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Gérard, les Artistes alsaciens

magnifique façade de la cathédrale de Strasbourg, chef-d’œuvre qui certes suffit bien à sa gloire, qu’on a voulu grossir pourtant d’œuvres qui ne lui appartiennent pas.

Sa renommée s’augmente encore du mystère qui plane sur sa naissance. Une opinion qui, bien que n’étant appuyée sur aucun document, est fort répandue en Allemagne, veut qu’Erwin soit natif de Steinbach, village du duché de Bade.

Soixante villages environ portent le nom de Steinbach, mais le voisinage de Fribourg en Brisgau, dont le clocher était, disait-on, l’œuvre du même architecte, fit choisir le village badois. On a reconnu depuis que ce clocher n’appartenait pas à la même époque, et que cette opinion était dénuée de fondement. Mais quand l’archéologie du moyen âge était encore à ses débuts, la prétention allemande fut admise sans discussion. La France croyait alors aux confraternités internationales, et un sculpteur alsacien, André Friedrich, fit don d’une statue d’Erwin au village badois, où elle fut érigée en i8q5. Dès lors, la chose fut regardée comme suffisamment démontrée, et tous les guides s’empressèrent de l’adopter.

Cependant une opinion différente fut émise au Congrès archéologique de Strasbourg, tenu en 1859, et un savant archéologue, M. le baron de Schauenbourg, y soutint que la véritable patrie d’Erwin était Steinbach, village alsacien situé entre Mulhouse et Thann. Il exprima le regret qu’un artiste alsacien ait contribué, sans le savoir, à dénationaliser dans l’opinion publique un grand maître que l’Alsace avait le droit de revendiquer.

L’opinion la plus accréditée aujourd’hui parmi les Allemands, est qu’Erwin est né dans la vallée du Rhin, mais qu’il a fait ses études dans les écoles de France, dont il a conservé les doctrines fondamentales. M. Gérard, toutefois, ne s’en tient pas là. « Pour moi, dit-il, je vais plus loin. Je crois qu’Erwin est un maître purement français, né en France, formé en France et venu très-jeune à Strasbourg. Le côté germanique de son talent, s’il y en a un, ne révèle point son origine, mais seulement l’influence qu’il a subie dans le milieu où il est venu se fixer1. On dirait, ajoute M. Gérard, qu’Erwin a voulu laisser sur la cathédrale une signature qui permît à la postérité

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