S PI ERRE
François Spierre, né à Nancy en 1643, a été un très-habile graveur, mais non pas un homme d’imagination, comme Callot ou Sébastien Le Clerc. Il s’est surtout distingué par la manière dont il a interprété certains maîtres italiens, notamment le Corrége. Dans la notice qu’il lui consacre, M. Duplessis dit : « Personne ne sut en France, comme François Spierre, rendre la peinture du Corrége, peinture suave et puissante à la fois, qui résume à elle seule toute une partie de l’art, la grâce. Élève de François de Poilly, Spierre se fit bientôt une manière à lui qui était pleine de qualités. Dessinateur habile, mais dessinateur à la façon des maîtres de Parme, il arrivait à fondre les contours dans une ligne vaporeuse qui arrêtait suffisamment le regard pour lui permettre de comprendre l’objet représenté, mais qui ne l’absorbait pas tellement qu’elle l’empêchât d’embrasser l’ensemble de la composition1. »
NOCRET
Jean Nocret, né à Nancy en 1617, est un curieux exemple de l’inconstance des réputations. Jean Nocret, qui fut peintre du roi et logé au Louvre parmi les artistes les plus distingués, a été un peintre extrêmement fécond. L’inventaire fait en 1706 des peintures existant dans les maisons royales 11e signale pas moins de trente tableaux de lui. Le musée de Versailles en possède plusieurs dont un qui représente la famille de Louis XIV, et qui est assurément fort curieux2. « Ce tableau, dit le catalogue, était placé autrefois au palais de Saint-Cloud. » Guillet de Saint-Georges, dans son Mémoire liisto-