‹ L'art du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 61 sur 72 · PRIT D H ON · texte numérisé non relu

PRIT D H ON

neuf années à peindre cetlc admirable Cène dans /ar/uelie on voit dans une diversité étonnante de caracli'rcs différents, le trouble et l'af/itation qu excita, parmi les apôtreSy cette parole de Jésus-Christ : « Je vous dis en vorilc qu'un d'entre vous cette nuit môme doit me trahir, o

Et il finit en disant du Vinci :

Pour moi je ny vois que perfection, et c'est là mon maitre et mon héros... »

11 fallait pourtant sacrifier ces admirations et redescendre du Raphaël et du Vinci au riuidc. MM. les Elus de Bourgogne ne se souciaient guère d'un tableau religieux ; ils tenaient au plafond de l'Aurore, l^rudhon se décidait à aller frapper à la porte du palais Rospigliosi. Mais le prince, auquel un copiste maladroit venait tout récemment de casser deux vases d'albâtre oriental, refusait en ce moment l'entrée de son palais à tout le monde. Gela ne fâcha guère Prudhon qui, par instants, songeait que le plafond était bien grand, et que six cents livres étaient un prix médiocre pour une toile de vingt-six à vingt-huit pieds de long sur une vingtaine de haut. 11 voulait se rabattre sur le Festin des Dieux de la Farnésine ou sur le Triomphe de Bacchus peint par le Garrache au plafond du palais Barberini, quand lui arrivait l'ordre de copier le plafond de Pierre de Gortone.

Je suis occupé., écrivait-il à son ami Fauconnier, à faille les préparatifs pour peindre un tableau de vingtcinq pieds pour la province, et comme j'ai été obligé

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d'employer du monde cela m'a pris tout mon tems et m'a donné beaucoup de fatigue, demain je commence à, le dessiner et à monter et descendre par conséquent trèssouvent d'wi échafaud de vingt et un pieds de haut. Ce tableau est une copie d'après Pietro de Cortone qui est un assés mauvais peintre des terns passés^ et que je ne suis guère content de faire, mais api'hs cela je poun^ai travailler pour moi en toute liberté et chercher à commencer ma réputation, heureux mon ami, si dans ce tems là., vous entendes parler de moi avantageusement ou avec envie ^ ce sera bon signe ^ ...

Attelé à ce grand travail, Priidhon n'en est distrait que par les soucis et les inquiétudes de la vie matérielle, des fièvres qui le jettent quinze jours au lit, et le tourment insupportable des continuelles demandes d'argent de sa femme. C'est en vain que le peintre adresse remontrances sur remontrances à la misérable femme. Réduite, à la mort de son père, le notaire, à une maison et un jardin valant en tout mille francs^ grugée par un frère, sergent au régiment de la Colonelle, logé chez elle, y mangeant, y buvant sans souci de la dépense. M'"'' Prudhon fatigue de ses importunités le bon M. Devosge, tous les protecteurs, tous les amis du pauvre Prudhon, qui n'ouvre ses lettres qu'en s'armant de patience contre un nouvel ennui, et se laisse arracher par elle, de mois en mois, des cinquante, des soixante livres sur sa pension.

Peu mêlé à ses compatriotes, fuyant les camara-

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