HUMBRET ET GUILLAUME DE MARBOURG
Pendant bien longtemps, Guillaume de Marbourg a été regardé comme étant l’unique architecte de la belle église de Saint-Martin, à Colmar. L’étude plus attentive des styles a fait reconnaître que cet édifice devait appartenir à deux époques différentes. Guillaume de Marbourg, qui est mort en 1 366 , ne pouvait être l’auteur des parties les plus anciennes de l’église, qui remontent évidemment au
L’ARCHITECTURE OGIVALE
xme siècle. Les investigations des savants se portèrent donc de ce côté, et Louis Hugot, bibliothécaire de la ville, en étudiant le portail Saint-Nicolas, qui est la partie la plus ancienne du monument, découvrit non-seulement le nom, mais encore le portrait de l’architecte primitif.
Ce portail, de style ogival, repose sur trois colonnettes entre lesquelles des figures grimaçantes en demi-relief expriment les péchés et les vices (fig. 21). Le tympan, divisé en deux parties, représente en haut le jugement dernier, en bas la légende de saint Nicolas.
Fig. 20. — Maistre Humbret, architecte de Saint-Martin de Colmar.
Les premières nervures des arcs sont enrichies de feuillages; mais la dernière est peuplée de figurines superposées représentant des saints et divers personnages faisant de la musique ou tenant des instruments.
Parmi ces derniers, le quatrième en partant de la base est 1 architecte qui a élevé l’édifice (fig. 20). C’est un homme d’un âge mûr, portant de longs cheveux, et tenant en main les instruments de sa profession. Une inscription placée près de lui porte en toutes lettres son nom : « Maistre Humbret. »
Le transept et la nef sont l’œuvre de maistre Humbret et appartiennent au xme siècle ; l’inscription qui porte le nom de 1 artiste étant écrite en langue française, plusieurs érudits ont émis l’opinion que cet architecte avait dû prendre naissance de ce côté-ci
des Vosges. On ne possède d’ailleurs aucun renseignement précis sur sa biographie.
Fig, 2J — Portail Saint -Nicolas. (Église Saint-Martin de Colmar.)
Guillaume de Marbourg est hauteur du chœur et des parties de l’église qui remontent au xive siècle.
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ALBIN WOELFELIN
On ne connaît pas le nom des architectes qui élevèrent les grandes constructions militaires de l’Alsace, mais plusieurs d’entre elles paraissent devoir être attribuées à Albin Woelfelin, qui fut gouverneur de la province pour Frédéric II 1 . Woelfelin, qu’un historien appelle le Thésée de l’Alsace, a délivré en effet ce pays des petites tyrannies locales et développé l’esprit municipal de la bourgeoisie. Colmar, Schlestadt , Kayserberg et bien d’autres villes lui doivent leurs enceintes. La légende s’est attachée à ce constructeur des villes alsaciennes, et le fait mourir étouffé par sa femme, qui aurait été ï instrument des rancunes féodales.
VOLMAR
Volmar est l’architecte qui a bâti le cloître des Unterlinden de Colmar. O11 ne sait absolument rien sur ce personnage dont le nom seul est parvenu jusqu’à nous. Nous ne pouvions nous dispenser de citer ici l’auteur d’un des plus gracieux monuments de la période ogivale. C’est dans le cloître des Unterlinden de Colmar qu’est installé le Musée de la ville.