MELANCOLIE, TABLEAU DE FEYEN-PERRIN
FEYEN-PERRIN
Auguste Feyen-Perrin1, né à Bey-sur-Seille, est élève de Léon Cogniet et d’Adolphe Yvon. Doué d’une nature sérieuse et
Fig. 233. — La Vanneuse, par Feyen-Perrin.
poétique, il a vécu dans un milieu de réalistes, pour lesquels l’art ne va pas au delà d’une exactitude prosaïque et semble avoir été toute
1. Ses principaux ouvrages son: : 1853. Portrait de AI. Beer } jeune artiste lorrain. — 1855. Le Retour à la chaumière (Exposition universelle). — 1 857. La Barque de Caron (donnée par l'auteur au musée de Nancy). — 1859. Descente de croix; Scène de l’enfer de
sa vie ballotté entre des courants contraires. Tantôt il paraît vouloir rivaliser avec la photographie, et montre, dans la Leçon d’anatomie , le docteur Velpeau faisant une démonstration à ses élèves, tantôt il est épris de Lamartine et peint Y Élégie ou la Mélancolie. Quelquefois il touche à l’histoire, comme dans Charles le Téméraire retrouvé mort après la bataille de Nancy, ou bien il aborde le drame dantesque et représente la barque de Caron. Dans toutes ces oscillations, qui peut-être ont empêché sa réputation de s’établir d’une façon bien déterminée, c’est dans les scènes rustiques poétisées que Feyen-Perrin nous paraît avoir donné la note la plus personnelle. De ce nombre est la Vanneuse du Salon de 1867, figure d’une tournure presque sculpturale, en même temps que d’une vérité irréprochable (fig. 233).