-Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé. Ce tableau est au Roi ot destiné à être exécuté en tapisserie dans la Manufacture Royale des Gobelins. Il a 9 pieds 6 pouces de haut sur 12 pieds 6 pouces de large.
Un paysage. Ce tableau de 22 pouces appartient à M, Bergeret de Grandcour.
Deux vues de la villa d'Est à Tivoli. Appartiennent à l'abbé de Saint-Non.
Groupes d'enfants dans le ciel. Tableau ovale tiré du cabinet de M. Berg:eret.
Une tête de vieillard. Tableau de forme ovale. Plusieurs dessins^.
1. Ea 1771, Fragonard exposait, au Salon de M. de la Blancherie, une gouache représentant un bosquet au milieu duquel s'élève un pavillon entouré d'eau, dessiné par Boucher architecte du Roi.
En 1779, un enfant tenant entre ses bras un chat emmailloté tandis
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31S LART DU XVIIl'-' SIECLE.
qu'un autre enfant se rejouit de Tembarras du pauvre animal (II. 3 p. 6 p., L. 2 p. 10 p. 6 !.)•
En 1781, « une jeune mère de famille vaquant aux soins de ses enfants .< aquarelle (H. 1 p., L. 1 p. 3 p.)- Elle a été gravée sous le nom de LA BoNNK MiîRii. « La Sainte Vierge assise à côté de Saint-Joseph recevant les caresses de l'enfant Jésus, tandis qu'une troupe d'anges prend part k ce spectacle. » ) Aquarelle (II. 1 p. L. 1 p. 3 p.) « Intérieur dune étable dans laquelle on voit une femme endormie tenant un chien et un taureau, qui semble étonné et ému de ce spectacle » bistre (H. 13 p. L. 18 p.)
En 1782. « Ud jeune homme, sur un terrain élevé joue du flageolet auprès d'une jeune fille qui garde ses moutons. » « Un charmant paysage représentant une grotte ornée d'architecture avec figures. »
En 1783. « L'intérieur d'un ménage où Ton voit un père caressser son enfant en présence de sa mère. » Esquisse par M. Fragonard. A ]\L Vestier peintre.
lui 1786. Un tableau représentant des amours dans des nuages qui jouent et se font des caresses, par M. Fragonard. A M. Remy peintre.
œUVRE GltAVE
Eaux-Fortes de la main du maître.
Fragonard a g-ravé 26 pièces, 12 d'après ses compositions, 1 i d'après différents maîtres.
Les 12 pièces d'a])vès ses compositions sont : 1. « Les Traitants, » petite pièce dans laquelle on voit deux hpmmes causant avec un vieux banquier assis à une table où est posé un sac d'écus. Au-dessous du trait carré de cette pièce non terminée, on lit : Fragonard 1778. — 2. L'Armoire. Ou lit sous le trait carré à gauche : Fragoîiard, 1778, sculp. invenit; et à droite: à Paris, chez Naudet, mardi. d'Estampes, Port au Bled; et au milieu de la marge : L'Armoire. On connaît trois états de cette planche :1. Avant toute lettre. II. Avani l'adresse de Xaudet. III. ^ Avec l'adresse. « L'Armoire » a été gravée par Delaunay sous le titre de la Cachette. Le dessin au bistre de H l'Armoire » (H. 9 p., L. 14 p.) passait à la vente Varanchan en 1777. — 3. Intérieur. Cette pièce qui représente une jeune
1. Voici l'annonce de l'eau-forte telle qu'elle a paru dans le Journal (le Paris du 27 novembre 1778, anunonce qui me semble avoir été rédigée par Fragonard :
Estampe nouvelle qui a pour titre : l'Ajimoire.
« M. FraLjonard, auteur de cette composition, qu'il a gravée lui-même k !a pointe, y a bien mis le le cachet de son génie. Il y a répandu l'esprit et le sel à pleines mains, si l'on peut s'exprimer ainsi : la colère du père et de la mère, qui ouvrent l'armoire où s'était caché le galant, est exprimée avec autant d'énergie, que la douleur de la jeune fille e* la peur du jeune homme. Celui-ci semble dire comme Guillot :
" Une odeur de bâton se répand à la ronde.
<( Cette estampe a l'avantage rare d'être tout entière de la main de l'antenr, et il nous semble qu'elle doit avoir du succès,
femme assise à gauche, nn enfant, près d'elle et «'entretenant avec une amie derrière un petit mur à droite, est sans nom de graveur ni titre. — 4, Le Parc. Dans cette pièce représentant une terrasse à balustres ombragée de grands arbres, le nom de Fragonard se lit sur le piédestal oii se trouve une statue de femme assise. Le grand dessin à la sanguine de cette composition, passé aune vente de l'année de 1773, se vendait à la vente de M. Walferdin. — 5. Même composition avec la suppression de la statue, quelques modifications dans les arbres du premier plan, et de quelques millimètres plus petite que le premier j)arc. M. de Baudicour y voit une copie; pour moi, qui retrouve dans cette pièce la pointe de Fragonard, je la donne sans hésitation au Maître. — <>. Les deux femmes à cheval. Dans un petit clair, au bas, adroite, on lit : Frago. — 7. 8. 0. 10. Les Quatre Bacchanales avec la signature de Frago, tantôt en romaine, tantôt en italique. Les toutes premières épreuves sont avant le nettoyage de la planche. Un second état porte : Suite d'eaux- fortes gravées en Italie. A Paris, chez Jombert, rue des Mathurins. Aux deux Piliers d'Or. — 11. Le Muletier, rare eau-forte de la vente Walferdin. — 12. Une femme nue au bras levé dans un paysage, i)ortant Fragonard inv. sculp., eau-forte rare de la collection Walferdin.
Maintenant les eaux-fortes de M'^^^ Gérard lui appartiennentelles bien réellement ? Ne sont-elles pas presque toutes entières de Fragonard ? La mention, sur une épreuve du Franklin, autrefois possédée par M. Walferdin, la mention, gravée en 1772, par iV'e Marguerite Gérard, à l'âge de seize ans, est-elle bien vraie? Quant à Teau-forte, ayant pour titre : Mosieur Fanfan jouant avec Monsieur Polichinelle et Compagnie, n'est-ce pas le grignotis personnel à Fragonard, et l'éditeur Naudet dans le second état de la planche n'a-til pas substitué le nom de Fragonard à celui de M"c Gérard? Et « La première leçon d'équitation » n'est elle pas un peu parente de « Mosieur Fanfan »?
Voici maintenant les 14 eaux-fortes gravées par Fragonard, d'après les maîtres italiens, presque toutes signées Frago. —
(( Elle se vend chez M. Eragonard, peintre du Roi, au Louvre, du coté lie la colonnade; le prix est de 8 livres. On trouvera chez le même une estampe en l'honneur de Franklin ».
Journal de ï'aris. 27 nov. 1778
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La Circoncision, d'après Tiutoret. — Les Disciples d'Emmails, avec cette indication : Sebast. Rizzi, Eglise du Corpus Domini à Ve?iize. — Les deux Prophètes, avec cette indication: 1734, /evvier. An nibal C arrache, coupole de la Catliêdrale de Plaisance.
— Agar consolée i)ar un ange, avec cette indication : Beiicdctto à Venise. — La Conception de la sainte Vierge. — L'Institution de l'Eucharistie avec cette indication : Peint par Rici, église du Corpus Domini. — Les Disciples ati Tombeau, avec cette indication : Église S^-Rorh à Vejiise. Tinloret. — Saint Marc, avec cette indication : Lanfranc à Naples aux S^^-Apôtres. — Saint Luc, avec cette indication : Lanfraiîc à Naples, aux S^^-Apôtres.
— Saint Jérôme, avec cette indication : Geov. Lys église S^-Nicolas à Veiiise. — Les deux femmes sur les nues avec cette indication : Crtî' libris palais Ressonico à Venise. — Antoine et Cléopàtre à table, avec cette indication : Tiepolo, Palais Lobhia à Venise. — Guerrier devant un Tribunal avec cette indication : Tirpolo, Palais Delphino, Venise.
Portraits.
Chari.ks III i)U NOM, DUC DR BouuHOX. C'cst le connétable en cuirasse et la tête nue, dessiné d'après le tableau du Titien ]>;ir Fragonard, gravé par Miger. Charles de Bourbon, le dti NOM, DUC DE Vendôme, dessiné, ainsi que les portraits suivants, ira[)rès l'original, et gravé par Gaucher. Antoine de Bour,hon, ROI de Navarre, gravé par Miger. François de Bourbon, comte d'Knghien, gravé par Miger. Jeanne d'Albret, reine de Navarre, gravé par Miger. Louis de Bourbon, I^" du nom, prince de Condé, gravé par Miger. Ces six portraits font partie de l'illustration de l'Histoire de la Maison de Bourbon., par Désorraeaux, 1772, et les dessins auraient été vendus, à la vente d'Anisson-Duperron, en l'an III de la République. Une partie des originaux d'après lesquels auraient été dessinés les portraits de « l'Histoire de la Maison de Bourbon » seraient possédés par le duc d'Aumale.
Des nombreux [)ortraits de ses contemporains peints et dessinés par Fragonard je ne connais que le portrait de Bergeret, — et l'attribution est-elle bien vraie? — gravé en fac-similé de Demarteau, de la vente Walferdin.
Parmi les portraits peints non gravés :
Le portrait du guitariste de la galerie La Caze, uo 197 au dos duquel se lit: Portrait de M. de la Bretèchr, peint par Fir/ffovard, en 1769, en une heure de temps i.
Dans la vente de M. Walferdin faite par Haro, le 11 avril 1880. passait le le portrait de la Guimarden rohe verte, vendu 9,100 francs; le portrait au pastel de Sophie, la bonne de Fragonard, vendu 155 francs.
Dans la vente de la succession Walferdin faite par B'éral, le 3 avril 1880, le portrait de Diderot feuilletant un livre se vendait GOOO francs, le portrait de MH^ Gérard en robe verte doublée de fourrure avec liséré d'or, était acheté 1000.
Parmi les portraits dessinés non gravés :
Le portrait de Fragonard assis, dessin à la mine de plomb, au bas duquel on lit : Se ipsum delineahat Frago apud de Rerfjerel, anno 1789 -. Le portrait en médaillon de M^c Fragonard, dessin lavé à l'encre de Chine (H. 10 c, L. 9 c), conservé au Musée de Besancon.
Et n'oublions pas nombre de portraits de petites filles et de petits garçons eu miniature dont le nom n'est pas venu jusqu'à nous 8.
Sujets religieux.
Le Saint-Père sommeillant, gravé par Saint-Non d'après un dessin.
1. Dans cette même galerie La Caze, avec le guitariste, sont exposés trois autres portraits de mêmes dimensions (H. 80 c. L. 05 c.) et exécutés avec la même rapidité. Ce sont : «L'Étude » représentée par une jeune femme assise, vêtue d'une robe jaune avec une fraise au cou, à la main un livre aux teuillets froissés; « L'Inspiration » un homme vêtu de rouge, avec des manches à crevés, une plume à la main, devant une table chargée de livres; « Figure de fantaisie» un jeune homme, les deux bras posés sur un appui de pierre, vêtu de bleu avec une collerette blanche, une toque k plume grise placée devant lui.
2. A la vente de Norblin père, un bistre de Françoise d'Isembourg dame de Graffigny se vendait 100 francs, mais rien ne justifiait la qualification du portrait.
3. Parmi ces portraits, il en est un seul qui porte un nom, c'est la miniature du Musée de Besançon provenant du legs Paris, et représentant le fils de Trouart, l'amateur à la vente duquel se vendait l'esquisse de C.vLLiRUOÉ : mais la miniature est attribuée k M™e Fragopard.
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Parmi les peintures religieuses non gravées :
En 1777, à la vente Randon de Boisset : « L;t Visitation de la sainte Vierge « (H. lo p., L, 20 ]),6 1.) se vendait 7,0.'{0 livres. La même année, la première pensée finie de cette com{)osition se vendait, chez le prince de Conti, 2,501 livres, et repassait, on 1788, à la vente du ministre de Galonné. A la vente du prince de Conti passait encore une Vierge avec l'enfant Jésus, dans une guirlande de fleurs peintes par le Jésuite d'Anvers. En 1779, à la vente Trouart : « Saint Pierre délivré de la prison par un ange », esquisse du plus grand etïet (H. 22 p., L. 26 p.), se vendait loi francs. En 1785, à la vente du marquis de Veri, une « Adoration des Bergers » que l'expert proclamait une des plus belles compositions que la peinture ait produites dans ce genre, se vendait 9,500 livres. A la vente Walferdin, un bistre représentant l'Adoration des Bergers se vendait 550 francs. En 1822, à la vente de Robert de Saint-Victor, une « Annonciation », esquisse terminée, tombait à 31 francs. En 1868, à la vente de M. de Villars, une Adoration des Bergers s'élevait à 1,400 francs, lin « Saint Jean-Baptiste à 1,450 francs. En 1880 passaient à la vente \Valferdin deux esquisses de Joas et de Joad, de Ruth et Hooz, l'une vendue 605, l'autre 310 francs. Dans la même vente, étaient livrées aux enchères, sous les n»» 65 et 66, deux compositions de l'Education de la Vierge, l'une (H. 82 c., L. 16 c), vendue 1,360 francs; l'autre, inachevée (H. 91 c, L. 71 c), vendue 6G0 francs. Et le dessin lavé de bistre de la peinture no 65 était adjugé à 520 francs. Est-ce le dessin qui passait dans une vente faite par Regnault de Lalande le 28 décembre 1810? N'oublions pas l'envoi de Rome de Fragonard daté de 1755, « Le Sauveur lavant les pieds à ses apùtres », maintenant à l'église paroissiale de Grasse.
Parmi les dessins religieux non gravés :
En 1772, à la vente de Huquier, une « Résurrection de Lazare », dessin piquant à l'ancre de Chine, vendu dans un lot avec un dessin de Leprince. En 1775, à la vente Mariette, « La mort d'un Ermite entouré de cinq de ses frères », dessin à la plume et lavé d'encre de Chine dans la nranière do Tiépolo, vendu 18 livres 10 sols. A la même vente, Saint-Hubert à genoux, lavé en couleur, vendu 36 livres. En 1791, à la vente du cabinet Lebrun, « Le Baiser de Judas », une copie faite à Rome, se vendait avec un autre dessin 36 francs. En 1880, à la vente